le Samedi 14 octobre
- Stade Gerland
(Coup d'envoi à 17h15)
Match choc de la neuvième journée de Ligue 1, le derby du Rhône entre l’Olympique Lyonnais et l’AS Saint Etienne a longtemps été LE classique du championnat de France, bien avant les Marseille-PSG.
Distantes de moins de cinquante kilomètres, la capitale des Gaules et celle du Forez entretiennent une rivalité footballistique viscérale qui font de leurs confrontations le premier derby historique de notre championnat national. Longtemps restés dans l’ombre de leurs voisins stéphanois, les lyonnais ont inversé la tendance et sont invaincus à domicile face aux Verts depuis 1992 (victoire de Saint Etienne 2-0). Si on examine de plus près les statistiques, l\'ASSE ne s\'est imposée à Gerland que quatre fois depuis la saison 1970/1971 !
Aujourd’hui malgré le poids de leur riche histoire (10 championnats et 6 Coupes de France), les Verts ont bien du mal à exister sur la scène hexagonale face à leurs homologues lyonnais, irrésistibles machines à gagner depuis 2002 (5 titres d’affilées, série en cours).
Pour les joueurs, ce match reste l’un des sommets de la saison où la notion d’honneur rejoint l’obligation du résultat. Pour les supporters, une victoire face au rival historique peut sauver une saison ternie par les mauvais résultats. Cette année le derby aura une saveur particulière puisque Saint-Etienne occupe le haut du classement (4ème à huit longueurs de l’OL) et espère infliger aux Lyonnais leur première défaite de la saison.
Que faut-il donc faire pour vaincre l’Olympique Lyonnais ? C’est la question que doivent se poser les Stéfanois après ce derby intense qui leur a échappé dans les derniers instants du match. Sérieux en défense, appliqués dans la remontée du ballon, les Verts n’ont pas été récompensés de leurs efforts et repartent bredouille de Gerland. Ils ont beaucoup donné, mais il en fallait plus pour enrayer la machine lyonnaise qui boucle le premier quart du championnat avec 25 points pris sur 27 possibles.
Au sortir d’une semaine internationale où il fut privé, notamment de huit de ses internationaux français, Lyon paraissait pourtant prenable face à une équipe de Saint-Etienne auteur d’une très bon début de saison. Les Gones n’enchaînaient pas aussi vite qu’à l’habitude, les Verts parvenaient donc à étouffer leurs assauts et à se porter de temps à autre vers l’avant.
Ilanet Piquionne auraient même pu profiter de l’alignement parfois hasardeuse de la défense lyonnaise sans les interventions in-extremis du policier
Cris. Mais l’attentisme prenait le pas sur le jeu et la première mi-temps s’achevait sans qu’on ait eu grand chose à se mettre sous la dent.
Au retour des vestiaires, le jeune milieu de terrain de l’ASSE, Guarin, manquait de tromper Vercoutre, bien sorti. Lyon continuait à traîner des pieds et Gérard Houllier décidait donc de remplacer
Sidney Govou par
Florent Malouda dès la 55e minute. Avec l’entrée du Guyanais, l’OL prenait tout de suite un autre visage.
Juninho, sur un coup franc de 30m, permettait à Janot de s’illustrer. Puis, après un ballon de Toulalan mal repoussé par la défense, il récupérait le cuir dans la surface et transmettait à
Tiago qui plaçait avec un sang-froid un amour de ballon piqué, imparable pour "Magic Janot".
C’en était finit de Saint-Etienne, se disait-on, mais les Verts répondaient quasi-instantanément grâce à Hautcoeur et beaucoup de réussite puisque la frappe de l’ancien manceau était déviée par le genou d’Abidal et lobait Vercoutre. Dès lors, le match s’enflammait des deux côtés. Mais à ce petit jeu, les Lyonnais sont souvent imbattables. Malouda parvenait à prendre la défense de vitesse et provoquait un penalty de Diatta, agrémenté d’une expulsion. Problème, si l’ancien lyonnais était bien en position de dernier défenseur, la faute était elle commise en dehors de la surface. Qu’à cela ne tienne, Janot se chargeait de rétablir la justice en arrêtant la transformation de Juninho, pourtant tirée impeccablement.
A dix, le miracle n’allait pourtant pas durer. Les coups de boutoir lyonnais se succédaient et à la 89e minute, Malouda effectuait une percée côté gauche et transmettait le ballon à Juninho, placé au point de penalty, qui ajustait Janot d’un plat du pied.
Les Stéfanois ne méritaient sans doute pas ça, mais l’OL n’a pas non plus volé son huitième succès de la saison. Avec la manière ou dans la souffrance, les hommes de
Gérard Houllier finissent toujours pas gagner. C’est la différence entre eux et les autres…