le Samedi 17 novembre
- Hampden Park
(Coup d'envoi à 17h45)
A l'image du ciel, l'Ecosse entière pleure ce soir, anéantie après la défaite de son équipe face à l'Italie. Dominée sans démériter, la Squadra Azzurra a réussi à vaincre la formation d'Alex McLeish grâce aux buts de Toni, dès la première minute de jeu, et de Panucc, lors des dernières secondes de la rencontre. Courageuse et combattive comme à l'accoutumée, l'Ecosse avait pourtant mis la main sur le jeu suite à l'égalisation de Ferguson à la 63e. Une défaite on ne peut plus amère puisque l'Italie se qualifie pour le prochain Euro en compagnie de la France, certaine de rester devant les Scottish quoiqu'il arrive en Ukraine ce mercredi. Pour l'Ecosse, il faudra de nouveau attendre quatre longues années.
L'Italie pronto comme l'éclair
Un enjeu considérable attendait les deux équipes ce soir : une défaite et l'Euro 2008 s'envolait. Réputée pour sa combativité et son douzième homme qu'est Hampden Park, l'Ecosse se devait de donner corps et âme dans ce dernier chemin vers la Suisse et l'Autriche. Pourtant, l'Italie refroidissait rapidement les ardeurs adverses dès la première minute de jeu : sur son côté gauche, Di Natale centrait en retrait pour
Toni qui plaçait son extérieur du pied dans la lucarne de Gordon. Auteur d'un doublé synonyme de victoire lors de l'aller à San Siro,
Tonigol s'apparentait déjà au bourreau, tortionnaire des Ecossais.
Face à ce scénario impromptu, l'équipe de McLeish restait sonnée durant quinze bonnes minutes. Soudain fébrile, l'Ecosse allait frôler le KO suite à deux occasions de ce diable de Toni et un arrêt réflexe de Gordon après une frappe à bout portant d'Ambrosini.
Mais les détenteurs du
Fighting Spirit allaient peu à peu se relever et enfin créer le danger. Sans pour autant trouver le chemin des filets. McFadden seul à la pointe de l'attaque, les
Bhoys profitaient essentiellement des coups de pied arrêtés pour monter et démontrer qu'ils n'étaient pas morts. A la 46e, sur un corner frappé au deuxième poteau, Weir croisait sa tête et battait
Buffon. Alors que tout le stade crut à l'égalisation,
Pirlo sauvait sur sa ligne. Plus que malheureux sur cette action, les Ecossais rentraient au vestiaire avec ce satané but de retard.
Hampden Park se réveille
Accueillie par les siens et un monumental "Flower of Scotland", l'Ecosse mettait pourtant son temps afin de rentrer à nouveau dans la partie : véritable round d'observation, ce deuxième acte démarrait avec calme et observation. Alors que les
Scottish pouvaient retrouver la lumières, les joueurs se mettaient à frapper mollement, ne cadraient pas les coups-francs, rataient la dernière passe et se faisaient enfermer par un
catenaccio revenu à cinq défenseurs. Pourtant, malgré le temps maussade, un coin de ciel bleu allait enfin s'entrouvrir.
Il fallut donc cette fameuse chevauchée de Hutton et cette faute de
Zambrotta à la limite de la surface pour que le pays de l'Union Jack se réveille à nouveau. Frappé par McFadden, le coup-franc qui s'ensuivait était contré par le mur azzurro mais retombait dans les pieds de McCulloch, reprenant aux 3m mais trouvait Buffon qui relâchait ce coup de fusil. En bon capitaine qu'il est,Ferguson montrait alors le chemin à suivre en inscrivant le but de l'égalisation (63e).
Suite à ce but amplement mérité, les Ecossais se lançaient dans l'ultime bataille en faisant entrer Kenny Miller comme deuxième attaquant. Engagés dans tous les ballons, les résidants allaient forcer le cadenas sans pour autant faire sauter le verrou. Magnifiquement servi sur le côté droit, McFadden tentait une frappe dans un angle fermé à la 79e. Sur ce coup, deux coéquipiers l'attendaient dans la surface. Trois minutes plus tard, le même homme manquait l'immanquable. Suite à un splendide mouvement, McFadden trouvait Miller sur sa droite qui lui remettait au second poteau. Trop court, l'attaquant ne pouvait cadrer sa frappe. Au bord du gouffre, l'Italie cachait pourtant son jeu...
L'esperianza prône sur le Fighting Spirit
Peu enclins à se découvrir, les Italiens n'avaient plus qu'à jouer le temps ou croiser les doigts pour qu'une de leur passe en profondeur aille jusqu'au bout de l'action. A la 88e, Pirlo rappelait pourtant ses dons d'excellent tireur de coups de pied arrêtés en tirant un coup franc côté gauche qui ne trouvait pourtant personne. L'Italie ne s'annonçait pas encore vaincue, les Ecossais étaient prévenus.
Suite à une faute loin d'être évidente sur
Chiellini, l'Italie pouvait se procurer la dernière action du match à la 91e. Placé sur le côté droit, le cuir était de nouveau frappé par Pirlo qui trouvait la tête de Panucci pour transpercer Gordon et le cœur de millions d'Ecossais.
Contestable, cette défaite sonne le glas pour ces valeureux britanniques. En laissant filer l'Italie dans ces dernières minutes, l'Ecosse a perdu tout espoir de se retrouver à l'Euro 2008, laissant la France lui voler la dernière place qualificative. Bien que la
Squadra Azzurra ait remporté cette fameuse victoire grâce à son expérience, nul doute qu'elle fera également couler beaucoup d'encre dans les tabloïds écossais. Passés de l'état de challengers périlleux à celui de perdants malheureux, les hommes de McLeish trouveront du temps avant de se relever de cette sévère désillusion.