Que ce fut très dur. Jusqu’à la 73e et cette action personnelle de
Nicolas Anelka, probablement le meilleur joueur côté Bleu, on a bien cru que l’équipe de France ne parviendrait pas à s’extirper du bourbier lituanien. Face à une formation nettement inférieure en qualité pure mais déterminée à briller face au vice-champion du Monde, après avoir ramené le nul de Naples en septembre dernier, les Français ont assuré le minimum. A savoir rester en vie dans une course à l’Euro 2008 qui ne devrait pas leur laisser de répit.
Système frileux
Privés de trois éléments majeurs (Henry, Vieira et Ribéry), Raymond Domenech avait donc opté pour un système en 4-3-3 avec
Makelele,
Toulalan et
Lassana Diarra au milieu,
Malouda et
Govou sur les ailes et Anelka seul en pointe. Une option qui aurait pu s’avérer plus satisfaisante si le sélectionneur n’avait pas aligné trois récupérateurs purs dans l’entre jeu. Trop esseulé, le trio offensif a eu bien du mal à créer le danger sur le but adversaire et cruellement manqué de soutien pour concrétiser les seconds ballons.
Anelka en solitaire
Ainsi abreuvé de longue balles, Anelka a été souvent pris hors-jeu (en hommage à Henry ?) et vécu un début de match difficile avec souvent deux ou trois défenseurs sur le dos et peu de coéquipiers pour l’épauler. L’avant-centre de Bolton tenta ensuite de décrocher, mais manquait là aussi de solutions. Au bout d’une heure de jeu, Domenech consentit donc à lui associer
Djibril Cissé, entré à la place de Govou, au risque de déséquilibrer le côté droit de l’attaque française. Mais alors que Ray s’apprêtait à lancer
Samir Nasri dans le grand bain, Anelka recevait le ballon côté gauche à 40 mètres des buts, s’enfonçait dans l’axe et décochait une frappe de ving mètres qui terminait au raz du poteau de Karcemarskas (73e).
Une fin de match crispante.
Les débuts internationaux de Nasri était donc remis à plus tard mais l’équipe de France, loin d’être libérée par l’ouverture du score, allait trembler jusqu’à la fin devant la pugnacité des partenaires de Danilevicius, capitaine courage de la sélection lituanienne, qui donnait une petite frayeur à
Coupet dans les arrêts de jeu alors que Cissé avait manqué le break sur un service en retrait d’Anelka. Annoncé comme une équipe de seconde zone, faible physiquement et tout juste bonne à balancer des longs ballons, la Lituanie aura donc donné du fil à retorde au camp français.
Tout reste à faire
Avec la victoire de l’Ecosse face à la Georgie et le succès de l’Ukraine aux Iles Féroé, la situation des Bleus n’a donc pas sensiblement changé dans ces éliminatoires de l’Euro 2008. Après leurs deux prochains matchs, face à l’Ukraine et la Georgie en juin, on y verra sans doute plus clair. En espérant que d’ici là l’infirmerie de l’équipe de France se soit désemplie.
Edouard Orozco
A lire :
Les options de Raymond
Les 23 Bleus pour France - Lituanie