
Alors que le Parc des Princes a été indéniablement construit sur un cimetière indien et enterre certaines générations de Bleus, le stade de Wembley représente quant à lui l'Eden, le paradis des Anglais, plus précisément leur terre de renaissance.
En grand danger depuis le début de ces qualifications à l'Euro 2008, les Britons devaient remporter deux matches en une semaine face à des concurrents directs à la qualification, Israël et la Russie. Malgré l'absence de nombreux cadres, les Anglais ont su produire du jeu et sortir les armes afin de se sortir au plus vite des pièges dressés par leurs challengers. Aujourd'hui, les hommes de McClaren se retrouvent à la seconde place du classement, derrière la Croatie.
Owen le déclencheur
Déjà face à Israël, Michael Owen était revenu au premier plan de la scène internationale. Lui, l'attaquant à la figure de gosse, aux pieds magiques mais au destin accablé par des os en verre. Depuis la Coupe du Monde où il avait été victime d'une rupture des ligaments croisés du genou droit, "The King of Harts" n'avait joué que cinq matches avant son match de samedi. Plus q'une régénération, le buteur revit au sein de l'équipe nationale.
S'arrêter en si bon chemin n'aurait pas été remarquable et la plupart d'entre nous auraient invoquer la chance où la faiblesse de l'adversaire. Mais Owen a tout simplement tué le match hier face à la Russie. Plantant un pion dès la 7e, le Ballon d'Or 2001 remettait le couvert à la 31e d'une jolie demi-volée.
Brave et plein d'aplomb, Owen est ce genre de joueur incapable de lâcher le morceau, de s'avouer vaincu : "Je ne suis pas arrogant ou grosse tête mais je suis toujours resté confiant et ça aide toujours pour marquer des buts", confiait-il après la rencontre. Chapeau bas.
Une équipe complémentaire
Mais Owen n'est pas le seul responsable de ce regain chez les Anglais. L'île anglo-saxonne possède le Fighting Spirit dans le corps et dans le cœur. Perdre une rencontre qui plus est internationale revient à décevoir un peuple, voire sa famille. A partir de là, gagner n'était plus une obligation, mais un devoir.
McClaren avait dû composer sans Rooney, Lampard, Beckham, Hargreaves, Campbell, tous blessés. Sur le papier, l'équipe type était aux abonnés absents, rien de plus rationnel. Cependant, sur le terrain, la donne a changé. Bien que l'Angleterre n'affiche pas la meilleure formation, elle le devient par sa fougue retrouvée, sa rage distinguée et son ambition remise au niveau de ses véritables prétentions.
C'est donc en compagnie des vieux briscards comme Emile Heskey ou des inconnus tels que Gareth Barry que le pays fait désormais la différence. Des hommes qui s'entendent, qui jouent, tout simplement, voilà ce que la nation recherchait. Et les performances voient enfin le jour. "C'est un bon groupe de joueur, nous le savons malgré ce que tout le monde a pu dire. Nous l'avons prouvé lors de ces deux matches encourageants. Si nous continuons de progresser de cette manière, nous allons faire de belles choses", annonçait une nouvelle fois le héros retrouvé Owen.
Sur leur lancée, les Anglais devraient donc se qualifier pour l'Euro envers et contre tout ce qui avait pu être allégué auparavant. Même Mister Boulette dans les cages, Paul Robinson, a relevé la tête (au point de prendre le melon ?) : "On a peur de personne. Nous avons un bon esprit et nous sommes sur le bon chemin." Bientôt, la toile d'araignée poussera dans ses buts si on se mettait à l'écouter. Difficile à croire, mais plus impossible.
Les buts :