Après le passage des catastrophiques Stéphane Guy et Lionel Rosso, on attendait beaucoup de la dernière version de Jour de Foot. Pour les 15 ans de l'émission, Canal semblait avoir fait le bon choix en lançant Alexandre Ruiz au poste de présentateur. A la mi-saison, le constat est pourtant cruel : JDF a rarement été aussi consternant.

A l'image de L'Equipe du Dimanche, l'autre programme phare de la chaîne, Jour de Foot est victime de la croissance de son temps de parole et de la baisse du nombre d'images proposées qui en découle. Un comble pour une émission dont le principe est de résumer en première fraîcheur la journée de Ligue 1. Si la prouesse technique réalisée chaque samedi par les équipes de Canal demeure irréprochable, JDF souffre donc d'un sérieux problème de conducteur. Et de présentateur.

Malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour le miraculé Alexandre Ruiz (un grave accident a failli lui coûter la vie l'an passé), le très bon spécialiste du football espagnol de L'Equipe du Dimanche a accouché d'un animateur médiocre. Toujours aussi fébrile 4 mois après sa prise de fonction, Ruiz se perd dans des lancements interminables et multiplie bourdes, bafouillages et tics de langages qui lui ont valu de devenir la nouvelle tête de turc des Cahiers Du Football. Sa connaissance et sa passion du ballon ne sont pas remises en cause, mais voilà, ça ne colle pas.

Là où le Jour de Foot version Gilardi ou Mathoux se concentrait sur le compte-rendu des matchs, la mouture 2006/2007 s'est chargée en nouvelles rubriques à l'intérêt discutable et à la mise en forme maladroite. Du "Focus", qui met un coup de projecteur sur un joueur de L1, à la présentation hebdomadaire des maillots du championnat de France (tous plus laids les uns que les autres), le professeur Ruiz nous gave en anecdotes (ha, l'histoire de la tête de cygne sur le maillot de Valenciennes...) et ne manque jamais de nous survendre un bon vieux Lorient - Sedan avec au moins autant d'enthousiasme que l'Aimé Jacquet des Guignols.

Les consultants et commentateurs dépêchés sur les terrains se retrouvent également dans des situations improbables, en vertu de la "relation visuelle direct entre le présentateur et les journalistes dans les stades" voulue par Alexandre Bompard, le boss des sports sur Canal. On se souvient notamment de la prestation de Jacques Crevoisier, perdu devant son écran virtuel à la manière d'une Miss Météo, ou des métaphores routières de Philippe Bruet interviewant Guy Lacombe devant le car du PSG.

Le championnat de France est-il donc insipide au point de devoir organiser tout cette mise en scène pour tenir le spectateur en haleine ? L'effet escompté est malheureusement loin d'être atteint. Et à moins de se doter d'une bonne dose de second degré, il devient difficile de savourer un bon Jour de Foot sans maudire cette mascarade dont on se demande qui elle est censée séduire.

Jour de Foot : après chaque journée de Ligue 1, vers 22h30

Edouard Orozco



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