le Mardi 17 juin
- Vienne, en direct sur W9
(Coup d'envoi à 20h45)
Les Pays-Bas joueront-ils le jeu face aux Roumains ? Depuis la défaite de la France face à la sélection néerlandaise (1-4) et le nul entre l'Italie et la Roumanie (1-1), vendredi, telle est la question qui brûle les lèvres dans le groupe de la mort. Les hommes de
Marco van Basten, qui va naturellement faire tourner son effectif, ont-ils intérêt à perdre plus ou moins volontairement contre les Roumains pour éliminer d'un coup les deux finalistes du dernier Mondial ? Ce n'est peut-être pas si simple.
Pression sur van BastenPeu après la déroute des Bleus,
Raymond Domenech lançait déjà la polémique : "
Ils ne joueront avec autant d'énergie que face à nous et l'Italie. Il est difficile d'imaginer que les Pays-Bas battent la Roumanie." Un son de cloche repris par le président de la fédération italienne Giancarlo Abete : "
C'est une crainte naturelle. La crédibilité du tournoi et du football européen en général est en jeu. Si l'on regarde comment les Pays-Bas ont battu l'Italie et la France, le match face à la Roumanie devrait se terminer de la même façon. Sinon, il faudra y regarder de plus près."
Le sélectionneur italien
Roberto Donadoni l'a lui joué sur le mode de l'affectif : "
Je crois en l'honnêteté et la transparence. Ces vieux débats n'aide personne. Van Basten est quelqu'un d'honnête et de compétent. Je le connais probablement mieux que personne ici, je sais donc à quoi m'attendre." Tandis que Gianluigi Buffon a miser sur la flatterie et le défi sportif : "
Je pense que les Pays-Bas voudront rencontrer l'Italie ou la France en demi-finale, après la façon dont ils nous ont dominé dans les premiers matchs. Je veux aussi retrouver les Pays-Bas, pour remettre les compteurs à zéro."
Les Oranjes bluffent-ils ?Insensible aux pressions, Marco van Basten assure lui que "
chaque match est important" et que "
le fait d'effectuer quelques changements dans l'équipe ne change rien à cela" : "
Les joueurs alignés joueront de manière optimale". "
Je trouve déjà tragique de perdre une simple partie de tennis de table, alors un match de football face à la Roumanie", a répondu de son côté Robin van Persie. "
Je ne peux pas imaginer que mes équipiers n'aient pas les mêmes intentions que moi". Discours de façade ou vraie état d'esprit ? Il faudra attendre mardi pour connaître la vérité du terrain.
Si éliminer la France et l'Italie de l'Euro est tentant pour une nation qui prétend désormais aller au bout de la compétition, les Pays-Bas prendraient un risque en perdant contre des Roumains qui leur ont fait la misère lors des éliminatoires (0-1 à Constanta, 0-0 à Rotterdam), leur chipant au passage la première place du groupe. "
Il faut prendre ce match à 100% au sérieux", a ainsi prévenu Johan Cruyff, expliquant qu'un mauvais résultat pourrait affecter la confiance engrangée par l'équipe après ses deux premiers matchs.
Le bon calcul ?Le calcul serait d'autant plus périlleux qu'avant de songer à une éventuelle demi-finale contre la France ou l'Italie, les Pays-Bas devront en découdre avec la Russie ou la Suède dans leur quart de finale. Tandis que Bleus ou
Azzurri seraient eux opposés à l'Espagne. Par ailleurs, bien malin qui peut dire comment tournerait une nouvelle confrontation Pays-Bas - Italie ou Pays-Bas - France. Bref, les avantages que pourraient tirer les
Oranje d'une défaite devant les Roumains apparaissent limités, voire hypothétiques.
Il ne faut pas non plus oublier que Pays-Bas - Roumanie demeure avant tout un match de football dont le sort sera décidé par les acteurs présents sur le terrain. Equipe B ou pas, ceux qui seront alignés par van Basten voudront forcément prouver leur valeur. Notamment
Klaas Jan Huntelaar, Johnny Heintiga ou
Demy De Zeeuw, qui ont participé activement à la campagne de qualification mais sont sortis du onze de "San Marco". Et quand on voit que les remplaçants de
Wesley Sneijder et
Rafael van der Vaart pourraient se nommer
Robin van Persie et
Arjen Robben...
Pour s'imposer, la Roumanie devra quoiqu'il arrive sortir une grosse performance. Et sera sans doute dans l'obligation de faire le jeu, ce qui n'a pas été son point fort jusqu'ici, se mettant du coup à la merci des contre bataves. "
J'espère que les Pays-Bas joueront avec leurs meilleurs éléments pour qu'on ne doive notre qualification à personne", juge de son côté Ciprian Marica. "
Lorsqu'une équipe tourne bien comme les Pays-Bas, pourquoi la changer ? Mais si nous affrontons les remplaçants, il n'est pas dit que l'équipe soit moins forte car ce sont des joueurs qui vont vouloir impressionner." Mardi, il n'y aura plus de place pour le bluff. Il faudra joueur cartes sur table.
Le bilan des 11 confrontations : 7 victoires pour les Pays-bas, 1 victoire pour la Roumanie, 3 matchs nuls.