Histoire du Mondial en 11 épisodes
1966-1974
1970 : Pelé dans la légende
Coupe du Monde et finale d'anthologie pour cette édition 1970 disputée du côté du Mexique. Pour la première fois, l'événement oppose deux doubles champions du monde : le Brésil et l'Italie. Entame de match crispée devant les 107 000 spectateurs d'un stade Aztec archi comble avec notamment un Pelé pris en tenaille par la défense azzurra. L'artificier de service du Brésil est marqué à la culotte mais parvient finalement à se défaire de ses gardes du corps à la 18e minute en plaçant une tête fatale suite à une offrande de son compère Rivelino : le 100e but du Brésil en Coupe du Monde. Le Brésil gâche des occasions, et comme souvent dans ce type de situation, se fait rejoindre avant la pause sur un but de l'attaquant Anastasie, qui profite des largesses de la défense Auriverde.
Au retour des vestiaires, c'est au tour de l'Italie de rater le coche sur une contre-attaque de feu, conclue par un tir dans le petit filet de Domenghini. Le Brésil accélère et renvoie l'ascenseur à son adversaire du jour : 2-1 à la 66e sur une frappe imparable du gauche de Gerson, puis 3-1 suite à une action collective parachevée par Jairzinho sur une passe de Pelé. Le dernier quart d'heure est totalement à l'avantage des sud américains, qui déroulent, avec un Pelé intenable à la baguette. Son capitaine Carlos Alberto porte le coup de grâce sur un énième caviar du "roi" (4-1). Coup de sifflet final, le onze de Mario Zagallo, qui avait déjà été sacré en tant que joueur, repart à la maison avec la coupe Jules Rimet, qu'il gardera à jamais : privilège accordé par la FIFA à la première nation gagnant le trophée par trois fois. C'est aussi le sacre de "sa majesté" Pelé, très ému et idolâtré par tout un peuple.
1970 : Beckenbauer héros malheureux de la demi finale
L'un des deux matches pour l'accession à la finale de cette Coupe du Monde Mexicaine oppose les deux meilleures équipes d'Europe : l'Italie et la RFA.
La rencontre commence timidement, les Azzurri ouvrent la marquent dès la 8e minute et pensent tenir le score jusqu'à son terme. Les allemands poussent mais ne parviennent pas à marquer. Le sort semble s'acharner contre eux quand Franz Beckenbauer se démet l'épaule suite à un choc avec Pierluigi Cera. Ne pouvant être remplacé, le munichois est contraint de rester sur la pelouse, le bras droit en écharpe.
L'abnégation des teutons, symbolisée par Beckenbauer, homme clef de l'équipe, paye enfin : dans les tous derniers instants du temps réglementaire Karl Heinz Schnellinger égalise d'un but rageur, au grand dam des italiens, incrédules devant un tel bouleversement.
C'est ici que l'opposition, qualifiée par la suite de "match du siècle" prend sa véritable tournure. Pendant la prolongation, les 22 acteurs vont offrir au monde du football un spectacle mémorable, inscrivant un total de 5 buts. 30 minutes d'une course poursuite à couper le souffle, dont les italiens sortiront finalement vainqueurs, grâce à un ultime but de Gianni Rivera (4-3). Au terme des 2 heures de jeu, les joueurs s'écroulent, exténués mais tout aussi heureux d'avoir livré un match pour l'histoire.
1974 : Les Pays-Bas de Cruyff perdent contre l'Allemagne en finale
En cette année 1974, les Pays-Bas du génial Johan Cruyff et leur football total made in Ajax d'Amsterdam enthousiasment le monde du football. Au commencement de ce mondial se déroulant sur le sol allemand, ils sont d'ores et déjà annoncé comme les grandissimes favoris de l'épreuve. Une fois la compétition lancée, tout se déroule comme prévu pour le rouleau compresseur orange, qui écrase tout sur son passage. Seulement, en finale, les bataves se heurtent à l'éternelle Allemagne, qui est bien celle "qui gagne toujours à la fin". Le match débute pourtant de la meilleure des manières pour les Hollandais qui obtiennent dès la première minute un penalty, sur une action de l'inévitable Cruyff, que Neeskens transforme. Mais les coéquipiers du "kaiser" Franz Beckenbauer reviennent dès la 25e minute, également sur penalty pour ensuite prendre l'avantage sur un but de Gerd Müller qui crucifie Jongbloed d'un tir en pivot aux 6 mètres. L'Allemagne est sacrée à domicile, mais c'est surtout la magie d'un Johan Cruyff au sommet de son art qui aura marqué cette édition.
