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RWC : L'Afrique du Sud sacrée... en toute logique

Posté par Louis Laffitte le 21.10.07 à 02:30 | tags : rwc
Douze ans après son premier sacre, l'Afrique du Sud a remporté la Coupe du Monde en dominant l'Angleterre en finale au Stade de France samedi (15-6). Percy Montgomery, auteur de douze points sur quinze sur pénalité, est le grand bonhomme du match côté springbok. Avec ce succès, les Sud-Africains rejoignent l'Australie (1991 et 1999) au palmarès avec deux Coupes William Webb Ellis (1995 et 2007).

Essai refusé
Favorite de cette finale, l'Afrique du Sud n'a pas failli. Elle est pourtant passée tout près de laisser échapper cette coupe qui lui était promise quand, à l'entame de la deuxième mi-temps, une grossière erreur de sa défense permit à Matthew Tait de la déchirer en son centre. Sur le deuxième temps de l'action, Mark Cueto s'affala dans l'en-but pour inscrire le premier essai de la finale (43').

Mais ce dernier fut refusé car, même si la vidéo ne permet pas de se faire un avis indiscutable sur le sujet, l'ailier anglais semblait avoir mis le pied en touche. Le doute et l'enjeu étant trop importants, il était de toute façon impossible de l'accorder.

La chance des coéquipiers de Jonny Wilkinson était passée. Impression confirmée quelques minutes plus tard quand Jason Robinson et Mike Catt, deux des meilleurs atouts anglais, quittèrent successivement le terrain sur blessures (47' et 51'). On se souvint alors de cette phrase de Raphael Ibanez après le quart gagné face à la Nouvelle Zélande qui, citant Claude Onesta coach des handballeurs français, avait confié : "Quand une équipe commence à avoir beaucoup de blessés, c'est un signe."

En ce soir de finale, c'était le signe que l'Angleterre ne deviendrait pas la première équipe à conserver son titre mondial. Et ce malgré toute la vaillance dont les joueurs de Brian Ashton firent preuve en courant après le score tout au long de la deuxième mi-temps.

Maîtrise totale
Car à la pause, les Springboks avaient déjà une main sur le trophée. Non pas grâce à une insurmontable avance au score - il n'était alors que de 9-3 en leur faveur - mais par la parfaite maîtrise de leur sujet, tels des orfèvres ciselant l'or.

La clé du match, on le savait, serait d'être celle des deux équipes qui subirait le moins l'impact. Or, et malgré la férocité des charges anglaises ou la puissance de leur mêlée, les Sud-Africains trouvèrent toujours les ressources pour répondre du tac au tac. Et au fil d'un second acte dominé dans la possession du ballon par les Anglais, jamais on ne sentit les Boks proches de la rupture. Au contraire.

Plus le match avançait, plus les joueurs de Jake White avançaient à l'impact, défensif ou offensif. Portés par la perfection du jeu au pied de Montgomery qui transforma sans ciller toutes les pénalités qui s'offrait à lui, renvoyant sans cesse les Anglais dans leur camp avec un jeu au pied d'occupation au diapason, forçant les Anglais à se lancer dans le genre d'improbables relances qu'ils détestent, les Springboks maîtrisaient tout.

Meilleure équipe
Une bonne tête de winner, ce Jake White (Panoramic)Comme en plus leur contre en touche avec les deuxième-lignes Victor Matfield et Bakkies Botha fonctionnait à merveille - huit ballons volés en tout - ils s'épargnèrent les rares situations qui auraient pu être pénibles en chipant les quelques munitions propres dont auraient dû disposer les Anglais.

Bref, en développant un rugby peut-être pas esthétique mais redoutablement efficace, l'Afrique du Sud montra que le titre ne pourrait pas lui échapper. Aux Anglais, la gloire des héros ayant accompli un parcours inespéré, aux Sud-Africains la Coupe.

Possédant en Montgomery le meilleur buteur de la compétition, en Bryan Habana le meilleur marqueur d'essais et en demeurant à l'issue du tournoi la seule équipe invaincue, le triomphe bok relevait presque de l'inéluctable.

Si la Nouvelle Zélande demeure sans doute la meilleure équipe de la planète des quatre dernières années, l'Afrique du Sud aura incontestablement été la meilleure équipe sur les sept semaines que dura la Coupe du Monde 2007. Et son sacre en est ainsi parfaitement justifié.



RWC : La fessée argentine

Posté par Louis Laffitte le 19.10.07 à 23:45 | tags : rwc
L'Argentine a littéralement humilié l'équipe de France ce soir au Parc des Princes en remportant la petite finale de la Coupe du Monde (34-10), inscrivant au passage cinq essais, et prouvant une nouvelle fois sa supériorité sur les Tricolores après leur victoire lors du match d'ouverture (17-12). Menés 17-3 à la mi-temps, malgré un bonne entame, les Français ont craqué en seconde période, encaissant trois nouveaux essais, sauvant malgré tout le peu d'honneur qui leur restait par Clément Poitrenaud.

Triste fin pour ces Bleus qui mettent un terme à leur Mondial raté sur un nouvel échec. Les Pumas, quant à eux, ont fait une nouvelle démonstration de force aux nez de tous ceux qui leur refusent l'accès aux compétitions internationales. Il serait temps de réfléchir à une solution pour offrir à ces joueurs un terrain de jeu à la hauteur de leur immense talent.

Entame française
L'illusion d'une victoire possible de l'équipe de France n'aura duré que vingt minutes. Le temps pour le XV de France de gâcher toutes ses occasions d'essais, autant par sa propre maladresse qu'à cause d'une exceptionnelle défense argentine.

Cette entame passée, la France ne possédait que trois petits points d'avance, obtenus grâce à une pénalité d'Elissalde à la 18ème minute. Une bien maigre avance quand on doit résister à la furia argentine. Car quand les Pumas passèrent à l'attaque, le gouffre qui sépare les deux équipes, entrevu lors du match d'ouverture, se fit à nouveau jour.

L'Argentine accélère
C'est d'abord Felipe Contepomi qui s'affala dans l'en-but français à la 28ème minute après une phase de jeu de toute beauté. Sonnés, les Tricolores encaissaient dans la foulée un deuxième essai par Omar Hasan, après qu'un drop d'Hernandez ait échoué sur le poteau, et que le ballon, pourtant récupéré par la France, ait été bêtement perdu (32').

La tête dans le sac, les Bleus en perdaient leurs nerfs, à l'image de Raphael Ibanez qui balançait un coup de poing à Roncero. L'arbitre était forcé de ramener le calme alors que la boîte à gifles était de sortie de part et d'autre, mais les Bleus ne parvenaient pas à revenir dans le match.

Pire, au bout de cinq minutes d'arrêt de jeu passées devant la ligne argentine, les Bleus, incapables de forcer le verrou argentin, rejoignaient les vestiaires toujours menés 17-3. Quant à Ibanez, il recevait un carton jaune juste avant le gong pour un rucking brutal. Longo Elia aussi recevait une biscotte, mais l'ascendant psychologique était bien argentin.

La France coule
Revenus sur la pelouse avec l'espoir de tenter le tout pour le tout, les Français relançaient tous les ballons ou presque. Mais, battus en agressivité dans les rucks, mis en difficulté en mêlée, les Tricolores n'avaient que l'énergie du désespoir pour espérer.

Beaucoup trop insuffisant pour dominer cette magnifique équipe d'Argentine. Les coéquipiers d'Agustin Pichot mettaient d'ailleurs à profit leur supériorité pour enfoncer le clou. Martin Aramburu inscrivait le troisième essai argentin au bout d'une action d'école initiée par un Ignacio Corleto aux jambes de feu (53').

Les Bleus buvaient le calice jusqu'à la lie quand le même Corleto (65'), puis Contepomi pour son doublé (77') marquaient deux nouveaux essais portant à 34 leur nombre de points encaissés. Heureusement qu'entre temps, Poitrenaud avait sauvé l'honneur français suite à une percée d'Harinordoquy, profitant de l'exclusion temporaire de Leguizamon (69').

Ouf, c'est fini...
Fracassés pour leur dernier match au Parc il y a dix ans par l'Afrique du Sud (52-10), l'équipe de France quittait une nouvelle fois la pelouse parisienne la tête basse. Et quand on repense à la guerre des mots qui aura duré toute la semaine entre les deux équipes et le fameux "On réglera ça vendredi" envoyé par Poitrenaud, on hésite entre rire ou pleurer...

En tout cas, une page du rugby français se tourne avec le départ de certains cadres (Ibanez, Pelous et Dominici entre autres) et de Bernard Laporte. Cette Coupe du Monde devait être le triomphe du rugby hexagonal. Ce rêve était passé depuis la semaine passée et il était temps que le cauchemar s'arrête enfin.







RWC : Finale - Angleterre v Afrique du Sud : Présentation

Posté par Louis Laffitte le 19.10.07 à 14:05 | tags : rwc
Samedi soir, on saura qui de l'Angleterre ou de l'Afrique du Sud sera sacré championne du Monde. A l'entame de la compétition, personne n'aurait misé un kopek sur une telle affiche en finale, pourtant Anglais et Africains du Sud ont su déjouer tous les pièges. Il leur reste une dernière marche à gravir pour conquérir le trophée William Webb Ellis. Et la lutte promet d'être rude.

Habana, danger No1 pour l'Angleterre (Panoramic)L'Afsud favorite
S'il est toujours difficile de faire des pronostics pour une finale puisque les compteurs sont toujours remis à zéro pour un tel évènement, l'Afrique du Sud débutera tout de même le match en position de favorite.

D'abord parce que les joueurs de Jake White ont atomisé le XV de la Rose en poules (36-0). Certes, ce n'était pas la même équipe d'Angleterre, mais cela donne un incontestable avantage psychologique aux Springboks.

Ensuite, parce que les coéquipiers de John Smit ont montré qu'ils étaient l'équipe la plus complète de la compétition. Forts devant avec des armes tels que Schalk Burger, sûrs en conquête avec Victor Matfield en touche par exemple, redoutables derrière avec l'inévitable Bryan Habana, doté du meilleur buteur de la compétition avec Percy Montgomery, les Boks ont l'air imprenables.

"Monty" affiche d'ailleurs la confiance bok. "Nous sommes confiants. Nous devons l'être afin de ne pas douter à l'approche de ce grand rendez-vous. Pourtant, ça n'empêche pas que nous restions humbles face à notre adversaire," explique l'arrière sud-af.

Jake White, lui, met en garde. "Il faut remettre les compteurs à zéro, a indiqué le coach des champions du monde 1995. Tout ce qui s'est passé lors des matchs précédents ne compte plus. Ce tournoi a montré que ce n'est pas l'état de forme qui compte, mais la capacité à résister à la pression à un moment donné."

Le collectif, base du succès anglais (Panoramic)Méfiance quand même
Prudence, donc. A juste titre d'ailleurs, puisque que les Anglais ont justement montré pendant la compétition qu'il ne fallait jamais les enterrer. Donnés perdants contre l'Australie en quarts ou contre la France en demies, ils ont toujours répondu présents pour déjouer les pronostics.

Portée par le retour de blessure de son talisman Jonny Wilkinson, l'Angleterre compense ses lacunes relatives, notamment dans le jeu d'attaque, par une volonté de tous les instants qui force l'admiration. Le deuxième-ligne Ben Kay pointe ainsi que l'Angleterre ne joue peut-être pas un "beau rugby" mais un "un rugby qui gagne" et que "c'est tout ce qui compte."

Certes, mais cela suffira-t-il pour renverser la montagne bok ? Pour l'ancien capitaine des champions du monde 2003 Martin Johnson, cela pourrait : "Il faudra minimiser les erreurs jusqu'à la 70ème minute. Pas d'interception, pas de turnover idiot, pas de cadeau gratuit... Face à l'Argentine, les Boks ont rapidement pris le large. Mais qui sait comment ils réagiront si l'Angleterre tient encore le score à cinq minutes de la fin ?"

"On ne se bat jamais nous-mêmes"
Et Johnson de pointer la force de l'Angleterre, celle sur laquelle les Français méditeront pendant les quatre prochaines années : "Le problème avec les Anglais, c'est qu'il faut les battre. Nous, on ne se bat jamais nous-mêmes."

Il faudra donc pour les Springboks aller chercher la victoire. Ce dont ne doute pas leur plus prestigieux supporter, Nelson Mandela : "Je ne doute pas une seconde que les Springboks vont récupérer le trophée. Nous savons que nos garçons ont la capacité, la force et la détermination pour gagner une fois encore parce que nous sommes une nation victorieuse," disait le message d'encouragement adressé par l'ancien président au groupe sud-africain.

