"Nous sommes la meilleur équipe du Monde", déclarait vendredi
William Gallas à la veille de la rencontre. Le défenseur d’Arsenal, victime d’une contracture, ne figurait pas sur la feuille de match, tout comme
Nicolas Anelka et
Jérémy Toulalan, mais a dû probablement se dire qu’il aurait mieux fait de ne pas l’ouvrir. On ne vient pas s’imposer au pays de William Wallace en claquant des doigts. Les Français en ont eu la confirmation.
Raymond Domenech n’avait encore jamais perdu de rencontre officielle à la tête de la sélection. Et il doit trouver que ça fait tâche de se faire taper par l’Ecosse quand on a résisté, entre autres, à l’Espagne, au Brésil, au Portugal et à l’Italie par deux fois (*). Si le jeu des scottish est quelque peu rudimentaire, il n’en est pas moins dénué de stratégie, à l’image du héros local mis en scène par Mel Gibson dans
Braveheart.
La tactique était claire - faire le dos rond en première mi-temps et tenter des coups en seconde – et a donc réussi à perturber des Bleus par ailleurs très peu inspirés. Face à une formation ultra-regroupé, ne sortant quasiment jamais de sa moitié de terrain, ils n’ont pas su manœuvrer pour trouver la faille. Henry, il est vrai, était à deux doigts d’ouvrir le score en début de partie mais son coup franc tiré côté gardien trouvait le poteau.
Le seul McFadden travaillait comme il pouvait les ballons d’attaque écossais et face à un tel bloc positionné très bas pour empêcher les français de prendre de la vitesse, la production de
Florent Malouda et
Franck Ribéry sur les côtés se révélaient insuffisante. Le Lyonnais se montrait toutefois plus entreprenant, notamment sur une frappe puissante qui manquait de peu le cadre.
Après quarante-cinq minutes d’attaque défense et deux buts refusés pour hors-jeu (tête de
Vieira et retourné de
Trezeguet), les Bleus terminaient la mi-temps sans avoir pu profiter de leurs temps forts. Ce qui n’est jamais bon signe.
Dans le film de Gibson, William Wallace piégeait les Anglais en les poussant à charger pour mieux les cerner par les flammes. Les joueurs écossais ont eux surpris l’adversaire en repartant tambour battant après avoir subit ses assauts répétés. Le héros se nommait cette fois Gary Caldwell et jailli à la 67e minute pour convertir un corner tiré par Hartley. Hé oui, encore ces maudits coups de pied arrêtés.
Trezeguet sorti au bout d’une heure de jeu sans avoir tiré (son but hors-jeu ne compte pas statistiquement), l’équipe de France continuaient à déjouer dans un scénario qui sentait de plus en plus mauvais. L’ouverture du score ayant forcément réveillée le stade réveillé et redonnée du jus aux Ecossais, l’idée de remporter ce match s’évanouissant dans le ciel pluvieux de Glasgow mais il restait un nul à arracher.
Henry, seul face à Gordon, aurait pu l’obtenir sans mal s’il avait appuyé et mieux placé ce coup de tête qui semblait cadeau. Le
Gunner s’est-il cru hors-jeu comme le suggérait son coach,
Arsène Wenger, au micro de TF1 ? Dans les deux cas, ça ne coûtait rien de mettre un peu plus de conviction dans cette tête.
Que penser de l’équipe de France après un tel match face à une opposition du niveau de l’Ecosse, qualifiée par le consultant de
L’Equipe Angel Marcos de
\"pire équipe [qu’il ait] vu depuis quarante ans\" ? Il est un peu tôt pour appeler au loup mais Domenech pourrait tirer quelques conclusions de ce match (retour de Trezeguet sur le banc ?) où les Bleus ont surtout de manqués de spontanéité et pris trop de peu de risques en attaque à l’image d’un Franck Ribéry discret qui avaient laissé ses dribbles à Marseille. Ce n’est pas face aux Iles Féroés, mercredi, ni face à la Lituanie en mars prochain, qu’ils pourront se rassurer sur le jeu. Pour ça, il faudra attendre la venue de l’Ukraine en juin 2007. C’est long.
*
Un match qui se conclut aux tirs au but est considéré statistiquement comme une victoire.
Les équipes :
ECOSSE : Gordon - Dailly, Presley, Caldwell, Weir, Alexander - Fletcher, Ferguson, Hartley, McFadden (O'Connor, 72e) - McCulloch (Teale, 60e).
FRANCE : Coupet - Sagnol, Thuram, Boumsong, Abidal - Makelele, Vieira, Ribéry (Wiltord, 74e), Malouda - Henry, Trezeguet (Saha, 62e ).
But : McFadden, 67e
Avertissements : McFadden (29e), McCulloug (33e), Dailly (71e) pour l'Ecosse