A quitte ou double
L’Euro 2008 arrive à grand pas. L’heure de revenir sur le sacre des Bleus lors de l’édition organisée au Pays-Bas et en Belgique en 2000. Un succès historique pour l’équipe de France de Zinedine Zidane, première nation à remporter la Coupe du Monde et l'Euro coup sur coup.
De l’avis de nombreux observateurs, il faut remonter aux années 70 pour retrouver trace d’un tournoi international aussi riche en beau jeu, footballeurs de talents et matchs mémorables. Et cette épreuve, c’est donc l’équipe de France qui l'a remporté. En oubliant, volontairement ou non, les préceptes défensifs qui avaient bâti le sacre de 98 (1 but encaissé en 7 matchs). Hormis leur premier match remporté haut la main face au Danemark (3-0), les Coqs français auront encaissé au moins un but à chaque rencontre, s’imposant quatre sur le score de 2-1 avec des scénarios à couper le souffle.
Quand on a la baraka…
Fort d’un second succès face à la République Tchèque (2-1), Roger Lemerre avait pu faire tourner ses troupes et laisser filer sans scrupule le troisième match de poule face à la hôte néerlandais (2-3). Les Bleus auraient pu batailler pour arracher le première place du groupe et affronter la Yougoslavie. Mais le choix du Roro allaient s’avérer payant. Avec, certes un maximum de baraka et des remplaçants décisifs.
Parti avec une doublette d’attaque Henry-Anelka, Lemerre sacrifie Nico en cours de route pour densifier son milieu de terrain face à l’Espagne en quart de finale. Tout commence bien avec un maître coup franc de Zidane (32e). Sauf que Mendienta remet les compteurs à zéro sur penalty (38e). C’est là que Youri Djorkaeff entre en scène, inscrivant un but magnifique avant la pause (44e). L’Espagne obtient un nouveau penalty. Mais Raul l’expédie dans les airs.
Reboucher le champagne
En demi-finale, la bonne étoile brille encore contre l’équipe surprise du tournoi, le Portugal. A la reprise du gauche de Nuno Gomes (19e), Thierry Henry répond d’un tir en pivot dans la surface (52e). Et il faudra attendre les prolongations et une main d’Abel Xavier dans la surface (volontaire ? involontaire ? le débat n’est toujours pas clos) pour permettre à Zizou d’envoyer ses partenaires en finale. C’était moins une.
Le suspens n’avait toutefois pas encore atteint son paroxysme dans cet Euro 2000. Le retournement de situation incroyable allait survenir au cours de la finale de Rotterdam, dominée dans le temps réglementaire par l’Italie, qui ouvrait le score par Delvechio (55e) mais manquait plusieurs fois le break. Une mansuétude malvenue puisque Sylvain Wiltord arrachait la prolongation au bout du temps additionnel en trompant Toldo d’un tir écrasé (90e+3). La suite, c’est de l’histoire : débordement de Robert Pires, centre en retrait et reprise du gauche de David Trezeguet dans la lucarne. Et les supporters italiens, qui auront leur revanche six ans plus tard, d’apprendre comment on rebouche une bouteille de champagne…
La vidéo de France - Itlalie :