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A un mois du coup d’envoi de l’Euro 2008, Flu revient sur les deux grands succès de l’équipe de France lors du championnat d’Europe des Nations. Retour cette semaine sur le succès des Bleus de Michel Hidalgo lors du tournoi 1984 organisé en France, avec un Michel Platini stratosphérique auteur de 9 buts en 5 matchs.
La victoire du carré magique
Lors du Mondial 82 disputé en Espagne, la France avait bien failli créer la surprise en demi-finale face à la redoutable RFA, menant 3-1 en prolongation avant de perdre aux tirs au but. Mais le traumatisme de Séville, avec l’image inoubliable d’un Patrick Battiston sorti sur civière suite à un choc avec le gardien Schumacher, allait servir de terreau au premier succès majeur de l’histoire de la sélection, couronnant le travail effectué par Michel Hildago depuis son arrivé à la tête des Bleus, en 1976.
Avec à sa disposition un groupe complet mais surtout riche en joueurs offensifs, Hidalgo va assumer la tradition "joueuse" de l’équipe de France en alignant un onze de départ résolument technique. Le "carré magique" inventé deux ans plus tôt est confirmé. Ou plutôt réinvité. Bernard Genghini y perd sa place au profit d’un joueur plus prompt à s’acquitter des tâches obscures et tout aussi habile devant, Luis Fernandez, tout juste âgé de 23 ans, pour soutenir les trois numéros 10 alignés dans l’entre jeu (Platini, Giresse, Tigana). Un choix plus équilibré mais encore bien culotté.
Le Roi Michel
De fait, c’est au milieu de terrain et pas ailleurs que va se jouer l’Euro 84. Les Tricolores y dominent tous leurs adversaires, à l’image d’un premier tour phénoménal où ils inscriront 9 buts en 3 matchs, dont 7 par le seul Michel Platini. Unique buteur de la première victoire étriquée face au Danemark (1-0, expulsion d’Amoros), le "Roi Michel" explose les compteurs en signant deux triplés face à la Belgique, balayée 5-0 avec des buts de Giresse et Fernandez, et la Yougoslavie qu’il domine presque à lui tout seul (3-2) en inscrivant ce que les Anglais appellent un perfect hat trick. Le coup du chapeau parfait : pied droit, pied gauche, tête.
Après le Parc des Princes, la Beaujoire et Geoffroy-Guichard, le Stade Vélodrome accueille une demi-finale au scénario haletant face au Portugal (3-2) où les Bleus passent par tous les états. Tout commence bien avec l’ouverture du score sur coup franc du gaucher Jean-François Domergue (25e). Mais à un quart d’heure de la fin Jordao égalise puis donne l’avantage aux Portugais dans les prolongations (103e). Un nouveau but de Domergue, en renard (115e), et ce contrôle interminable de Platini (119e), servi par Jean Tigana, évitent heureusement aux Français de revivre une séance de penalty qui leur avait été fatale en 1982.
Merci Arconada
Pour sa première finale dans une grande compétition, dans un Parc tout acquis à sa cause, l’équipe de France souffre encore pour venir à bout de l’Espagne (2-0). Et il faut attendre une boulette du gardien Arconada, qui relâche un coup franc anodin de Platini (57e), pour que la situation se décante. Le Roux est expulsé en fin match (85e) mais les Bleus tiennent bon et réalisent le break dans les arrêts de jeu sur un lob de Bruno Bellone, lancé en profondeur par Tigana. L’explosion de joie est à la hauteur de l’évènement. 80 ans que le pays attendait ça.
Le sacre des Bleus d’Hildago est évidemment collectif. Il n’en reste pas moins symbolisé par son génial numéro 10, Platini bien sûr, qui demeure encore aujourd’hui le meilleur buteur d’une phase finale de l’Euro avec ses 9 buts (trois du droit, trois du gauche, trois de la tête) en 5 matchs sur les 14 inscrits par l’équipe de France. Premier et dernier trophée d’une génération qui a allait encore se casser les dents deux ans plus tard sur le mur allemand lors du Mondial mexicain mais a ouvert la voie aux succès futurs.
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