
44 ans après son premier succès européen, l'
Espagne accroche un second titre majeur à son palmarès en s'imposant devant l'
Allemagne (1-0) grâce à un but de
Fernando Torres (33e). Un succès logique vu la maîtrise technique et collective, ainsi que la maturité affichées par les hommes de Luis Aragones, qui abandonne la Seleccion sur un succès historique. Passé un premier quart d'heure fébrile de la
Furia Roja, l'Allemagne n'a elle jamais semblé en mesure de mettre la main sur la rencontre et aurait pu repartir avec une valise si les Ibères s'étaient moins compliqués la vie dans les trente derniers mètres.
Il n'y avait pas photo
Pour une fois, la Mannchaft n'aura donc pas rempli son rôle de bourreau des belles équipes. Elle qui avait brisé les rêves de la Hongrie de Kocsis (1954), des Pays-Bas de Cruyff (1974) ou de l'équipe de France de Michel Platini (1982 et 1986) a buté sur l'obstacle espagnol. Invaincue, meilleure attaque et défense du tournoi, la Seleccion a su mettre ce qu'il faut de rigueur pour ne pas laisser passer une victoire qui lui tendait les bras. Car entre l'Espagne et l'Allemagne, il n'y avait pas photo dans cette finale de l'Euro.
Avec l'Euro 1964 comme seul titre à avancer face aux trois Coupes du Monde et trois championnats d'Europe glanés par la sélection allemande, l'Espagne était pourtant encore poursuivi par sa réputation de l'éternelle favori qui déçoit toujours. Ce qu'on a pu constater en début de match lorsque
Sergio Ramos se risqua à une passe dans l'axe pour
Carles Puyol qui faillit permettre à
Miroslav Klose d'ouvrir le score (3e). Le côté droit souffrait encore sur des accélérations de Ballack (8e) et Podolski (9e). Puis
Iker Casillas devait intervenir deux fois dans les airs pour écarter le danger (13e). Juste le temps pour ses partenaires de rentrer enfin dans le match.
Une équipe est née
Si le passif de la sélection espagnole ne plaidait pas en sa faveur à l'heure d'affronter le triple champion d'Europe, ses joueurs possèdent un vécu en club incomparable avec celui des Allemands. Vécu qui leur a permis de reprendre le contrôle de la partie et de faire valoir leur supériorité technique malgré un gros déficit de taille et de poids sur son adversaire du jour (10 cm et 10 kg par joueur). Symboles de cette opposition de style, Xavi et Iniesta ont dirigé le jeu de main de maître et été à l'origine des occasions les plus chaudes.
Dès la 14e, Iniesta sonnait la révolte en adressant un centre fort détourné par Metzelder qui manquait de tromper Lehmann. Sergio Ramos trouvait lui la tête de
Fernando Torres qui percutait la base du poteau du gardien vétéran (23e). Une occasion loupée qui aurait pu coûter cher à l'Espagne si Ramos n'avait contré une reprise en force de Ballack (25e). Mais c'est bien Torres, lancé en profondeur par
Xavi, qui gagnait son duel face à Philipp Lham et devançait la sortie du portier allemand d'une pichenette décisive (33e). Juste récompense pour
El Niño qui aura énormément travaillé pour l'équipe en l'absence de
David Villa.
Ballack nerveux
Après le passage en 4-4-2 de la
Mannschaft en seconde période, avec l'entrée de Kevin Kuraniy (58e), la
Seleccion aura encore connu quelques minutes de frayeur avant que Luis Aragones ne répondent en faisant entrer Xabi Alonso à place d'Iniesta. Mais Michael Ballack, pas au sommet de son art étonnamment nerveux, loupait le cadre sur un centre de Podolski qui avait profité d'une erreur de Puyol pour récupérer le ballon. Un des trois tirs tentés par l'Allemagne (pour un cadré) dans cette rencontre. Trop peu, même pour les rois du réalisme.
L'Espagne a elle gâché allègrement les occasions de faire le break, abusant des redoublements de passes dans la zone de vérité ou manquant de réussite, comme Sergio Ramos dont la tête à bout portant était claqué par Lehmann (67e). Des petits erreurs que l'ivresse de la victoire ont déjà effacé. Et qui démontre qu'en plus d'avoir remporté la finale de l'Euro, la
Furia avait une certaine marge sur l'Allemagne.
Illustration : 1- Fernando Torres a pris le dessus sur la défense allemande, ici Philipp Lahm et Jens Lehmann, pour offrir le titre à l'Espagne. 2- Michael Ballack a paru très nerveux pour sa seconde finale perdue de la saison après celle de la Ligue des champions (crédit : Sipa)Composition des équipes :
Allemagne : Lehmann - Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm (Jansen, 46e) - Frings, Hitzlsperger (Kuraniy, 58e) - Schweinsteiger, Ballack (cap.), Podolski - Klose.
Espagne : Casillas - S. Ramos, Marchena, Puyol, Capdevila - Senna - Silva (Cazorla, 66e), Xavi, Fabregas (Xabi Alonso, 63e), Iniesta - Torres.
Cartons jaunes : Ballack (43e), Casillas (43e), Torres (74e), Kuraniy (88e)