
Malgré sa bonne prestation du match aller, pas récompensée au niveau du résultat (1-1 à Gerland),
Lyon est plus que jamais condamné à l'exploit ce mardi face à
Manchester United. Dans une stade d'Old Trafford où les
Red Devils restent sur neuf succès européens consécutifs, il faudra beaucoup de solidarité et de talent aux hommes d'Alain Perrin pour arracher un billet pour les quarts de finale.
La clé Benzema
Cette fois, Manchester est prévenu. Avant de se rendre à Gerland, au match aller, le mastodonte de la Premier League savait déjà qu'il allait devoir en découdre avec une équipe solide et habituée aux joutes européennes (Lyon dispute son 5e huitième de finale consécutif en C1). Il a pu constater sur le terrain que la réputation naissante de l'OL n'était pas usurpée. Mieux, il a eu confirmation de la menace Karim Benzema, un mec qui n'a besoin que d'un mètre et une seconde pour vous mettre une quille entre quatre défenseurs.
Témoin direct de l'action, Rio Ferdinand l'a bien gravé dans sa mémoire et jure qu'on ne l'y reprendra plus : "Il a pris le ballon, fait une touche de balle et, dans le même mouvement, s'est retourné et a marqué. C'était une finition fantastique. Demain (ce soir) il ne faudra pas lui donner autant d'espace. Dans la Ligue des champions, on rencontre toujours des joueurs capables de ce genre de choses. La façon dont vous les gérer décident généralement de qui se qualifie."
L'enfer d'Old Trafford
L'effet de surprise est donc passé pour les Lyonnais. Dommage, car il aurait pu leur permettre que d'enregistrer un meilleur résultat avant de faire la visite du Théâtre des Rêves de Man U, qui a surtout des airs de cauchemar pour ses adversaires européens. Depuis la victoire de Milan, en février 2005 (1-0), aucune équipe n'est venu faire le moindre résultat à Old Trafford. En cas de victoire face aux Gones, ce soir, Manchester égaliserait même le record de dix victoires consécutives en Ligue des champions détenu par la Juventus de Turin.
La démolition de l'AS Rome (7-1), l'an passé, est bien sûr dans les esprits. La pression est énorme à OT, en tribune comme sur le terrain, où les Mancuniens se transcendent et n'ont pas l'habitude de pratiquer de round d'observation. "C'est étrange, mais certaines équipes peuvent avoir peur quand elles viennent jouer à Old Trafford", explique Patrice Evra dans le Guardian. "On ne peut pas sous estimer son effet. C'est un grand stade, un terrain large où l'on joue très vite. Les équipes n'aiment pas ça."
L'armada mancunienne
Après avoir sorti un prudent 4- 3- 3 à l'aller, qui s'est révélé inefficace jusqu'aux entrées de Nani et Carlos Tevez, Sir Alex Ferguson risque cette fois de se montrer moins clément en revenant à son habituel 4-4-2 avec l'Argentin en pointe au côté de Wayne Rooney, et le Portugais candidat à la suppléance de Ryan Giggs, incertain. Sans oublier bien sûr la menace Cristiano Ronaldo. Titulaire semi-surprise à Gerland, le monstrueux Anderson devrait lui être aligné à la place de Paul Scholes dans l'entre jeu. Pas vraiment un bon signe si l'on en juge la saison réalisée par ce brésilien de 19 ans.
Pour entretenir l'espoir Alain Perrin a toutefois un atout dans sa manche, un joker entraperçu dans le dernier quart du match aller et qui aurait pu faire la décision si sa frustration ne l'avait pas conduit à vouloir dribbler Manchester à lui tout seul. Sur les quelques ballons qu'il avait touché, Hatem Ben Arfa avait en tout cas montré que sa capacité d'élimination pouvait mettre en difficulté la défense des Red Devils. Sur 90 minutes, il aura tout le loisir de casser les reins de Ferdinand, Vidic ou Brown, d'approvisionner Juninho en coup franc ou son faux pote Benzema en ouvertures. Le choix tactique de Perrin suggéré par L'Equipe (Ben Arfa légèrement plus dans l'axe et Källström chargé d'épauler Grosso à gauche) semble d'ailleurs assez judicieux en terme d'équilibre et de cohérence tactique.
A corps et à Cris
Autre nouveauté par rapport au match aller : le retour de Cris en défense centrale. Si Man U n'est pas Lille et que le pari de lancer un joueur blessé durant sept mois est énorme, sa prestation face au LOSC au Stade de France a impressionné et, surtout, rassuré. Son aura jouera un rôle déterminant quant à l'esprit de sacrifice qui devra animer les Gones, comme en témoigne les propos de Grégory Coupet, qui encensait samedi le défenseur brésilien dans le vestiaire lyonnais.
Les équipes probables
Man U : Van der Sar - W. Brown, Vidic, R. Ferdinand, Evra - C. Ronaldo, Carrick, Anderson, Giggs (ou Nani) - Rooney, Tevez
Lyon : Coupet - Clerc, Squillaci, Cris, Grosso - Govou, Juninho, Toulalan, Ben Arfa, Källström - Benzema