Sur les traces du mythique
Oleg Blokhine, Ballon d’Or 1975, Andriy Shevchenko représente à lui tout seul l’image et les espoirs du football ukrainien. Né à Dvirkivshchyna, non loin de Tchernobyl, il aura connu une enfance difficile avant de devenir l’une des grandes stars du foot mondial.
L'enfant du DynamoSuite à la catastrophe nucléaire qui frappe la centrale, Andriy, 9 ans, doit déménager avec sa famille sur les rives de la mer noire. Quelques mois plus tard, il est recalé aux tests d’entrées de l’école de foot, et voit ses espoirs s’envoler jusqu’à ce que le recruteur du Dynamo Kiev le repère lors d’un tournoi de jeunes. Intégré à l’effectif du plus grand club ukrainien, Shevchenko s’aguerrit au contact de Valery Lobanosky, légende nationale et ancien sélectionneur de l’URSS, qui appelle son poulain le "Ronaldo blanc"...
L’éclosion de l’attaquant va coïncider avec la période la plus faste du Dynamo. En 5 ans, celui qu’on surnomme "l’arme fatale" remporte cinq titres de champion, trois coupes nationales, inscrit 60 buts en championnat et 20 en Ligue des champions dont un triplé retentissant face au FC Barcelone, lors de la saison 1998/99, lors d’une victoire 4-0 au Nou Camp ! Il n’en faut pas plus pour que les grands d’Europe se penchent sur le phénomène. Et c’est le Milan AC qui rafle la mise en 1999 pour 26 M€.
Explosion au Milan
Bientôt surnommé Sheva, et même "Super Sheva" par les
tifosi du Milan, l’Ukrainien n’aura pas besoin de période d’adaptation pour s’imposer dans le championnat dit le plus dur du monde. Avec 24 buts en Série A pour les rouges et noirs, il devient le premier étranger à terminer "
capo cannoniere" (meilleur buteur) dès sa première année dans le calcio. Arrivé dans un Milan en période de transition, ce digne successeur de
Marco van Basten, l’ancienne gloire des
Rossoneri, va incarner le retour au plus haut plan de l’équipe. Qui plus est, Sheva devient un véritable milaniste, apprenant très vite la langue italienne et se fondant dans la doctrine du club Lombard.
Les premières saisons sont pauvres en titres mais Andriy s’accroche pour mener les
Rossoneri en finale de la Ligue des champions 2003. Au terme d’une saison pourtant moyenne (seulement 5 buts en 24 matches de Série A), Shevchenko tient la promesse qu’il avait faite au défunt Lobanovski, être le premier Ukrainien à remporter la plus belle des Coupe européennes, en inscrivant le dernier tir au but de son équipe face à la Juventus de Turin.
La consécration du Ballon d'OrL’année suivante, Sheva retrouve le chemin des filets en championnat (24 buts) et ramène le
Scudetto à Milan. L’heure de la consécration arrive pour cet attaquant exceptionnel. Passer, dribbler, marquer des deux pieds et de la tête, squatter la surface ou décrocher, Sheva sait tout faire, et c’est logiquement qu’il voit son talent récompensé par le Ballon d’Or 2004.
Icône de son pays (il reçut même la médaille de l'Ordre du mérite des mains du président ukrainien Leonid Kuchma pour sa victoire en Champions League), Andriy Shevchenko a tout gagné en club. Mais pour être totalement satisfait, il doit maintenant faire briller sa jeune équipe nationale, symbole de l’émancipation post-communiste. International depuis mars 1995, Sheva porte son équipe à bout de bras dans les matches de qualifications pour la Coupe du Monde 2002. Malgré 10 buts inscrits, l’Ukraine est éliminée en barrage par l’Allemagne, future finaliste. Le buteur prend son mal en patience jusqu’aux éliminatoires du Mondial 2006 où il parvient enfin à arracher la première participation de son pays à une phase finale de Coupe du Monde.
La parenthèse ChelseaAu Milan, en revanche, la réussite fuit de nouveau le club qui perd en finale de la Ligue des Champions 2005 aux tirs au but, après avoir mené 3-0 à la mi-temps, et bute en demi, lors de l’édition suivante, face au FC Barcelone. Face aux avances peristantes émanant de Chelsea, où le milliardaire russe Roman Abramovich est fan de Sheva, Milan accepte en 2006 de laisser filer le joueur contre un chèque de 45 millions d'euros. Somme totalement démesurée pour un footballeur qui approche alors les trente ans.
De fait, son passage à Chelsea s'avère totalement catastrophique sur le plan sportif. Shevchenko ne trouve les filets qu'à neuf reprises en 47 matchs de Premier League. Incapable de concurrencer
Didier Drogba à la pointe de l'attaque, il est condamné à évoluer à la gauche de l'attaque et voit même
Nicolas Anelka renforcer l'effectif des
Blues en janvier 2008. Pour Sheva, l'aventure anglaise se termine-là. Il retourne au Milan sous forme de prêt, désireux de finir une beauté une grande carrière qui le place parmi les meilleurs buteurs de l'histoire.
Il y a des signes qui ne trompent pas. En 1990, le jeune Andriy Shevchenko évolue dans l’équipe des moins de 14 ans du Dynamo Kiev. A l’occasion de la Ian Rush Cup, du nom du footballeur gallois, Sheva fait sensation et termine meilleur buteur du tournoi. Ian Rush, joueur mythique de Liverpool, est présent ce jour là. Impressionné par les talents de finisseur de l’Ukrainien, il lui offre une paire de crampon lui appartenant en guise de récompense. Shevchenko confirmera par la suite tout son potentiel et croisera de nouveau Rush, alors en fin de carrière à Newcastle, lors d’un match de Ligue des Champions.
Il est des performances qui restent gravés dans les mémoires. Le 23 novembre 2005, Shevchenko intègre le club très fermé des joueurs ayant réalisé un quadruplé en Ligue des champions. Exploit réalisé lors des phases de poules, où Sheva marque tout les buts du match Milan-Fenerbahçe. Il devient le cinquième joueur à réaliser pareil prouesse après Marco van Basten, Simone Inzaghi, Dado Prso et Ruud van Nistelrooy.