Implacables, les tenants du titre égyptiens ont imposé leur loi au Cameroun en finale de la CAN (1-0), grâce à un but de Abou Treika offert par Mohamed Zidan (78e). Les Lions indomptables n'auront jamais vraiment inquiétés des Pharaons qui assoient un peu plus leur domination sur le football africain avec 6e succès dans l'épreuve.
La fourmi égyptienne
Après avoir laissé chanter les cigales ghanéennes et ivoiriennes, promues nouveaux fleurons du continent noir depuis leurs prestations encourageantes lors du Mondial 2006, l'Egypte a rappelé qui était le patron en Afrique. Sacrés il y a deux ans sur leur sol, les Pharaons ont démontré qu'ils n'avaient pas besoin d'un arbitrage à la maison ou du climat plus doux du nord de l'Afrique pour remporter une CAN. Mieux, avec ce 6e titre, ils relèguent les autres cadors de la compétition (Ghana, Cameroun), à deux longueurs.
Avec ses joueurs majoritairement issus du championnat local et pas de vraie star à l'horizon, si ce n'est l'attaquant de Hambourg Mohamed Zidan, l'Egypte n'avait, il faut l'avouer, pas de quoi exciter l'œil occidental qui se pose tous les deux ans sur la CAN. Mais il ne suffit pas d'un
Didier Drogba, d'un
Michael Essien ou d'un
Samuel Eto'o pour remporter cette compétition finalement pas si folle qu'on ne veut bien le dire, puisque son vainqueur est l'équipe la plus disciplinée et la plus réaliste.
Kameni repousse l'échéance
Déjà, lors de leur premier match, les hommes de Hassan Shehata avaient dominé le Cameroun, et avec la manière (3-0 à la mi-temps, 4-2 au final). Cette fois, ils auront été moins efficaces devant le but. Mais ce ne fut pas faute d'essayer. Notamment en première période où
Carlos Idriss Kameni dû s'employer sur des tentatives de Hosny (6e), Hassan (8e), Abou Treika (12e), Meteeb (19e) ou Moawad (35e). Son homologue, El Hadary, n'eut lui qu'à se détendre sur un coup franc puissant de Geremi (18e).
Privés de Bikey, suspendu, puis d'Alexander Song, incertain avant la rencontre et qui n'aura tenu qu'un quart d'heure, et avec encore un nouveau partenaire d'attaque pour Samuel Eto'o, Nkong le buteur de la demi-finale, les Lions n'auront donc pas réussi à réitérer le miracle qui leur avait permis de battre le Ghana (1-0) sur leur seule occasion, ou presque. La méthode Otto Pfister (beaucoup d'affectif, très peu de tactique et des changement incessants dans le onze de départ), montrant là sans doute ses limites face au collectif égyptien.
Song for Zidan
Equipe bricolée et dopée à l'orgueil par les critiques qui ont accompagné son entrée dans la compétition, le Cameroun a en plus souffert de la disparition d'Eto'o, plutôt transparent à partir des quarts de finale, en dehors de sa passe décisive face au Ghana, après avoir battu le record du nombre de buts inscrits dans l'histoire de la CAN (16 buts) au premier tour. Même si la faillite d'un autre leader,
Rigobert Song, aura marqué cette finale.
Impérial jusque-là, le boss de la défense camerounaise va ruminer longtemps l'erreur qui amené l'unique but de la victoire. Ce ballon qu'il n'a pas voulu mettre en touche ou donner à son gardien et que Mohamed Zidan, entré en cours de jeu, lui a chipé dans les pieds avant de mettre Abou Treika sur orbite pour crucifier Kameni (78e). Non, décidément rien ne pouvait arrêter l'Egypte.