La mise en garde de Thiriez
En mai 2008, le stade Vélodrome célébrait la 3e place de l’OM en championnat comme un titre. Normal, cette dernière offre une place au tour préliminaire de la Ligue des champions. Enfin, tant que la Ligue 1, actuellement 4e, ne chute pas au-delà de la 6e place au coefficient UEFA qui détermine l’attribution des places en Coupe d’Europe. Un scénario catastrophe qui pourrait arriver plus vite que prévu si rien n’est fait.
Dans son cri du cœur, "Fredo" oublie toutefois que la réforme de la C1 voulue par Michel Platini va offrir une place pour le 2e tour préliminaire au troisième du championnat classé 6e au coefficient UEFA. Ce qui profitera a priori à la Russie, qui ne bénéficie actuellement que deux places, à partir de 2009/2010. Toujours est-il que le danger est bien réel. Depuis l’exceptionnelle saison 2003/2004 qui avait vu Monaco et l’OM aller en finale de la C1 et de la C3, le nombre de points engrangés par les clubs français est en chute libre. Le fond a même été touché en 2007/2008 avec seulement 6,928 points pris. Soit moins que l’Ecosse, la Grèce, la Turquie ou les Pays-Bas.
De l’importance de la C3
La descente aux enfers est d’autant plus coupable que les performances en Coupe de l’UEFA rapportent autant que celles réalisées en Ligue des champions. Raison pour laquelle on a tant critiqué l’attitude des clubs français qui ont balancé l’an passé la C3, à l’image de Bordeaux, Rennes ou Toulouse, sans penser aux conséquences. Le coefficient UEFA étant calculé sur les résultats des 5 dernières saisons, 2003/2004 et ses 13,500 points ne seront plus comptabilisés dans le classement 2009 et il va falloir mettre le paquet pour compenser ce déficit.
"Je dis qu’il faut accorder une priorité sportive absolue cette année aux Coupes d’Europe", assène dans L’Equipe un Thiriez toutefois confiant dans le potentiel continental des clubs de L1. "Franchement, quand on voit notre commando européen, ç’a de la gueule : Lyon, Bordeaux, Marseille, Paris, Rennes, Saint-Etienne, Nancy. Ça doit ramener des points." A condition, donc, de ne pas aligner des équipes bis pour ceux qui seront engagés en C3.

La 3e place pas si loin
Le plus rageant dans cette histoire, c’est que les clubs français sont aujourd’hui contraints de regarder derrière pour ne pas perdre leur petit statut alors qu’ils pourraient talonner voire dépasser leurs homologues de la Série A italienne (3e), qui stagne depuis quelques années et subit le contrecoup du scandale du calcio, si l’accent avait été mis sur la Coupe de l’UEFA. Sachant que les trois premières nations bénéficient de quatre places en Ligue des champions (2 directes et 2 pour le tour préliminaire), le calcul aurait dû être vite fait, tant économiquement que sportivement.
C’est en misant tout sur la C3 que le championnat russe est passé du 15e au 6e rang européen en quatre ans, gagnant notamment trois place la saison dernière grâce à la victoire finale du Zenith St-Petersbourg. Tout comme la Ligue Roumaine, qui s’est hissée à la 7e place devant le Portugal et les Pays-Bas. Un révélateur autrement plus intéressant que le nombre de buts inscrits par match qui fait débat chaque année en Ligue 1. A chacun de voir où sont ses priorités…