Le match promet en tout cas d'être âpre et disputé entre deux équipes qui veulent rejoindre l'Australie avec deux trophées au palmarès. De la capacité des Anglais à résister à la pression bok dépendra l'issue de cette finale. Alors balade sud-africaine ou triomphe anglais dans les derniers instants ? Faites vos jeux !

Composition des équipes:
Angleterre: Robinson - Sackey, Tait, Catt, Cueto - (o) Wilkinson, (m) Gomarsall - Moody, Easter, Corry - Kay, Shaw - Vickery (cap.), Regan, Sheridan. Remplaçants: Chuter, Stevens, Dallaglio, Worsley, Richards, Flood, Hipkiss
Afrique du Sud: Montgomery, Pietersen, Fourie, Steyn, Habana, James, du Preez, Rossouw, Smith, Burger,Matfield, Botha, van der Linde,Smit (cap), du Randt. Remplaçants : Bismarck du Plessis, Jannie du Plessis, Muller, van Heerden,Pienaar, Pretorius, Olivier.



RWC : Finissez-bien !

Posté par Louis Laffitte le 19.10.07 à 11:48 | tags : rwc
La France et l'Argentine se retrouvent ce soir au Parc des Princes pour se disputer la place de troisième de la Coupe du Monde. Outre une place sur le podium à conquérir, on attend surtout des Français qu'ils finissent la compétition sur une bonne note après l'amère défaite face à l'Angleterre en demies (14-9), en laissant de côté leurs états d'âme répandus dans la presse toute la semaine.

Revanche
Battus par ces mêmes Argentins lors d'un funeste match d'ouverture (17-12), l'équipe de France se doit de prendre sa revanche. Les piques échangées entre joueurs des deux camps, Poitrenaud et Contepomi en tête, tendent à prouver que la motivation est intacte chez les Tricolores.

Il vaudrait mieux. Car les Pumas, on le sait, ne sont pas du genre à se laisser faire et feront tout pour offrir une belle sortie à leur futur ex-mentor Marcelo Loffreda. En sept ans, ce dernier a mené son équipe de l'anonymat aux demi-finales de la Coupe du Monde. Une réussite exceptionnelle pour ce coach... amateur (!), qui prendra les destinées de Leicester après la compétition.

Adieu
Côté français aussi, le coach s'en va. Mais Bernard Laporte sera moins regretté, c'est une certitude. Pour preuve, le futur secrétaire d'Etat aux Sports s'est ainsi fait taillé un costard sur mesure par son ex-chouchou Frédéric Michalak hier.

"Notre jeu n'a pas vraiment évolué. On a stagné depuis 2003. Il n'y a pas eu de grande évolution sur les choix tactiques," a balancé le futur joueur des Natal Sharks avant d'ajouter : "Son discours me dépassait un peu. Je n'adhérais pas complètement." Bonjour l'ambiance !

"On a gagné 17 matchs sur 20 (ndlr : depuis 2003), on est trois fois champions d'Europe en quatre ans et on est demi-finaliste du Mondial. Je voudrais que la suite soit de la même veine pour le rugby français," se borne à répondre Laporte pour se défendre.

Reste que ce Mondial est "un échec", comme l'avoue le sélectionneur. "On visait plus haut," avoue-t-il. C'est le moins que l'on puisse dire.

Pour l'honneur
Reste donc un match pour bien terminer. Pour offrir aux Pelous, Ibanez, Dominici et autres la sortie que leur carrière en équipe de France mérite. Pour offrir au public qui aura soutenu les Bleus de bout en bout autre chose qu'une déception de plus et le spectacle d'un groupe qui se disloque. Pour l'honneur, enfin. L'heure des comptes viendra après.

Composition des équipes:
France: Poitrenaud - Rougerie, Marty, Skrela, Dominici - (o) Michalak, (m) Elissalde - Dusautoir, Harinordoquy, Nyanga - Thion, Nallet - De Villiers, Ibanez (cap.), Poux. Remplaçants: Bruno, Mas, Chabal, Martin, Mignoni, Beauxis, Clerc.
Argentine: Corleto - Aramburu, M. Contepomi, F. Contepomi, Agulla - (o) Hernandez, (m) Pichot (cap.) - J. Fernandez-Lobbe, Longo, Durand - Albacete, Alvarez Kairelis - Hasan, Vernet Basualdo, Roncero. Remplaçants: Guinazu, Ayerza, Lozada, Leguizamon, Fernandez Miranda, Todeschini, Senillosa.



RWC : Un contentieux à régler

Posté par Louis Laffitte le 17.10.07 à 12:26 | tags : rwc
Battus lors du match d'ouverture par ces mêmes Pumas (17-12), les Bleus n'avaient alors pas hésité à critiquer le jeu argentin. Et la polémique, mise entre parenthèses depuis ce match, est ressortie en marge des retrouvailles entre les deux nations pour la petite finale vendredi soir au Stade de France. L'ambiance promet d'y être électrique.

Tout ça sent bon l'école maternelle! (Panoramic)La bergère critique, le berger répond
Tout avait donc débuté après le premier match du Mondial. Damien Traille avait été l'un de ceux à ouvrir le feu en regrettant que l'Argentine n'ait "pas montré grand-chose", tandis que Jérôme Thion s'en prenait carrément à l'arbitre, déplorant "un peu de laxisme" dans les mêlées ouvertes.

Piqués au vif, les Pumas avaient répondu par l'intermédiaire de leur leader Agustin Pichot dans sa chronique dans le quotidien argentin Clarin : "Les Français ne devraient pas nous critiquer. J'ai dû envoyer un texto à Dominici pour lui dire que nous n'avons piégé personne", avait alors écrit "le Petit Général" avant d'ajouter que les Français "nous ont massacrés sur le thème que nous n'avions joué à rien. C'est incroyable. Pelous a dit que l'Argentine n'avait joué à rien, n'avait rien proposé, et Dominici a déclaré qu'il était impossible de jouer au rugby quand les adversaires se jettent dans les mauls, que nous tendons des pièges tout le temps et que l'arbitre ne sifflait jamais rien. Ce sont deux joueurs emblématiques et ça nous a très durement touchés."

"On réglera ça vendredi"
A la sortie de leur demi-finale perdue face à l'Afrique du Sud, les Argentins ont montré qu'ils n'avaient pas la mémoire courte. Ainsi Felipe Contepomi a profité de la piètre performance tricolore face à l'Angleterre pour chambrer les Français : "On a beaucoup entendu les Français dirent que nous ne jouions pas à la main, mais je n'en ai pas vu beaucoup lors de leur match contre les Blacks. Et je n'en ai pas vu contre l'Angleterre. Je pense que nous avons plus joué à la main ce soir." Puis l'ouvreur de Leicester en a remis une petite couche : "De toutes façon, le rugby champagne (sic) a vécu, il me semble..."

Des déclarations qui ont rendu fou l'arrière du XV de France, Clément Poitrenaud. Ce dernier n'a pas tardé à réagir, et de manière plutôt virulente : "Contepomi, il peut parler du rugby champagne car l'Argentine ne fait que des mauls et des chandelles. Les Argentins doivent arrêter de donner des leçons. Ils ne sont pas champions du monde, nous non plus. On règlera tout ça vendredi soir."

"Il n'y a qu'un Argentin capable de pratiquer un rugby champagne, c'est Juan Martin Hernandez. Après les autres, ils font avec leurs qualités. Dans ces conditions, qu'ils ne viennent pas nous parler de rugby champagne. Les Blacks pourraient peut-être nous en parler, mais pas eux. On verra bien vendredi. Cela ne veut pas dire que je ne vais faire que des relances de 80 mètres mais les Argentins doivent arrêter de balancer sur l'équipe de France,"
a conclu le Toulousain. A bon entendeur, salut !



RWC : un match chargé de symboles

Posté par Louis Laffitte le 16.10.07 à 14:42 | tags : rwc
Bernard Laporte a annoncé ce matin sa 98ème et dernière composition d'équipe de France appelée à disputer la petite finale face à l'Argentine vendredi soir, apportant neuf changements par rapport au XV battu par l'Angleterre (14-9 ) samedi dernier.

Nick Nolte et Poitrenaud reviennent (Panoramic)La « charrette » en force
Les huit joueurs restés en tribunes pour le quart face aux Blacks et la demie face à l'Angleterre s'étaient auto-surnommés "la charrette". Comme de coutume, Laporte a décidé de les réintégrer pour le match pour la troisième place, comme titulaires ou remplaçants. Cependant, il ne s'agit pas cette fois de balancer le match comme il y a quatre ans face à la Nouvelle Zélande.

Laporte explique ainsi : "On a regardé l'état des troupes, des blessés (Jauzion, Pelous et Milloud) et on a essayé de faire la meilleure composition possible. Nous n'avons pas eu la tentation de titulariser d'entrée les huit. Nous avions la volonté de les mettre dans les 22, mais pas automatiquement dans les quinze. On n'est pas là pour faire des cadeaux."

Michalak en 10
Chez les trois-quarts, ce sont les retours de Clément Poitrenaud à l'arrière, d'Aurélien Rougerie et Christophe Dominici aux ailes et l'incorporation de David Skrela au centre qui sont les plus significatifs. Ces trois-là étaient titulaires lors du match d'ouverture et avaient par la suite payé la défaite des Bleus en étant écartés de l'équipe.

Leur incorporation pousse Damien Traille à retrouver sa position préféré, en deuxième centre, tandis que le staff a décidé de confier la conduite du jeu à la paire toulousaine Elissalde-Michalak. Ce sera d'ailleurs le dernier match en France du demi d'ouverture toulousain avant son départ pour l'Afrique du Sud chez les Natal Sharks.

Nallet revient

Pour ce qui est des avants, Fabien Pelous et Olivier Milloud, blessés, sont remplacés par Lionel Nallet et Jean-Baptiste Poux. Imanol Harinordoquy débutera le match au poste de numéro 8, flanqué de l'inamovible Thierry Dusautoir et de Yannick Nyanga, qui réintègre le groupe.

En première ligne, Poux sera accompagné de Pieter de Villiers et de Raphael Ibanez qui conservent leur place, le deuxième nommé étant naturellement capitaine.

Enfin, les quatre derniers « cocus » des phases finales - Bruno, Mas, Martin et Mignoni - seront sur le banc au coup d'envoi, avec Sébastien Chabal, Lionel Beauxis et Vincent Clerc pour les accompagner.

Dernier bal pour Laporte (Panoramic)Finir sur une bonne note
Ces 22 auront pour mission de terminer le mondial sur une bonne note comme l'a détaillé le sélectionneur : "On est là pour essayer de gagner ce match. On veut bien finir la compétition, tout simplement. C'est un match qu'il faut jouer à fond, avec toute la détermination, la fierté, l'envie de gagner qu'il faut avoir sur un terrain de rugby. On sent les joueurs meurtris, mais on sent aussi qu'ils ont envie de passer à autre chose, de rejouer."

Une fois la rencontre terminée, il sera temps pour le futur secrétaire d'Etat de tirer un trait sur sa carrière rugbystique: "J'ai le coeur un peu lourd, oui, mais je veux accompagner les joueurs une dernière fois. Il y a eu de belles choses dans cette Coupe du monde. Ce n'est pas mon match, c'est d'abord celui de Raphaël, de Fabien, de Christophe... Je ne leur demanderai jamais de jouer pour moi, ils ne sont pas là pour me faire plaisir. Maintenant je dois mettre un peu le rugby de côté."

Vendredi soir, en plus d'une victoire à conquérir pour atténuer le goût amer de la terrible désillusion face aux Anglais en demi-finale, les Bleus auront aussi des gens à remercier de les avoir soutenus, des supporters à saluer, une organisation à honorer, et une revanche à prendre face aux Pumas après la défaite du premier match (17-12). Pas un match à prendre à la légère donc.

Pour le manager des Bleus Jo Maso, ce ne sera pas "un match banal, contre l'Argentine, on compte sur ça pour nous remotiver par rapport à la demi-finale. On veut retrouver la victoire contre eux, et montrer qu'on peut les battre. C'est quand même formidable d'aller chercher cette troisième place, avec cette fois-ci une vraie symbolique." Sous entendu, pas comme en 2003...

Le XV de France: Poitrenaud, Rougerie, Traille, Skrela, Dominici, Michalak (0), Elissalde, Dusautoir, Harinordoquy, Nyanga, Thion, Nallet, De Villiers, Ibanez (c), Poux. Remplaçants : Bruno, Mas, Chabal, Martin, Mignoni, Beauxis, Clerc.

 




RWC : Accusés, levez-vous !

Posté par Louis Laffitte le 15.10.07 à 15:00 | tags : rwc
On a beau retourner le problème dans tous les sens, les faits sont têtus : la France a raté sa Coupe du Monde. Alors que tous les voyants étaient au vert - préparation spéciale, compétition jouée à domicile, énorme soutien populaire - les Bleus sont passés complètement à côté du sujet. Deux jours après la défaite face aux Anglais en demi-finale (14-9), les langues commencent à se délier et l'heure est au bilan. Forcément mauvais et sans concessions pour le sélectionneur Bernard Laporte.

Bêêêêêêê... (Panoramic)Stratégie inadaptée
Si les 22 joueurs sélectionnés face à la Nouvelle Zélande avaient parfaitement rempli leur mission en réalisant l'exploit d'éliminer les Blacks, ils le devaient notamment à la tactique parfaite mise en place par Laporte et son staff. Face aux Kiwis, l'idée était d'occuper le terrain au pied, de défendre becs et ongles et ensuite profiter des rares opportunités pour planter des points en contre. Ce fut fait avec brio, les essais de Thierry Dusautoir et Yannick Jauzion validant la stratégie prédéfinie ; les Tricolores signant l'une des plus belles victoires de l'histoire du rugby français.

Conserver la même équipe pour la demi-finale face à l'Angleterre n'était pas forcément une mauvaise idée, surtout que les joueurs eux-mêmes n'ont pas fait part de quelconques problèmes de récupération physique. Mais décider d'employer le même plan de jeu face aux Anglais était une erreur monumentale, compte tenu du fait que la lourdeur des joueurs anglais dictait une prise de risques plus importante.

Nos adversaires samedi soir s'en étonnèrent d'ailleurs eux-mêmes. "Si les Français étaient venus nous chercher dans les vingt premières minutes, on aurait eu du mal et ça n'aurait pas été le même match," avoue le centre anglais Mike Catt. "Mais ils ont tapé, tapé ! Je pensais qu'ils courraient plus avec le ballon."

Interrogé sur le sujet, Laporte s'est défendu d'un vague "notre stratégie n'était pas seulement d'occuper le terrain." Alors à qui la faute ? Au sélectionneur pour avoir mal guidé ses joueurs, ou aux joueurs eux-mêmes pour ne pas avoir su adapter leur jeu en fonction du déroulement du match ?

Pour Frédéric Michalak, pas de doutes, le staff est responsable : "Les joueurs appliquent les consignes. On leur dit de taper dans un ballon, ils tapent dans un ballon. Ca a fonctionné contre les Blacks parce qu'eux essayent toujours de faire un exploit. Les Anglais ne cherchent pas l'exploit, ils nous renvoient le ballon et attendent l'erreur. Il fallait jouer autrement," assène le futur ouvreur des Natal Sharks.

Pourtant le même Michalak dit aussi : "Une fois que tu es sur le terrain, l'entraîneur ne compte plus. C'est à toi de prendre les décisions."

Tout cela est un peu cacophonique... Ce qui est clair, c'est que le staff s'est trompé de stratégie et que les joueurs, tels des petits moutons dociles, ont été incapables de modifier quoique ce soit. Or, les grands joueurs sont ceux qui savent prendre les initiatives que le jeu ou le déroulement d'un match imposent. Sur ce que l'on a vu samedi, l'équipe de France n'a pas de grands joueurs.

Laporte crispé, on le serait à moins (Panoramic)Où est passé le French Flair ?
Mais pour certains, le problème est plus profond. Ce n'est pas que les joueurs n'ont pas pensé à élargir le jeu qui constitue le problème, c'est qu'ils ne savent plus comment faire. Et de pointer automatiquement Laporte comme étant le grand destructeur du jeu à la française.

"On a pratiqué un jeu restrictif. On n'a pas utilisé notre potentiel. On avait les moyens d'être champions du monde mais on n'a pas joué le rugby, créatif et identitaire, qui fait notre force," accuse ainsi Pierre Villepreux, ancien sélectionneur tricolore et théoricien du jeu d'attaque reconnu mondialement.

Ancien international, Olivier Magne pointe lui le fait que les Français aient joué "contre nature". "On n'avait pas de style de jeu bien défini. Samedi, on jouait dix minutes comme des Français, puis on revenait à dix minutes technico-tactique," analyse celui qui était de la demi-finale victorieuse face aux Blacks de 1999.

Si taper sur Laporte aujourd'hui s'apparente à tirer sur une ambulance, force est de reconnaître que le futur secrétaire d'Etat aux Sports n'aura pas créé de style de jeu bien définissable en huit ans de présence à la tête des Bleus. Certes, son passage aura permis à la France de faire d'immenses progrès en défense et dans la discipline, mais son jeu d'attaque s'en est trouvé sacrifié.

Après avoir regardé les nations du Sud comme l'exemple suprême, sans pour autant disposer du talent individuel des Blacks par exemple, puis avoir copié le modèle anglais, Laporte aura enfermé ses joueurs dans un jeu sans ambition et surtout inadapté à la spécificité française.

Le jeu offensif n'est-il pas la marque de fabrique du Stade Toulousain, plus grand club français des vingt dernières années ? A quoi pouvait bien servir Elissalde, Michalak, Jauzion, Heymans, Clerc ou Poitrenaud si c'était pour leur demander de taper dans tous les ballons ?

Aujourd'hui le constat d'échec est lapidaire - même une victoire face à l'Argentine dans la petite finale ne pourrait le rendre plus doux - et la reconstruction à entreprendre immense. Surtout, les amoureux de l'équipe de France que nous sommes ne pourront nous contenter des seuls "ça s'est joué à pas grand-chose" (Laporte) et "on a surtout manqué de chance" (Michalak) avancés hier pour justifier cet immense fiasco. L'occasion de rentrer dans la légende était unique, ils l'ont gâché lamentablement.



RWC : Afrique du Sud v Argentine - Présentation

Posté par Louis Laffitte le 12.10.07 à 17:00 | tags : rwc
Dimanche soir au Stade de France, l'Afrique du Sud rencontre l'Argentine pour la deuxième demi-finale de la Coupe du Monde. Un match qui s'annonce rude entre deux équipes friandes des combats d'avants et qui a déjà débuté en coulisses à coups de déclarations.

Du Preez n'a pas hésité à allumer Pichot (Panoramic)La guerre des nerfs
Passés tout près de la catastrophe face aux Fidji en quarts (37-20), les Sud-Africains se présentent pourtant en favoris pour leur match face à l'Argentine. Plus expérimentés que leurs adversaires en Coupe du Monde puisque vainqueurs de l'épreuve en 1995, les Springboks n'ont pas hésité à entamer une guerre des mots pour déstabiliser les Argentins.

Fourie du Preez, le demi de mêlée des Boks, s'en est ainsi pris à son homologue argentin, Agustin Pichot : "Il est irritant, il est toujours en train d'essayer de te faire sortir de tes gonds. Il est le genre de joueur qui ne vous quitte pas du match."

Mais les Pumas ne sont pas du genre à se laisser faire, à l'image de l'arrière Ignacio Corleto, qui n'a pas hésité à mettre en exergue "l'arrogance" de ses homologues : "C'est leur faiblesse. Ils disent toujours qu'ils sont les meilleurs."

Bien que l'Argentine n'ait jamais battu les Boks, l'arrière du Stade Français prévient : "Nous allons gagner. L'Argentine ne se laissera pas marcher dessus. Nous ne les avons encore jamais battus, mais c'est la Coupe du monde. Les statistiques ne veulent plus rien dire. Il y aura bien une première fois, et ce sera dimanche, avec un peu de chance..."

Puis Corleto s'est livré à une analyse du jeu de ses homologues : "Leur jeu est physique, mais pas parce qu'ils sont en meilleure forme. Parce qu'ils sont supérieur en un contre un. C'est comme ça qu'ils vous battent mentalement."

Ca tombe bien, le mental est justement le point fort des Argentins. En guerre contre tout et tout le monde, les Pumas se nourrissent du manque de reconnaissance dont ils estiment souffrir pour renverser des montagnes. Et leur jeu laisse admiratif le deuxième ligne sud-af' Bakkies Botha: "J'adore leur façon à jouer. Ils articulent leur jeu autour des avants. Nous savons les Argentins passionnés. Ils vont être agressifs, ils vont essayer de nous rentrer dedans. Je suis comme un gamin, je n'arrive pas à dormir, je suis si impatient d'y être."

Méfiance donc pour les Sud-Africains, même si leur entraîneur Jake White est persuadé que sa formation atteindra la finale. "Je suis plein de confiance avant la demi-finale. Si on m'avait demandé il y a quelques temps si je voulais affronter l'Argentine, j'aurais dit oui. C'est un pays que l'on a toujours battu."

Pichot-Hernandez, une charnière redoutable (Panoramic)Hernandez, le danger
Favoris, les Springboks devront toutefois faire attention Juan Martin Hernandez. Nous n'avons cessé le répéter sur Flu depuis le début de cette Coupe du Monde, Hernandez est le meilleur joueur du monde et il peut faire basculer une rencontre à tout moment.

Conscients du danger, Butch James et les siens se méfient. "C'est le meilleur joueur du monde. Il est le joueur le plus doué, le plus complet. Il a un coup de pied énorme, de bonnes mains, de bons appuis, il est rapide : il a tout," a ainsi affirmé l'ouvreur bok.

Mais ce dernier n'est pas inquiet. "J'ai l'incroyable Schalk (Burger) à mon intérieur et il y a aussi Francois (Steyn) à l'extérieur. Je ne m'inquiète pas. On va pouvoir s'en occuper," avance un James confiant.

On s'attend en tout cas à une rude bataille sur la pelouse de St Denis, à l'image d'un Mondial qui aura remis les avants au centre du jeu. Grosses mêlées, rucks de barbares, plaquages désintégrants, chandelles... On aura droit à tout ça. Et seule l'équipe qui sera encore debout à la fin des 80 minutes atteindra la finale. Ca promet !

Les 22 Sud-Africains: Montgomery - Pietersen, Fourie, Steyn, Habana - (o) James, (m) Du Preez - Smith, Rossouw, Burger - Matfield, B. Botha - Van der Linde, Smit (cap.), Du Randt. Remplaçants : B. Du Plessis, J. Du Plessis, Muller, Skinstad, Pienaar, Pretorius, Oliver.

Les 22 Argentins: Corleto, Borgès, M. Contepomi, F. Contepomi, Agulla - (o) Hernandez, (m) Pichot - J.M Fernandez-Lobbe, Longo, Ostiglia - Albacete, C.I Fernandez-Lobbe - Scelzo, Ledesma, Roncero. Remplaçants : Vernet Basualdo, Hasan, Alvarez-Kairelis, Leguizamon, Fernandez Miranda, Todeschini, Tiesi.

 




RWC : France v Angleterre - Présentation

Posté par Louis Laffitte le 12.10.07 à 14:05 | tags : rwc
La France retrouve son ennemi préféré l'Angleterre en demi-finales de la Coupe du Monde pour un « crunch » dont personne n'aurait osé rêver il y a encore une semaine. Vainqueurs respectivement de la Nouvelle Zélande (20-18) et de l'Australie (12-10), les deux nations majeures de l'Hémisphère Nord écriront samedi soir au Stade de France une nouvelle page de leur mythique affrontement.

2003 ou quand l'Angleterre humilie les Bleus en demi-finales du Mondial (Panoramic)Une histoire riche
Jamais anodin, un match entre la France et l'Angleterre a toujours un petit air de revanche.

Pour les Français, il s'agit de se venger de l'humiliation subie en demi-finale en 2003 (24-7), de faire payer à la Perfide Albion son plan anti-Blanco de 1991 qui se solda par un triomphe anglais sur la pelouse du Parc en quarts du Mondial 1991 (19-10), ou encore de mettre les choses au point après que les joueurs de Brian Ashton nous aient privé du Grand Chelem en mars dernier en gagnant à Twickenham (28-19).

Les Sujets de Sa Gracieuse Majesté, eux, se souviennent sûrement de notre victoire dans la petite finale de la Coupe du Monde 1995 (19-9) conclue sur un ironique « Good game Will » à l'attention de Carling, de la victoire bleue à Twickenham du Tournoi 2005 acquise "à l'anglaise" grâce à la botte de Dimitri Yachvili alors qu'ils avaient dominé tout le match (18-17), ou bien de nos deux victoires en matchs de préparation à Londres (21-15) et Marseille (22-9).

Plus généralement, et en versant quelque peu dans la caricature, il s'agit de l'affrontement entre deux philosophies, deux démocraties, deux modes de vie, deux visions du monde : le pragmatisme anglais face au romantisme français.

Si depuis le tournant des années 2000, la différence entre les deux nations s'est nivelée, à coup de transferts de joueurs de chaque côté du Channel (Ibanez, Bruno, Chabal, Castaignède entre autres en Angleterre ; Freshwater par exemple à Perpignan), d'évolution du jeu chez les deux équipes - la France a découvert les vertus du jeu au pied quand l'Angleterre a progressé dans le jeu au large - un choc entre Anglais et Français sera toujours spécial.

Surtout en demi-finales de Coupe du Monde. D'où l'enjeu du match de demain. L'Angleterre, première équipe du Nord vainqueur de la compétition en 2003, rêve d'empêcher ces satanés « froggys » de les rejoindre au palmarès. La France, elle, nation majeure du monde du rugby depuis toujours, se trouve devant sa plus belle chance d'inscrire enfin son nom sur la coupe William Webb Ellis.

Respect mutuel
Signe que les temps ont changé, loin des affrontements sanglants du passé, un respect mutuel s'est installé entre les deux équipes. "Nous avons un respect sincère pour la France," déclare ainsi le No8 anglais Lawrence Dallaglio. Jonny Wilkinson, lui, couvre de louanges Lionel Beauxis : "C'est clairement un sacré joueur. Il faut avoir du talent pour savoir gérer la pression aussi jeune, supporter un tel poids et rester suffisamment calme pour donner une direction au jeu. Ce n'est pas forcément quelque chose que je savais faire à son âge. Ce qui en dit long sur lui, également, ce sont les noms des joueurs (Skrela et Michalak) qu'il supplante pour être titulaire à son poste."

Dans le même temps, Fabien Pelous se lance dans un éloge des joueurs à la Rose : "Ils sont étonnants, ces Anglais. Ils ont une confiance en eux incroyable, qui parfois dérange parce que ça peut paraître hautain. C'est toujours compliqué contre eux, c'est un adversaire particulier. Depuis que je joue en équipe de France, on se dispute le leadership européen. Mais j'aime bien leur pragmatisme. Ce ne sont pas forcément les meilleurs joueurs, ceux qui jouent le mieux au rugby, mais ils croient en eux. Ils savent analyser leurs forces et leurs faiblesses, et ils jouent tout le temps sur leurs forces. C'est là qu'ils sont forts: ils arrivent à t'amener sur leurs forces."

Quand on vous dit que ce match sera une vraie baston... (Panoramic)Bataille à l'ancienne
C'est d'ailleurs exactement ce qu'ils ont fait face à l'Australie en quarts. S'appuyant sur leur redoutable pack et le jeu au pied de Jonny Wilkinson, les Anglais avaient littéralement broyés les joueurs des antipodes.

La France, qui sort d'un rude bataille face aux Blacks, est donc prévenue. Si elle veut se qualifier pour la finale, elle devra mener un combat sans merci et sans doute sans précédent. Il n'y aura pas de pitié sur la pelouse du Stade de France. Une baston à la vie, à la mort comme on en jouait d'antan et qui ont si souvent mal réussi aux Français.

Mais cette fois, on peut avoir confiance en les hommes de Bernard Laporte, qui excellent en défense grâce à la science que leur inculque David Ellis, un... Anglais. Ces Bleus-là aiment la lutte d'homme à homme, et les Anglais trouveront du répondant à leur défi physique. Toujours capital, les phases de conquête seront une fois de plus déterminantes. Il s'agira de résister à la mêlée anglaise, d'assurer les ballons en touche puis d'occuper le terrain au pied avant de planter les banderilles décisives. Comme face aux Kiwis.

Soutenus par toute une nation emportée par la fièvre du ballon ovale, les Bleus sont prêts. Une finale sur leur sol serait une récompense à la hauteur du défi qui les attend face à leur meilleur ennemi.

Les 22 Français : Traille - Clerc, Marty, Jauzion, Heymans - (o) Beauxis, (m) Elissalde - Dusautoir, Bonnaire, Betsen - Thion, Pelous - De Villiers, Ibanez (cap.), Milloud. Remplaçants: Szarzewski, Poux, Chabal, Harinordoquy, Michalak, Dominici, Poitrenaud.

Les 22 Anglais : Robinson - Sackey, Tait, Catt, Lewsey - (o) Wilkinson, (m) Gomarsall - Moody, Easter, Corry - Kay, Shaw - Vickery (cap.), Regan, Sheridan. Remplaçants: Chuter, Stevens, Dallaglio, Worsley, Richards, Flood, Hipkiss

Pour le plaisir, deux essais énormes marqués par la France face à l'Angleterre. D'abord, philippe Saint-André en 1991, puis Sébastien Chabal en 2007 en match de préparation à Londres:




RWC : les mêmes et huit cocus

Posté par Louis Laffitte le 10.10.07 à 11:49 | tags : rwc
Bernard Laporte et le staff de l'équipe de France ont choisi de conserver les mêmes 22 joueurs victorieux de la Nouvelle Zélande (20-18) en quarts de finale de la Coupe du Monde, pour affronter l'Angleterre en demies. Au vu de leur performance face aux All-Blacks, cette décision paraît logique, et ce même si elle met à mal la politique du "on gagne à trente".

On prend les mêmes et on recommence (Panoramic)Même équipe, même stratégie ?
Glorieux vainqueur des Kiwis avec une stratégie parfaitement huilée, Laporte et ses conseillers ont donc choisis de reconduire la même équipe et sans doute la même tactique, sur le mode du « on ne change pas une équipe qui gagne ». Une décision pas forcément surprenante si l'on considère que les Anglais présentent à peu près les mêmes points forts que les Blacks : un pack puissant et conquérant, un jeu au pied performant avec le gauche de Jonny Wilkinson et le droit de Mike Catt et un triangle d'attaque très dangereux (Lewsey, Robinson, Sackey).

On peut donc s'attendre au même début de match avec beaucoup de jeu au pied d'occupation et une agressivité de tous les instants au plaquage et dans les rucks. Mais pas seulement. Parce que le staff tricolore n'aura pas manqué de remarquer que l'Australien Stirling Mortlock a troué la défense anglaise une fois sur deux au milieu du terrain en quarts, là où officient Catt et Tait. Or, si l'on considère que la touche française sera plus performante samedi qu'à Cardiff (6 ballons perdus), les Bleus devraient disposer de ballons d'attaque intéressants à jouer.

Surtout qu'outre une faille au centre de leur défense, les Anglais, qui excellent dans les rucks, ont aussi montré leurs limites dans le replacement défensif et la défense sur les extérieurs. On se souvient par exemple que Sackey dû sauver une situation de quatre contre un face à l'Australie en se précipitant pour intercepter le ballon de justesse.

En clair, la France devrait débuter le match « à l'Argentine » en tapant une majorité de ballons, d'où les confiances maintenues à Lionel Beauxis et Damien Traille à l'arrière, en vue d'exploiter tous les ballons d'attaque possibles, notamment sur des touches que l'adversaire aura été obligé de concéder. A partir de l'heure de jeu, il sera toujours temps d'envoyer la cavalerie (Szarzewski, Chabal, Michalak et autres) pour s'assurer définitivement une place en finale.

Nick Nolte ne jouera pas contre l'Angleterre (Panoramic)Les huit cocus
En choisissant de garder la même équipe pour jouer face aux Anglais, le comité de sélection tricolore a fait des huit joueurs écartés face aux Kiwis et face à l'Angleterre, les cocus de l'histoire. Certains parmi les Bruno, Mas, Nallet, Nyanga, Martin, Mignoni, Skrela et Rougerie auraient ainsi le droit de se sentir floués.

Si Bruno et Mas savent qu'ils ne joueront qu'en cas de blessure et ne peuvent donc avoir de regrets, Nallet, considéré comme le meilleur deuxième-ligne français doit trouver la pilule difficile à avaler. Mais comment enlever la poutre Thion, l'indispensable Pelous ou le parfait « impact player » Chabal ?

Nyanga et Martin, eux, payent la performance grandiose de Dusautoir face aux Blacks et le rétablissement express de Betsen, autant que l'excellente rentrée d'Harinordoquy au pied levé. Mignoni, à moitié blessé, ne pouvait pas décemment prétendre à une place, mais Skrela, excellent à Twickenham en match de préparation, aurait pu trouver un strapontin sur le banc. Quant à Rougerie, il semblait avoir une chance de prendre la place d'Heymans, un tantinet décevant face aux Blacks, mais sans doute pas suffisamment pour en faire le seul sacrifié des 22.

Tous en finale

Malgré cette politique de continuité, le staff ne manquera pas de rappeler dans les jours qui viennent le rôle prépondérant de ces huit hommes en costard dans la préparation du match. Une façon de préserver le fameux « on gagne à trente », qui s'il sonne un peu faux aujourd'hui, demeure le symbole d'un groupe uni lancé à toute blinde vers la conquête du titre mondial.

Quoi qu'il en soit, le choix d'avoir conservé les mêmes joueurs n'est pas une hérésie, tant il semble nous donner une excellente chance de bouter la Perfide Albion hors de la compétition. Alors, allez les Bleus, sus aux Anglais !

LE XV DE FRANCE :

Traille - Clerc, Marty, Jauzion, Heymans - (o) Beauxis, (m) Elissalde - Dusautoir, Bonnaire, Betsen - Thion, Pelous - De Villiers, Ibanez (cap.), Milloud. Remplaçants: Szarzewski, Poux, Chabal, Harinordoquy, Michalak, Dominici, Poitrenaud.



RWC : Laporte grince

Posté par Louis Laffitte le 09.10.07 à 11:14 | tags : rwc

On le sait bien, les gagnants ont toujours raison. Et ceux qui ont eu l'outrecuidance de critiquer avant, en prennent souvent pour leurs grades après. Oubliés donc les maillots de l'équipe de France surtaxés vendus sur son site personnel, oubliée la lettre de Guy Moquet lue dans les vestiaires avant la rencontre face à l'Argentine, oubliées les accointances avec Nicolas Sarkozy et sa bande (Que faisait le Président sur la pelouse de Cardiff après le match ???), Bernard Laporte est aujourd'hui le roi du monde après la victoire des Bleus face à la Nouvelle Zélande.

Règlements de comptes
Et « Mad Bernie » a profité de cet état de grâce pour régler ses comptes. Principaux visés, tous les anciens joueurs et/ou journalistes qui auraient eu le culot de remettre en cause ses choix. Solidaire du sélectionneur, les joueurs avaient fait déposer dans la salle de presse de Marcoussis, deux jours avant le France -Géorgie à Marseille, leur sélection personnelle, baptisée "XV des amnésiques et des raisonnements". Anciens internationaux, devenus consultants, ainsi que des journalistes figuraient dans cette équipe virtuelle, dont le capitanat avait été attribué à l'ex-pilier du XV de France Laurent Benezech.

Dès la fin du match, au micro de TF1, le sélectionneur des Bleus a ouvert le feu : "Les joueurs ont subi beaucoup de choses indécentes de la part d'anciens joueurs qui oublient. Alzheimer, ça arrive plus jeune qu'avant. C'est l'évolution de la société."

Invité le lendemain sur l'antenne de RMC, le futur Secrétaire d'Etat aux Sports en a remis une couche : "Je n'aime pas la France qui passe son temps à critiquer. Je veux un pays solidaire. On a vu 25 000 français enthousiastes à l'idée qu'on allait faire un grand match. Ils ont fait un déplacement qui coûte cher. On les en remercie. C'est cette France qu'on aime. Dans la bouche de certains anciens, il y a du fiel qui se dégage. Nous n'aimons pas les gens aigris."

Avant d'enchaîner derrière : "Je suis responsable de cette équipe. Mes joueurs, je vais les défendre becs et ongles. Ceux qui ont dit que Pelous et Ibanez ne devaient pas jouer, qu'est-ce qu'ils font aujourd'hui ? On sait très bien que ces gens n'ont pas envie de nous voir gagner face à l'Angleterre. Au moins, nous sommes prévenus, tous les français ne sont pas derrière nous. Je suis peut-être idéaliste mais je pensais que tous les français souhaitaient la victoire pour Coupe du Monde. Apparemment, ça ne semble pas être le cas..."

Jacquet is back
Une posture digne des grandes heures d'Aimé Jacquet qui, lui aussi, avait profité de sa victoire en Coupe du Monde pour lancer un cinglant "je ne pardonnerais jamais... Jamais," à l'attention des journalistes du quotidien L'Equipe, qui avait été jusqu'à l'attaquer personnellement.

Si l'on peut comprendre la rage qui habite Laporte et ses joueurs, et le surcroît de motivation qu'ils ont dû tirer de certaines critiques - "J'entends les joueurs parler entre eux. Je sens que s'ils en parlent, c'est que ça les ennuie que d'anciens partenaires parlent comme ça" (Laporte encore) - on peut toutefois regretter que le coach français n'ait pas pris plus de hauteur en s'abstenant de régler ses comptes.

Après tout, la seule chose qui importe, c'est que la France soit en demi-finale de "sa" Coupe du Monde face à l'Angleterre. Le reste, franchement, on s'en fout.




RWC : Pour un duel Nord-Sud en finale

Posté par Louis Laffitte le 08.10.07 à 11:47 | tags : rwc
L'Afrique du Sud, en se débarrassant des Iles Fidji (37-20), et l'Argentine, qui a dominé l'Ecosse (19-13) et s equalifie pour la première fois à ce stade de la compétition, ont rejoint la France et l'Angleterre en demi-finales de la Coupe du Monde. Il y aura donc une demi-finale 100% Hémisphère sud et un duel de géants du Nord. Avant une finale Nord-Sud qui promet déjà.

Wilkinson a le sourire, on le comprend (Panoramic)L'Angleterre ne meurt jamais
Samedi après-midi, sous le soleil de Marseille, les Anglais ont donné une nouvelle fois la preuve de leur exceptionnelle force de caractère. Qualifié au prix de deux matchs couperets remportés face aux Samoa et aux Tonga, les Anglais n'ont fait qu'une bouchée d'une décevante équipe d'Australie qui n'a pas su répondre au défi physique imposé par le XV de la Rose.

Si les Australiens ont inscrit le seul essai du match par Lote Tuqiri à la 33ème minute, la botte du génie anglais Jonny Wilkinson, pourtant peu en verve avec un 4 sur 7 aux tirs, a offert une qualification qui semble logique vu la domination anglaise.

Gregan, Larkham : triste sortie
Brian Ashton avait donc construit une équipe basé sur le combat d'avants, et combat d'avants il y eût. Mais les Australiens, broyés en mêlée, et qui ont bénéficié d'une certaine mansuétude de l'arbitre Mr. Honiss, n'avait pas la clé pour contrecarrer les avancées anglaises.

"Je pense qu'on a eu du mal à gérer la pression des Anglais, notamment dans les points de contact, qui étaient durement contestés. Nous n'avons pas été aussi réguliers qu'eux dans ce secteur. On a essayé d'avoir la balle et de jouer derrière mais ils défendaient bien. On s'attendait à être défié et on l'a été," analysait après la rencontre George Gregan, capitaine wallaby, qui tire tristement sa révérence sur cet échec et 139 sélections.

On ne reverra pas non plus son compère Stephen Larkham, sans doute l'un des plus grands ouvreurs des l'histoire du jeu, blessé pour ce quart, et qui quitte donc la scène internationale par la petite porte. Avec Berrick Barnes, à l'aise samedi mais qui n'a pu empêcher le naufrage australien, l'Australie a déjà son remplaçant. Maigre consolation.
Les tenants du titre, eux, rencontreront donc la France pour une revanche de la demie perdue par les Bleus en 2003. Ca promet !

Les Fidji quittent la Coupe du Monde la tête haute (Panoramic)Fidji, merci !
Dimanche, ce sont l'Afrique du Sud et les Fidji qui s'affrontaient au Stade Vélodrome. A priori le duel le plus déséquilibré de ces quarts de finale, et le seul entre nations du Sud, il a donné lieu à un match épique dont les Boks sont sortis vivants non sans avoir frôlé la catastrophe.

Dominateurs en début de rencontre face à des Fidjiens brouillons, les hommes de Jake White prenaient rapidement le score et menaient logiquement 13-3 à la mi-temps grâce à deux essais de Jaque Fourie (14') et John Smit (35').

Mené 20-6 après un nouvel essai de Jon-Paul Pietersen à la 50ème minute, puis réduits à quatorze dans la foulée suite à l'exclusion temporaire de Seru Rabeni, les Fidjiens offraient alors au public du Stade Vélodrome un quart d'heur de hourrah-rugby qui rendaient fous les Boks.

En deux minutes (57' et 58'), Delasau et Bobo aplatissaient deux essais transformés par Bai et les joueurs du Pacifique revenaient à hauteur dans un stade en folie (20-20). Mais, à ce niveau, les erreurs se payent cash, et les Fidjiens, qui laissèrent passer deux occasions énormes d'essais dans les cinq minutes qui suivirent, durent rendre les armes dans les dix dernières minutes.

Grâce à un bon travail du pack, les Boks s'offraient deux essais supplémentaires par Juan Smith (69') et Butch James (80'), et se qualifiaient ainsi pour le dernier carré. Au coup de sifflet final, les Fidjiens recevaient l'ovation du public marseillais et goûtaient à un tour d'honneur bien mérité, tandis que le soulagement se lisait sur les visages sud-africains.

Le capitaine Smit avouait être content "de sortir vivant d'un match comme celui-ci." Avant de mettre en garde : "Nous avons l'expérience de ce genre de situation, mais il ne faut pas que ça se produise à nouveau."

Les Springboks devront en tout cas montrer autre chose en demies face aux Argentins s'ils veulent atteindre leur deuxième finale après 1995.

L'Argentine est en demies pour la première fois (Panoramic)L'Argentine au forceps
Dernier duel de ces quarts, cet Argentine-Ecosse n'aura pas, et de loin, offert le même spectacle que ses prédécesseurs. Entre des Pumas toujours portés sur le jeu au pied et des Ecossais sans imagination, le spectacle fut bien terne. Seul ravissement pour les yeux, le jeu de Juan Martin Hernandez, qui a encore prouvé hier qu'il était un candidat plus que sérieux au titre de meilleur joueur du monde.

Menés 13-6 à la pause après un essai de Longo consécutif à un coup de pied contré, les Ecossais auront jeté toutes leurs forces en bataille lors d'un deuxième acte un peu plus animé. L'essai de Chris Cusiter à la 63ème minute aurait même pu faire basculer la rencontre, les Ecossais revenant à 19-13 à cet instant-là, mais les Argentins, en parfaits gestionnaires, s'assuraient la victoire en fin de match grâce à une défense solide.

"Nous voulons écrire l'histoire, en jouant bien ou mal, mais toujours avec le cœur," avouait le capitaine Agustin Pichotaprès la rencontre. Avec cette première qualification en demi-finales, c'est déjà fait, mais les Pumas ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Les Sud-Africains sont prévenus.

 

 

 




RWC : ces Bleus sont géants

Posté par Louis Laffitte le 07.10.07 à 19:24 | tags : rwc

Formidable équipe de France. Samedi soir à Cardiff, les hommes de Bernard Laporte se sont qualifiés pour les demi-finales de la Coupe du Monde en battant la Nouvelle-Zélande 20-18 au terme d'un combat épique. Les Français peuvent maintenant se préparer à affronter leur meilleur ennemi, l'Angleterre, pour une place en finale dans une semaine. Quant aux Blacks, ils sortent tête basse d'une compétition dont ils étaient les immenses favoris.

Jauzion a marqué, le match a tourné (Panoramic)Le tournant
69ème minute : Imanol Harinordoquy sort proprement le ballon d'une mêlée pour une fois maîtrisée par les Français, transmet à Damien Traille. Aux côtés du Biarrot, Frédéric Michalak, tout juste entré en jeu, tend le bras pour indiquer l'intervalle à son coéquipier. Alors Traille s'engouffre, résiste à un double plaquage, et transmet (légèrement en-avant) à hauteur à Michalak. Percée de 40 mètres, volte pour chercher du soutien, offrande pour Yannick Jauzion accouru à la rescousse et plongeon libérateur dans l'en-but. 18-18. Beauxis qui passe la transformation, 20-18. Et la France prend la tête au score pour la première fois.

Voilà l'action qui aura fait basculer ce quart de finale de titans. Une action de grande classe. Une action où Michalak aura montré tout son génie. Une action qui récompense la résistance héroïque des Français tout le match durant, devant les coups de boutoir des monstres néo-zélandais.

Inquiétude
Incroyables Français que l'on avait rêvés capables d'un tel exploit, mais sans trop y croire. Pourtant à 13-3 pour les Blacks à la mi-temps, c'était plutôt l'idée d'une défaite honorable à défendre qui germait dans les esprits de tous. Tous sauf les joueurs et le staff.

"On devait jouer nos quarante minutes parmi les plus importantes de notre vie. Il fallait croire en nous. Et on a cru en nous,"
lâcha après la rencontre le capitaine tricolore Raphael Ibanez. Bravo, bravo et encore bravo.

Car la facilité avec laquelle Luke McAlister avait déchiré le rideau bleu pour aller aplatir le premier essai du match à la 17ème minute n'était pas très rassurante. Pas plus que ne l'étaient les deux pénalités ratées par Lionel Beauxis et Jean-Baptiste Elissalde. Ou encore ce drop mal ajusté en bonne position par Traille.

La victoire de tout un groupe (Panoramic)Tactique payante
Mais ces Bleus ont un mental de fou. Ils avaient sentis que Daniel Carter n'était pas au mieux. Ils avaient confiance en l'apport de cas joueurs venus du banc qui allaient faire la différence, les Chabal, Szarzewski Dominici ou Michalak. Ils savaient aussi que leur plan de jeu était le bon et que des occasions finiraient bien par se présenter. C'est exactement ce qui s'est passé.

Comme à la 54ème minute sur cette relance de nulle part amorcée sur un renvoi aux 22 joué rapidement par Harinordoquy, qui déboucha, 80 mètres plus loin, sur le premier essai français de Thierry Dusautoir. Les Français, revenus à hauteur (13-13), craquaient pourtant dix minutes plus tard après une séquence hallucinante de pick and go des Blacks conclue par Rodney So'oialo derrière la ligne. Mais McAlister, gêné par Clerc, ratait la transformation et l'espoir restait vivant (18-13, 63').

Vint alors cette action exceptionnelle de ces Bleus, dans la plus pure tradition du French Flair d'antan. Un French Flair qui semblait avoir été oublié aux vestiaires pendant une première mi-temps aux innombrables ballons tapés, mais qui fut ressorti quand il le fallait.

Comme un symbole, Carter sort la tête basse (Panoramic)Les Blacks ont craqué
Parce qu'il avait compris qu'ils ne battraient pas les Blacks la fleur au fusil, les Bleus avaient donc choisi d'enfiler le bleu de chauffe, et d'attendre le bon moment. Ils appliquèrent leur scénario à la lettre, et ça a marché. Même si les dernières minutes furent une véritable torture avec des Kiwis campés dans les 22 français.

Mais les Blacks avaient déjà craqué mentalement, eux qui furent incapables de penser à tenter un drop qui auraient pu leur offrir la qualification. Quand McAlister le tenta enfin des 50 mètres, c'était avec l'énergie du désespoir. Le désespoir d'une nation toute entière, plongée une fois encore à cause des Bleus dans un deuil national qui durera plusieurs jours. Voire même quatre ans.

Alors, certes les "All-Greys" eurent le ballon 77% du temps. Certes les Français durent plaquer plus de 200 fois, contre moins de 50 pour les adversaires. Certes les Français perdirent six ballons sur leurs lancers en touche. Mais tant pis si toutes ces stats rappellent un certain France-Ecosse de foot, mais à l'envers.

Quel pied...
De tout façon, les Bleus n'en ont cure. Ce sont eux qui ont gagnés, à la régulière. Et comme le dit Laporte, "on n'est peut-être pas la meilleure équipe du monde, mais on est encore en course." A partir de demain, il sera temps de penser à cette demi-finale face à l'Angleterre, qui a battu l'Australie (12-10) en se montrant impressionnante. Mais ne boudons pas notre plaisir pour l'instant et profitons de cet immense joie que nous ont offerts ces trente mecs fabuleux. Franchement, rarement gueule de bois aura été aussi agréable...

 




RWC : France v Nouvelle Zélande - Présentation

Posté par Louis Laffitte le 05.10.07 à 16:56 | tags : rwc

La France se prépare à jouer le match le plus important de son histoire demain soir à Cardiff face à la Nouvelle Zélande en quarts de finale de la Coupe du Monde. Evidemment, les Blacks sont ultra-favoris et une victoire française serait sans doute le miracle le plus retentissant de l'histoire du sport français. Et alors, pourquoi pas?

En 1999, la surprise avait été énorme (Panoramic)Remember 1999
Il est toujours dangereux de s'accrocher aux vieux souvenirs, mais si tout le monde n'a que la fameuse demi-finale de 1999 à la bouche depuis le début de la semaine, c'est parce que cette rencontre est l'exemple à suivre. A l'époque, les Bleus étaient même encore plus moribonds qu'ils ne le sont aujourd'hui - vainqueur sous les sifflets de la Namibie et des Fidji en poules, quart gagné dans la douleur face à l'Argentine - et tous les observateurs prédisaient une bonne tannée aux hommes de Jean-Claude Skrela.

Résultat : un groupe qui se soude, des joueurs leaders qui prennent leurs responsabilités et une équipe qui plante la bagatelle de 44 points à une meilleure équipe du monde complètement médusée. Or, si cet exploit est dans toutes les têtes, c'est parce qu'il était imprévisible. Exactement comme aujourd'hui où personne, je dis bien personne, ne croit les Français capables de gagner. Sauf certains supporters acharnés (dont je fais partie) qui se disent qu'après tout, rien n'est impossible.

Les Blacks méfiants
Oh, le beau photo-montage signé Panoramic!Le problème, c'est qu'une équipe avertie en vaut deux. Et les Blacks, sonnés en 1999, ne veulent surtout pas revivre la même mésaventure qui avait plongé le pays dans un deuil long d'une semaine dont les journalistes locaux leur parlent encore. Ils sont donc préparés en conséquence, et soyons clair, la France fera face demain à la meilleure équipe de rugby de tous les temps.

Avant, les Blacks, grandioses chez les trois-quarts, avaient des lacunes dans le jeu d'avants. Aujourd'hui ils possèdent l'un, si ce n'est LE, des meilleurs packs du monde. Leur troisième-ligne McCaw, Collins, So'oialo est monstrueuse. A la mêlée, le mastoque Byron Kelleher, sorte de neuvième avant, est aussi un excellent lanceur de jeu. Enfin, on ne présente plus leurs lignes arrières avec ces Carter, McAlister, Muliaina ou encore Sivivatu et Rokocoko. Bref, du très très grand.

Une affaire réglée d'avance
D'ailleurs pour les médias locaux, l'affaire est entendue. Exemple avec un article publié dans The New Zealand Herald et repris dans L'Equipe d'hier : "Le noyau dur de joueurs de la France est au moins aussi vieux que ceux de l'Angleterre, ce qui veut tout dire. Cette équipe a depuis longtemps passé son âge d'or. Bien sûr, il relève de notre devoir national d'être nerveux avant un quart de finale de Coupe du Monde, mais il est difficile d'être un tant soit un peu crispé ce coup-ci, peu importe le nombre de gens qui répétent que la France est capable de tout. Bernard Laporte est capable de tout, mais son équipe non." Et le journaliste d'appuyer son argumentaire de statistiques qui parlent d'elle-même: Depuis 2002, la France a enchaîné sept défaites d'affilée contre les Blacks, marquant seulement six essais, soit le total du seul Joe Rokocoko dans ces confrontations ! Les Blacks, eux, ont totalisé 37 essais en tout, et le score moyen de ces rencontres est de 41-11 en faveur des Kiwis. Les statistiques sont faites pour être démenties, c'est vrai, mais là on part de loin.

Surtout ne pas baisser les yeux... (Panoramic)Et si...
Alors, on se raccroche au jeu au pied de Lionel Beauxis et Damien Traille, censés nous faire jouer le plus loin possible de notre en-but. On se dit qu'en touche, il y a peut-être une faille à exploiter, et que c'est un de nos points forts. Que notre défense est notre point fort. Que si on prend le score tôt, ils pourront peut-être commencer à douter. Qu'ils ne sont plus aussi bons qu'il y a un an. Qu'ils n'ont eu que des matchs faciles jusque là et qu'ils seront certainement un peu rouillés.

On se rassure comme on peut... Mais la seule vérité, c'est que ce sera un match d'hommes, un vrai. Une baston à l'ancienne, où seul prendre le dessus sur son adversaire direct comptera. Un combat sans merci entre des Blacks sûr de leur force et des Bleus qui ne veulent pas quitter "'leur" Coupe du Monde sur un échec. Si ces derniers sont capables de se dépasser dans tous les compartiments du jeu, alors l'exploit sera possible.

En tout cas à l'heure où les Blacks entameront leur haka, sans doute la version hardcore avec le Kapa O'Pango, il faudra les regarder droit dans les yeux et ne pas se défiler. Comme en 1999...

Les équipes:

XV de France: Traille - Clerc, Marty, Jauzion, Heymans - (o) Beauxis, (m) Elissalde - Dusautoir, Bonnaire, Betsen - Thion, Pelous - De Villiers, Ibanez (cap.), Milloud. Remplaçants: Szarzewski, Poux, Chabal, Harinordoquy, Michalak, Dominici, Poitrenaud.

XV de Nouvelle Zélande: MacDonald - Rokocoko, Muliaina, McAlister, Sivivatu - (o) Carter, (m) Kelleher - McCaw (cap), So'oialo, Collins - Williams, Robinson - Hayman, Oliver, Woodcock. Remplaçants: Mealamu, Tialata, Jack, Masoe, Leonard, Evans, Toeava.

Pour ceux qui ne le connaissent pas déjà, voilà le fameux Kapa O'Pango:




RWC : 1/4 de finale - Présentation

Posté par Louis Laffitte le 04.10.07 à 19:00 | tags : rwc

Si la rencontre entre la France et la Nouvelle-Zélande monopolise les esprits, et sera l'objet d'un post exclusif demain sur Flu, les trois autres quarts de finale de la Coupe du Monde ne manque pas, eux aussi, d'intérêt. Présentation.

Les Anglais comptent sur la botte de Wilkinson (Panoramic)Australie v Angleterre
Ces deux géants de la planète rugby se sont déjà affrontés à quatre reprises lors des six premières Coupes du Monde. Si l'Angleterre mène 2-1 dans les confrontations, mais ce sont bien les coéquipiers de George Gregan qui partiront favoris ce coup-ci.

D'abord parce que les Australiens se sont baladés dans leur poule, inscrivant le point du bonus offensif à chaque match, et s'appuyant sur un jeu parfaitement réglé. La stabilité de mise dans leur squad leur permet de réciter leur rugby avec une grande efficacité. Défense intraitable, conquête solide, jeu offensif performant, les Australiens, seul pays vainqueur à deux reprises du Mondial, sont même considérés par nombre d'observateurs comme les favoris pour le titre avec les All-Blacks.

Deux petits bémols toutefois : Privés de leur légendaire ouvreur Stephen Larkham, des doutes subsistent sur la capacité de son talentueux remplaçant Berrick Barnes, 21 ans, à mener sans trembler la redoutable machine jaune dans un match à haute pression. De plus, David Lyons, No 8 titulaire et perforateur hors pair, est forfait après s'être fracturé le tibia samedi. Une absence de poids qui arrangera certainement les Anglais.

Les Anglais, justement. On les donnait pour morts après la fessée reçue par les Springboks en poule (0-36). Mais c'était sans compter sur l'orgueil des tenants du titre. Rassérénés par le retour de leur génie Jonny Wilkinson, remis en selle par deux succès probants face aux Samoa (44-22) et aux Tonga (36-20), les hommes de Brian Ashton se sont recentrés sur les bases de leur jeu (conquête, jeu au pied, combat) et seront dur à faire capituler. En outre, ils récupèrent leur terreur Jason Robinson au meilleur moment. Avec une confiance en hausse, l'Angleterre peut accomplir ce qui ne serait qu'une demi-surprise.

Australie : Latham - Tuqiri, Mortlock (cap.), Giteau, Ashley-Cooper - (o) Barnes, (m) Gregan - Smith, Palu, Elsom - Vickerman, Sharpe - Shepherdson, Moore, Dunning. Remplaçants : Freier, Baxter, McMeniman, Hoiles, Waugh, Huxley, Mitchell.
Angleterre : Robinson - Sackey, Tait, Farrell, Lewsey - (o) Wilkinson, (m) Gomarsall - Moody, Easter, Corry - Kay, Shaw - Vickery (cap.), Regan, Sheridan. Remplaçants : Chuter, Stevens, Dallaglio, Worsley, Richards, Barkley, Hipkiss.

Habana, atout offensif No1 des Boks (Panoramic)Afrique du Sud v Fidji
Sans aucun doute, cette confrontation est la plus déséquilibrée de ces quarts de finale. Aux virevoltants Fidjiens, surprenants vainqueurs du Pays de Galles en poule, s'opposent le calme et la confiance de l'Afrique du Sud, facilement qualifiée, et qui paraît armée pour reconquérir le titre suprême après 1995.

Impériaux face à l'Angleterre (36-0) en poule, les Springboks disposent de joueurs exceptionnels dans toutes les lignes, de John Smit au talonnage à Percy Montgomery à l'arrière, en passant par Victor Matfield, Schalk Burger, Bryan Habana ou encore François Steyn. Et après une première mi-temps poussive face aux Samoa au premier match (59-7 au final), ils n'ont cessé de tracer leur route sereinement, se montrant implacables lorsqu'il s'agit d'exploiter les failles de l'adversaire.

Or, justement, les Fidjiens, bien que fort sympathiques et rafraîchissants, ne pourront se permettre la moindre erreur face à leurs homologues, sous peine de se faire punir lourdement. Pour indice, ils avaient explosés 55 à 12 en poule face à l'Australie, qui présente un profil un peu similaire à leur futur adversaire.

On ne donne donc pas cher de leur peau, surtout qu'ils seront privés de leur maître à jouer Nicky Little, blessé au genou. On peut néanmoins compter sur eux pour enflammer la pelouse du Stade Vélodrome dimanche dans leur style typique tiré du rugby à sept. Beau donc, mais certainement insuffisant pour prétendre à une place en demies.

Compositions pas encore communiquées

Pichot, Argentine v Ecosse
Voilà deux équipes qui ne se sont jamais affrontés en Coupe du Monde, et leur première confrontation ne manquera pas de piment. Exceptionnels au premier tour, portés par un état d'esprit inébranlable, les Argentins partiront logiquement favoris. L'Ecosse, en revanche, peut se réjouir d'en être arrivé là, tant elle est passée tout prêt du couperet face à l'Italie.

Mais pour battre ces diables de Pumas, elle devra renverser le cours de l'histoire alors que les Ecossais n'ont plus battu les sud-américains depuis 17 ans. Si le XV du chardon dispose dans ses rangs d'un buteur performant en la personne de Chris Paterson, 100% de réussite depuis le début du Tournoi, il ne semble pas posséder des joueurs suffisamment talentueux pour gêner la marche en avant argentine.

Car les Ciels et Blancs ont une mission claire : prouver leur valeur au monde du rugby qui les a si longtemps ignorés. Quarts de finaliste en 1999, battu par la France, ils ont déjà égalé leur meilleure performance mais visent naturellement plus loin. Si leur rugby d'attaque est un tantinet monolithique, les seules présences d'Agustin Pichot et Juan Martin Hernandez peut leur permettre de rêver à une entrée remarquée dans le dernier carré. Ce serait une juste récompense pour la bande du "Maradona du rugby" (Hernandez), dixit le quotidien sportif argentin Olé, après qu'elle se soit extirpé avec brio d'une poule de muerte.

Compositions pas encore communiquées




RWC : les clés confiées à Beauxis

Posté par Louis Laffitte le 03.10.07 à 13:15 | tags : rwc

Le staff tricolore, Bernard Laporte en tête, a livré ce matin la composition du XV de France chargé de se coltiner la Nouvelle Zélande en quarts de finale de la Coupe du Monde à Cardiff samedi. Comme attendu et espéré, Lionel Beauxis sera titulaire à l'ouverture d'une équipe qui recèle quelques surprises de taille.


Aucun doute, Beauxis a les épaules (Panoramic)Beauxis, enfin
Il ne compte que neuf sélections en équipe de France mais il sera bien le No 10 des Bleus pour le match le plus important de leur histoire, en attendant une hypothétique demi-finale. Lionel Beauxis, 22 ans, mènera à grands coups de botte le jeu tricolore face aux All Blacks, et si cette évidence à mis du temps à faire son chemin dans la tête des sélectionneurs, il n'est jamais trop tard.

Que David Skrela ait été titulaire face à l'Argentine après son excellent Tournoi était logique, mais que l'on ait dû supporter l'infirmité chronique de Frédéric Michalak au pied ensuite était une absurdité. Enfin, passons...

Voilà donc enfin confiés au jeune prodige les clés du camion bleu. Excellent face à la Géorgie, tant dans l'occupation du terrain que dans la conduite du jeu, Beauxis récolte donc une titularisation que les observateurs avisés réclamaient à grands cris depuis des mois. Il sera associé à Jean-Baptiste Elissalde en charnière, tandis que Michalak couvrira les deux postes du banc.


Traille à l'arrière

Deuxième surprise, celle-ci inattendue, le choix de Damien Traille à l'arrière. Clément Poitrenaud, seul No 15 de métier du groupe, se retrouve donc sur le banc. Encore une fois, c'est le jeu au pied, donnée essentielle pour espérer contrer les Blacks, qui a fait la différence. Mauvais dans cet exercice lors des deux derniers matchs face à l'Irlande et à la Géorgie, Poitrenaud paye l'addition. Cédric Heymans, submergé face à l'Argentine à ce poste, ne pouvant être une solution viable, c'est donc le Biarrot qui a été choisi. Un énorme risque pris par les sélectionneurs si l'on considère que les matchs disputés par Traille dans cette position se comptent sur les doigts d'une seule main.

Des ailes toulousaines
Auteur de cinq essais depuis le début de la compétition, Vincent Clerc conserve logiquement son poste à l'aile droite, tandis qu'à gauche, Heymans a été préféré à Christophe Dominici, qui prendra place sur le banc. Une décision discutable vue qu'elle envoie Aurélien Rougerie et sa puissance en tribunes, mais l'expérience de « Domi » a sans aucun doute pesé lourd. Au centre, Yannick Jauzion retrouve sa place de titulaire, s'étant bien repris après un match catastrophique face à l'Argentine. Il y sera épaulé par Marty, certes peu brillant, mais qui a l'avantage de faire le « taf » défensivement, et qui profite du déplacement de Traille en dernier rempart.


L'expérience de Pelous a pesé lourd (Panoramic)Pelous in, Nallet out
Pour ce qui des avants, il existait peu de doutes sur la troisième-ligne. Julien Bonnaire en No 8, sera entouré deSerge Besten et Thierry Dusautoir, tous deux inlassables plaqueurs. Seul curiosité, le choix d'Imanol Harinordoquy comme remplaçant plutôt que Yannick Nyanga ou Rémy Martin. Curieux, sauf si l'on considère que la conquête en touche, seul petit point faible des Blacks, sera capitale, auquel cas le Basque, excellent pourvoyeur, représente une option intéressante.

Mais le vrai casse tête pour le staff résidait en deuxième-ligne avec trois joueurs à choisir parmi Fabien Pelous, Jérôme Thion, Lionel Nallet et Sébastien Chabal. « La poutre » Thion indiscutable titulaire, Chabal, seul joueur à faire peur à nos adversaires, et parfait « impact player », restait à choisir entre l'expérience de Pelous et l'impeccable Nallet. Ce sera finalement Pelous, remis de sa blessure au genou, et qui a prouvé sur les derniers matchs qu'il avait retrouvé le niveau. Nallet sera donc en costard. Dur pour le Berjallien.

Enfin, aucune surprise en première ligne où les trois titulaires habituels, Pieter De Villiers, Raphaël Ibanez (capitaine), et Olivier Milloud, sont reconduits.

Les 22 qui affronteront la Nouvelle-Zélande:

Le XV titulaire: De Villers, Ibanez (cap.), Milloud - Thion, Pelous - Betsen, Bonneire, Dusautoir - Elissalde (m), Beauxis (o) -Heymans, Jauzion, Marty, Clerc - Traille
Remplaçants: Szarzewski, Poux, Chabal, Harinordoquy, Michalak, Dominici, Poitrenaud




RWC : Et maintenant, les Blacks...

Posté par Louis Laffitte le 01.10.07 à 12:55 | tags : rwc

Le miracle, car il en fallait un, n'a pas eu lieu. L'équipe de France, qui a assuré tranquillement sa qualification par une victoire assortie du bonus face à la Géorgie (64-7), rencontrera bien la Nouvelle-Zélande à Cardiff pour les quarts de finale de « sa » Coupe du Monde. Car l'Argentine s'est brillamment débarrassée de l'Irlande (30-15), s'assurant du même coup un quart en position de favori face à l'Ecosse.

Beauxis ou Dominici: A qui la patate chaude ? (Panoramic) Le nuage noir
Nous y voilà. Les monstres All-Blacks se dressent devant les Bleus et toute la France du rugby tremble. On s'y attendait de toute façon, depuis que l'entame catastrophique des hommes de Bernard Laporte face aux Pumas avait plombé nos rêves de sacre mondial. Pour soulever la Coupe William Webb Ellis le 20 octobre prochain, il faudra donc marcher sur la meilleure équipe du monde, avec pour seule référence l'exploit de 1999 en demi-finales du Mondial. Car la victoire acquise hier face aux Géorgiens ne saurait en aucun cas faire figure de répétition générale.

D'abord parce que la valeur de l'adversaire n'avait absolument rien à voir avec l'ogre néo-zélandais. Ensuite, parce que même si marquer neuf essais ne peut être que bénéfique pour la confiance, les Français sont encore loin du niveau de jeu requis pour réaliser l'exploit. Trop de ballons tombés, trop d'en-avants, trop de ballons perdus sur des rucks parfaitement contestés par les Géorgiens ; bref trop d'approximations pour que nous puissions baigner dans une confiance excessive à l'heure de grimper l'Himalaya.

Des choix cornéliens

De plus, la fameuse politique du « on gagne à trente » chère au staff tricolore, si elle a le mérite de garder tout le monde concerné, promet un casse-tête monumental aux sélectionneurs au moment de choisir les 22 qui défieront les hommes de Graham Henry. Comment, par exemple, départager un Frédéric Michalak, ménagé hier, toujours aussi faible dans le jeu au pied mais génial dans le jeu à la main et un Lionel Beauxis, exceptionnel hier dans l'occupation du terrain mais qui offre peu de garanties de part son inexpérience.

D'ici à mercredi et l'annonce du choix des heureux (?) élus, le débat fera rage. L'Argentine, elle, n'a pas ce genre de problèmes. On prédisait aux coéquipiers d'Agustin Pichot un match difficile face à l'Irlande hier. On l'espérait surtout, priant pour que la France soit la seule équipe incapable de répondre au plan de jeu parfaitement huilé des sud-américains. On s'était lourdement trompés. Car les Pumas ont une nouvelle fois apportés la preuve que leur candidature à une incorporation aux Tri-Nations n'était pas usurpée.

Hernandez a encore été monumental hier (Panoramic)L'Argentine se ballade
Si les Ciels et Blancs ont encaissés deux essais en première main des Irlandais, ils en ont eux-mêmes inscrits deux, et ont étalés leur classe sur la pelouse du Parc des Princes. S'ils ne possèdent peut-être pas 30 joueurs de valeur mondial, ils disposent néanmoins d'une colonne vertébrale (2-8-9-10-15) exceptionnelle : dans l'ordre, Ledesma, Longo, Pichot, Juan Martin Hernandez et Ignacio Corleto. Avec ces cinq-là, plus une hargne inextinguible et probablement le meilleur jeu d'avants du monde, là où un match de rugby se gagne n'en déplaisent aux amoureux du French Flair, les Argentins peuvent voir loin.

Car ce sont eux qui se sont assuré un quart « facile » face à l'Ecosse. Eux qui n'auront pas à voyager jusqu'à Cardiff pour affronter les grands favoris de ce Mondial. Eux enfin qui ont joué sur leur valeur depuis le début du Tournoi, ce que la France est loin de pouvoir dire. Seul bémol, le public français, un brin chauvin, pourrait leur réserver une réception difficile au Stade de France dimanche prochain. Mais les Argentins n'en ont cure, à l'image d'un fantastique Hernandez, auteur de trois drops (dont un du gauche !) hier dans un Parc des Princes pourtant prompt à encourager les Irlandais.

Allons enfants...

Parce que la France n'avait pas su dompter ces Pumas en ouverture et s'ouvrir ainsi la route de la finale, la voilà donc forcée de batailler pour pouvoir s'offrir une chance de rejouer devant son public. L'outrecuidance avec laquelle les organisateurs avaient prévus de faire jouer le deuxième du Groupe D au Pays de Galles s'est donc retournée contre nos Bleus. Tant pis pour nous, mais l'espoir fait vivre, et la France du rugby a maintenant une semaine pour rassembler ses forces et se préparer à réaliser l'irréalisable. Haut les cœurs, impossible n'est pas français...




RWC : le ballon de la discorde

Posté par Louis Laffitte le 27.09.07 à 11:36 | tags : rwc
Après la polémique née à la suite du match Ecosse-Nouvelle Zélande au cours duquel les deux équipes se présentèrent avec deux maillots presque similaires, voilà qu'une deuxième controverse vient de naître. Cette fois-ci, ce sont les ballons fournis par le manufacturier Gilbert qui sont remis en cause par trois des meilleurs buteurs du monde : Daniel Carter, Jonny Wilkinson et Ronan O'Gara.

5 sur 9 pour Carter face à l'Ecosse, il y a un problème (Panoramic)Si l'Irlandais O'Gara ne s'est pas exprimé alors qu'il a clairement était gêné face à la France, Carter, en revanche, s'est dit surpris de ne pas pouvoir s'entraîner avec les mêmes ballons que ceux utilisés en match : "Nous utilisons des répliques plutôt que de pouvoir s'entrainer avec le ballon officiel, et c'est très frustrant," a expliqué l'ouvreur qui tourne à une décevante moyenne de 63% de réussite depuis le début du tournoi alors que son ratio en carrière se situe juste en dessous des 80%.

Dans la foulée, la star anglaise Jonny Wilkinson s'est épanché sur le problème : "Il a été essayé de créer un ballon plus facile à manier sous la pluie, ou pour la nuit quand de la rosée se dépose dessus. Mais cela a amené des problèmes pour les coups de pied depuis les matchs de préparation pour la Coupe du Monde."

En fait, à l'image des nombreuses plaintes des gardiens de football contre les ballons flottants aujourd'hui fabriqués par Nike ou Adidas, le rugby est aujourd'hui confronté au même problème. Le fabricant Gilbert a fourni des nouveaux ballons dont la trajectoire est devenue presque imprévisible.

Pas de vent, ça devrait aller, à moins que... (Panoramic)A qui la faute?
Wilkinson encore : "La difficulté est de déterminer le responsable. Je me fous de savoir si c'est moi qui tape mal, tant que je sais que c'est moi et que je peux y travailler. Le problème c'est quand vous sentez que vous tapez bien, et que vous vous demandez ‘C'est moi ou pas ?'"

Et l'ancien meilleur du monde de livrer un exemple précis : "J'ai raté deux coups de pieds contre les Samoa. Chacun a changé de direction, de droite à gauche, ce qui sans vent est très inhabituel pour moi." Si Wilkinson sait bien que "tout le monde est dans le même bateau," il précise toutefois que ce genre de soucis forcent les buteurs à se poser beaucoup trop de questions au moment de buter, ce qui, bien sûr, n'est pas une bonne idée.

Suite à ces remarques, la fédération internationale a contacté Gilbert qui s'est empressé d'ouvrir une enquête. S'il semble peu probable que les ballons changent d'ici la fin de la Coupe du Monde, il serait au moins la moindre des choses que les joueurs disposent des mêmes ballons pour s'entraîner. Le débat sur les vicissitudes du professionnalisme qui gagnent le rugby n'est pas prêt de s'arrêter...




RWC : la France est (enfin) lancée

Posté par Louis Laffitte le 17.09.07 à 13:56 | tags : rwc

Faciles vainqueurs 87-10 de la Namibie dimanche à Toulouse, l'equipe de France s'est relancée après son entame catastrophique face aux Pumas et peut maintenant se préparer avec sérénité pour le choc capital face à l'Irlande vendredi prochain. Treize essais, 87 points inscrits, un écart de 77 points, onze transformations inscrites par Jean-Baptiste Elissalde: autant de records qui donnent du relief à la performance française et redonneront confiance à ces Bleus dont on attend toujours monts et merveilles.

Heymans, auteur du 1er essai, a montré la voie (Panoramic)Supériorité écrasante
On craignait des sifflets, on les a eus. Mais ils n'exprimaient que l'envie du public toulousain de voir les joueurs de l'Equipe de France faire un tour d'honneur après un match parfaitement maîtrisé et gagné haut la main face à une faible Namibie (87-10). Oubliée la production indigne face à l'Argentine en ouverture, les Bleus ont cette fois rempli leur mission : gustar y ganar comme on dit en Catalogne.

Bien aidés dès la 20ème minute par l'exclusion, sévère mais logique, du numéro 8 namibien Jacques Nieuwenhuis pour un plaquage à la carotide sur l'indestructible Sébastien Chabal, les Bleus ont su se montrer impitoyables, seul façon de témoigner du respect à son adversaire.

Tout ne fut pas parfait, loin de là. Mais alors que tout le monde avait glosé toute la semaine sur la nécessité de faire les choses dans l'ordre et de s'inquiéter du bonus après, les hommes de Bernard Laporte ont démontrés qu'ils valaient bien mieux que le fantôme entrevu au Stade de France face à l'Argentine.

Bonus en 30 minutes
Logiquement dominateurs sur toutes les phases de conquête, il ne leur fallut que sept petites minutes pour envoyer Cédric Heymans inscrire le premier essai du match. Le prélude d'un véritable déluge. David Marty (12'), Thierry Dusautoir (21') et Lionel Nallet (32') l'imitaient rapidement, offrant donc aux Français les cinq points indispensables pour se relancer dans leur Groupe de « muerte ».

Vite dépassés, les Namibiens, admirables de courage, ne purent ensuite que regarder les Français dérouler. Des treize essais inscrits, on retiendra bien sûr le triplé de Vincent Clerc, la classe des feintes de Jean-Baptiste Elissalde avant de déposer le ballon entre les poteaux, et surtout la percée d'un Sébastien Chabal « Lomu-esque » s'en allant inscrire son deuxième essai au nez et à la barbe de défenseurs sans doute effrayés par ce « Caveman » décidément peu commun.

La victoire promise fut donc complète, loin de la prestation insipide et couronnée de sifflets face à ces mêmes namibiens lors de la Coupe du Monde 1999. On en attendait pas moins. Mais surtout, et plus qu'une victoire record somme toute anecdotique, on retiendra le sérieux et l'application que les 22 joueurs sélectionnés exhibèrent toute la soirée.


Cherchez pas, il est inarrêtable (Panoramic)Vivement la suite
Car ne nous y trompons pas, les Français sont bien des Latins. Et qui dit latin, dit parfois négligence et déconcentration. Cette fois-ci, que nenni. Si certaines erreurs auraient pu être évitées - et devront être corrigées avant le choc capital face à l'Irlande - on a toutefois senti transpirer chez les coéquipiers de Jean-Baptiste Elissalde une volonté sans faille de jouer au rugby avec toute la concentration et l'attention indispensables à ce jeu.

Sérieux donc, et plaisir aussi. Après les visages fermés et tristes vus pendant la semaine, ce fut avec une grande joie que l'on assista au retour des sourires et autres regards complices propre aux joueurs et équipes en confiance.

Voilà donc la France enfin lancée dans « sa » Coupe du Monde. S'il ne faut pas verser dans le trop plein d'optimisme, tout comme le catastrophisme était de trop après leur entame ratée, nous voilà malgré tout rassurés sur les capacités de ce XV de France. Et comme par enchantement, le public français est à nouveau à fond derrière son équipe. Heureusement, car les Bleus en auront plus que jamais besoin pour relever les défis qui les attendent.




RWC : Le Sud fait sa loi

Posté par Louis Laffitte le 10.09.07 à 11:43 | tags : rwc
Alors que les huit premiers matchs de la Coupe du Monde ont été joués, l'heure est déjà au premier bilan. Si la domination des équipes de l'Hémisphère Sud sur la planète ovale s'en trouve conforté, les équipes européennes, elles, inquiètent alors qu'elles ont toutes eu les pires difficultés pour rentrer dans la compétition. Premier volet de notre revue du week-end avec les entrées en lice de la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Afrique du Sud.

Le calme avant la tempête... (Panoramic)Les All Blacks en ballade
Les esprits chagrins n'ont pas manqué de faire remarquer l'énorme différence entre les entrées en matière des deux favoris de la compétition, la France et la Nouvelle-Zélande. Là où le XV tricolore s'était fait surprendre par l'Argentine en ouverture (12-17) vendredi, les hommes en noir ont tout simplement surclassé leur adversaire italien samedi (76-14) pour le compte de la Poule C.

Si les opposants des deux équipes n'étaient pas du même calibre, il n'en reste pas moins que les hommes de Graham Henry se sont tout de même offert une promenade de santé face à la Squadra Azzura, confirmant ainsi qu'ils sont bien la meilleure équipe du Monde à l'heure actuelle.

Sur fond de rubgy total, leur production, pas altéré le moins du monde par la chaleur du Stade Vélodrome, fut un récital. Onze essais, deux points par minutes pendant les 19 premières minutes du match, les coéquipiers de Richard McCaw n'ont laissé aucune chance à leur adversaire.

Des avants qui attaquent comme des trois-quarts, un troisième ligne-aile (Jerry Collins) qui se permet un petit coup de pied pour lui-même que n'aurait pas renié Daniel Carter pour marquer son deuxième essai du jour, des relances venues de nulle part, et surtout des individualités exceptionnelles au service d'un collectif sans faille, les All-Blacks se sont bien amusés.

Cerise sur le gâteau, l'ailier Doug Howlett, titularisé à la place de Joe Rokocoko, s'est offert un triplé, égalant ainsi le record d'essais en sélection de Christian Cullen (46).

l'Australien Elsom fait son Rocky... (Panoramic)L'Australie suit l'exemple
L'irréelle performance des Blacks en a presque éclipsé la production des Wallabies australiens lors de leur premier match de la Poule B. Pourtant, les coéquipiers de George Gregan ont littéralement pulvérisé le Japon (91-3). Alors qu'une mi-temps leur fut nécessaire pour se chauffer - seulement 23 à 3 au tableau d'affichage à la mi-temps - les hommes de John Connolly ont ensuite porté leur total d'essais à treize grâce à un second acte de haute volée.

Si le titre de meilleur joueur du match échoit naturellement au troisième ligne Rocky Elsom pour son hat-trick derrière la ligne, c'est surtout la performance de Gregan qui est à noter. Critiqué depuis des mois, le vétéran a mis tout le monde d'accord avec une production de haute volée. Reste à confirmer face à une opposition plus farouche, mais la réalité est là : il faudra compter sur l'Australie... comme toujours.

Habana, LE match winner. (Panoramic)Habana superstar
Dernière équipe du Sud à rentrer en lice, l'Afrique du Sud avait le test le plus difficile face au toujours redoutable Samoa dans la Poule A. D'ailleurs, l'entame menée tambour battant par les îliens, qui inscrivirent même le premier essai du match, sema quelques doutes dans les esprits des Springboks.

Mais les hommes de Jake White comptent dans leur rang l'un des meilleurs ailiers du monde, Bryan Habana. Et ce dernier l'a une nouvelle fois prouvé hier en inscrivant quatre essais de toute beauté. Comme d'habitude, sa pointe de vitesse a fait des dégâts considérables, inspirant à son coach Jake White ce commentaire : "Il représente la différence entre la victoire et la défaite."

Vainqueur au final 59 à 7, les Sud-Africains sont donc eux aussi parfaitement rentrés dans la compétition, préparant ainsi au mieux leur choc de vendredi prochain face à l'Angleterre.

Ces premiers jours de compétition confirment en tout cas que le futur champion du monde a toutes les chances d'être encore une nation sudiste. A moins que la France...



France - Argentine : Quelle déception...

Posté par Louis Laffitte le 08.09.07 à 03:01 | tags : rwc

Le XV de France a commencé sa Coupe du Monde de la pire des façons en s'inclinant 17 à 12 lors du match d'ouverture au Stade de France face à l'Argentine, sa bête noire. Si rien n'est encore perdu, les Bleus se retrouvent malgré tout au pied du mur: à moins d'un concours de circonstances, ils ne peuvent plus viser que la seconde place du groupe D synonyme de choc face aux All Blacks en quarts de finale, tandis qu'une défaite face à l'Irlande les verraient éliminer dès le premier tour. Inutile de préciser que leurs ambitions de sacre planétaire ont donc pris un sacré coup.

Ils étaient pourtant prévenus. Depuis des semaines, médias, joueurs et coachs glosaient sans relâche sur cette entame de Mondial aux allures de traquenard. Tous insistaient sur la nécessité de répondre au défi physique argentin, à l'obligation de rester sourd aux provocations avec en toile de fond une envie commune : celle de réussir son entrée pour assumer définitivement le statut de favori du Tournoi avec la Nouvelle-Zélande. Et puis, patatras. Tout s'est écroulé.

Des Bleus fébriles
A l'image d'une cérémonie d'ouverture sans grand intérêt, les Bleus se sont montrés incapables de se défaire du piège tendu par l'Argentine. Très vite, on comprit que ce n'était pas le bon soir. Fébriles, pas inspirés, accumulant les fautes, les hommes de Bernard Laporte laissaient leurs homologues s'installer dans la partie.

Il n'en fallait pas aux coéquipiers du toujours rusé Agustin Pichot pour prendre le contrôle du jeu. Tout l'arsenal de l'Albiceleste y passait - engagement titanesque dans le combat, pick and go rageurs, chandelles au cordeau de Juan Martin Hernandez - et la France se trouvait rapidement mise sur le reculoir.

Pire, déjà menée 9-3, les Français encaissaient à la 27ème minute un essai assassin d'Ignacio Corleto suite à une passe manquée de Rémy Martin (3-14). Cette action symbolisait d'ailleurs parfaitement les manques tricolores. Alors que Damien Traille avait parfaitement récupéré un énième up and under d'Hernandez amorçant dans la foulée une contre-attaque prometteuse, l'erreur de Martin réduisait tous ces efforts à néant.

Même lorsque la mêlée française, sous pression à cinq mètres de sa ligne, trouvait les ressources pour humilier son homologue en récupérant le ballon sur introduction adverse, les avants français trouvaient le moyen de perdre le ballon sur le regroupement suivant. Rageant...


Logiquement donc, les Bleus rejoignaient les vestiaires avec un retard de huit points à combler (9-17). Un moindre mal d'ailleurs, tant la production française était bien loin des standards attendus.

Quand ça ne veut pas...
Revenus plein de bonne volonté après la pause - les oreilles sans doute encore pleines d'une soufflante de Bernard Laporte qu'on imagine mémorable - les coéquipiers de Raphaël Ibanez retrouvaient enfin un peu d'allant.

Témoin de ce regain de forme, l'épreuve de force engagé par le pack tricolore après un groupé pénétrant de plus de vingt mètres échouant à quelques mètres de la ligne d'essai sud-américaine. Mais encore une fois, et malgré des charges au ras successives, le mur argentin tenait bon et les Bleus perdaient une fois de plus le ballon (47').

Ce fut le tournant du match. Car ensuite, sans doute frustrés par ce scénario craint de tous qui se déroulait malgré (à cause d') eux, Ibanez & Cie se montrèrent incapables de faire plier une équipe d'Argentine pourtant rapidement à court de gaz et passée maître dans l'art de casser le rythme.

Les échecs sur pénalité de David Skrela (54') et Frédéric Michalak (71'), à des moments où le match pouvait encore basculé, ne firent que remuer le Carambar dans la carie. "Impossible n'est pas français" dit le dicton. Oui, mais pas là.

Heureusement que Felipe Contepomi, parfait dans son rôle de buteur jusque-là, ratait deux pénalités faciles dans les ultimes instants, offrant ainsi aux français un point de bonus défensif qui pourraient s'avérer capital.

Une bien maigre consolation au bout d'une soirée bien triste qui n'eut de magique que l'attitude du public, merveilleux dans son soutien indéfectible. Les Bleus en auront plus que jamais besoin pour se relever de cette immense désillusion.






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