Football : le blog foot de Fluctuat.net

Euro 2008 : L'Angleterre à terre

Posté par Louis Laffitte le 22.11.07 à 02:26 | tags : actu de l'euro 2008, angleterre, croatie

Sauvée d'un naufrage plus précoce grâce à Israël il y a quatre jours, l'Angleterre n'a pas su profiter de l'aubaine alors qu'un nul seulement lui suffisait pour composter son billet pour la phase finale de l'Euro 2008. Défaits 3-2 à domicile par la Croatie, elle offre ainsi la qualification à la Russie, victorieuse en Andorre (0-1).

La fin d'une époque
A la pluie qui s'est abattue sur Londres et son stade de Wembley toute la soirée se sont ajoutés toutes les larmes d'un peuple qui n'avait jamais imaginé pareil scénario. Voir sa sélection, menée 2-0 après treize minutes, revenir à 2-2 en seconde période pour finalement succomber fin de match, jamais ils n'avaient pensé que cela fut possible. Et pourtant.

Si la réaction anglaise lors du deuxième acte, empreinte d'une fierté et d'un fighting spirit très britanniques fut magnifique, elle n'avait que le goût de celles qui marquent la fin d'une ère.

Une époque glorieuse qui aura vu l'Angleterre se qualifier pour chacune des grandes compétitions internationales depuis le Mondial 1994. Une époque où chaque Anglais pouvait encore croire que son pays possédait la meilleure équipe du monde, et ce même si elle n'a toujours rien gagné depuis "sa" coupe du Monde en 1966.

Un foot anglais malade
La Croatie a mis fin ce soir à ce doux rêve. Tranquillement, avec un air de ne pas y toucher, les hommes de Slaven Bilic ont exposé à la face de l'Europe du foot la réalité de l'état de santé du football anglais.

Un football anglais incapable par exemple de former un gardien digne de ce nom. Pas un. Robinson, coupable d'une bourde à l'aller face à ces mêmes Croates mis en tribune, c'est le débutant Scott Carson qui s'est chargé du rôle d'amuseur public en laissant comiquement passer une frappe anodine de Kranjcar dès la 9ème minute (1-0).

Un football anglais qui n'aura eu de cesse d'encenser une génération dite dorée, celle des Lampard, Gerrard et autres Rooney, mais qui aura toujours lamentablement échoué dans ses conquêtes.

Un football anglais qui paye également les stupidités des bureaucrates de sa fédération. Ceux-là même qui après avoir rendu les finances de la FA exsangues en offrant un contrat en or à Sven-Goran Eirksson avant de le licencier à grands frais l'année dernière, ont été forcés, faute de mieux, de nommer Steve McLaren à la tête de leur fleuron.

McLaren, coupable désigné
Un honnête entraîneur ce McLaren, mais simplement pas du niveau requis pour entraîner la sélection aux Trois Lions. Prenons juste ce match: d'accord, le pauvre a dû faire sans de nombreux blessés de marque, mais quand même, que de décisions discutables.

C'est lui et personne d'autre qui a choisi d'écarter Robinson pour un novice, alors que le portier de Tottenham n'avait tout de même pas encaissé un seul but à domicile pendant ses qualifications.

C'est lui aussi qui a préféré aligner Wayne Bridge à gauche plutôt qu'Ashley Cole. Certes Bridge est dans une bonne passe actuellement à Chelsea, mais il n'avait jamais passé le palier international jusqu'ici. Et ce n'est pas ce soir qu'il a réussi.

Coupable d'une grossière faute d'alignement sur le deuxième but, offrant à Olic un duel tranquillement gagné face à un Carson désemparé (2-0, 13'), son match entier aura été un véritable calvaire.

Enfin, c'est aussi McLaren qui, comme son prédécesseur Sven-Göran Eriksson, aura refusé de trancher entre Lampard et Gerrard au milieu de terrain, préférant s'attaquer à David Beckham, écarté puis rappelé en catastrophe pour finalement être laisser sur le banc pour cette rencontre décisive.

Pas de sauveur cette fois-ci
Ironie du sort, Beckham aurait pu être le sauveur de McLaren et de l'Angleterre toute entière. Comme il l'avait été en 2001 en qualifiant son pays pour le Mondial 2002 d'un somptueux coup franc face à la
Grèce à la dernière seconde (2-2).

Rentré à la mi-temps, c'est lui qui offrit d'un caviar exceptionnel l'égalisation à Peter Crouch (2-2, 65'), une douzaine de minutes après la réduction du score de Lampard sur penalty. A ce moment-là, l'Angleterre était virtuellement qualifiée.

Mais elle ne méritait pas de s'en tirer à si bon compte. Beckham n'est pas Zidane, sauveur en de pareilles circonstances de Raymond Domenech en 2005, et l'Angleterre s'écroula définitivement sur un coup de patte assassin de Petric, tout juste entré en jeu (3-2, 77').

La balle de sauveur manquée par Darren Bent en toute fin de match ne fera qu'aviver les regrets des supporters, d'un soutien admirable jusqu'au bout. Les voilà mis au ban du prochain grand rendez-vous du football européen. Seuls les futurs membres du service de sécurité de la prochaine phase finale ont dû trouver ça drôle.





Commentaires

Pas encore de commentaire

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto


  Discussions en cours sur le forum foot :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines