le Mercredi 17 octobre
- Stade de la Beaujoire
(Coup d'envoi à 20h50)
Qu'il fut compliqué pour l'équipe de France de marquer ce premier but face à la Lituanie. Incapables de trouvé le chemin des filets durant la première période malgré une domination sans appel, les Bleus ont finit par faire sauter le verrou lituanien sous les encouragements d'un formidable public de la Beaujoire. Malgré la fatigue résultant du périple féroïen,
Henry trouvait la faille à la 78e puis doublait la mise trois minutes plus tard.
Ce soir, Titi a dépassé
Michel Platini en nombre de buts inscrits sous le maillot tricolore mais, plus que tout, les Français se sont rapprochés de la qualification à l'Euro, ravissant la première place du groupe B à l'Ecosse, tombé de haut en Géorgie (0-2).
La France égale à elle-même
Qui a dit que ce groupe B serait des plus simples ? Personne, bien évidemment. Mais aucun d'entre nous ne se doutait que les petites équipes auraient à cœur de se donner à fond face aux grandes cylindrées. Comme ça, par hasard, prenons la Lituanie. Déjà capables d'accrocher le match nul à San Siro devant des Italiens qui n'avaient, certes, pas encore repris leur championnat, les hommes de Liubiskas avaient l'envie de bien faire sur les terres françaises. Pendant 45mn, leur mission fut accomplie.
Pourtant, ce sont bien les Bleus qui se montraient les plus entreprenants. Avec la volonté de bien faire, la bande à
Domenech prenait d'assaut la deuxième partie du terrain. Ainsi, dès la 1remn,
Ribéry trouvait la transversale d'une jolie frappe des 20m.
Durant cette 1re mi-temps, chacun y aura été de son petit coup de patte, à l'image de
Malouda et sa frappe qui heurtait la transversale (14e), ou de
Gallas qui, d'une tête piquée trouvait malencontreusement la hanche du gardien adverse (21e). Non, décidément, rien ne voulait passer, même après ce jeu à terre allant de gauche à droite ou
Diarra croisa trop sa frappe (36e), tout comme
Benzema une minute plus tard.
Malgré la fougue du Lyonnais et ses enchaînements difficiles mais accomplis de toute classe, malgré les accélérations de Ribéry sur le côté droit et les crochets de
Malouda à l'opposé, la France ne dessinait pas l'emblême de la victoire. Comme à l'habitude, les tricolores poussaient, dominaient sans pour autant convaincre, sans montrer leur capacité à marquer.
Pis, on cru un temps que les
Frenchies allaient baisser d'un ton. Moins rythmée, moins poussive, la rencontre permettait aux jaune et vert d'agir en contre. Ainsi, face à une défense typée écossaise (tous à l'arrière les mecs !), la dernière charnière française laissa plus d'espace. Et là, frayeur dans le stade. A la 17e, Ksanavicius se débarrassait à la fois de
Toulalan et
Abidal puis enroulait sa frappe pour trouver le poteau.
De grosses craintes se faisaient ressentir, l'épisode écossais étant resté dans les mémoires de tous. D'ailleurs, Henry ne rassurait pas, manquant son coup-franc quelques minutes avant la pause.
Faites vos jeux, rien ne va plus
Lors du deuxième round, même combat : les Bleus continuaient de pousser devant des Lituaniens plus agressifs mais rien ne voyait le jour. Le visiteur était supérieur au niveau des joutes aériennes, restait groupé, que fallait-il faire ? Tenter dira-t-on, mais même avec cette hypothèse et sa mise en œuvre, le tout ne résulta que d'une mixture infructueuse au goût déjà amer.
Durant ces minutes où le doute aurait pu s'installer, l'EdF n'abdiquait pourtant pas malgré la fatigue rattrapant les organismes : Benzema devenait moins précis mais toujours aussi percutant avec Henry, Toulalan s'engageait corps et âme dans la bataille, multipliant les tacles d'une précision extraordinaire et les courses effrénées vers l'avant. L'Anaconda lui-même ne montrait pas de signe de frustration mais, au contraire, se rendait de plus en plus entreprenant.
Seulement, il y a des jours où la peur peut faire perdre la boule, où la domination peut se transformer en soumission, où la volonté ne paie pas et la chance ne sourit plus. A la 67e, Ribéry se faisait ainsi tirer, limite arracher le maillot dans la surface. Mais aucun coup de sifflet ne résonnait, remplacé par des huées de tout un stade acquis à la cause de sa patrie. Depuis cinq minutes pourtant, les Lituaniens faisaient preuve de fébrilité et de fatigue.
Henry est arrivéééé-hé-hé
A la 69e, Domenech faisait rentrer
Ben Arfa qui, d'une part, manquait l'immanquable devant une cage vierge de gardien (69e), puis se plaçait à gauche, puis à droite, puis au centre. Heureusement, les Bleus possèdent un grand manitou,
Thuram , capable de pousser sa gueulante devant tant d'insouciance. Ainsi, le jeune lyonnais se replaçait impeccablement pour rendre une copie plus propre, moins brouillonne.
C'est d'ailleurs lui qui débordait côté gauche à la 78e, passait en retrait pour trouver Henry qui ouvrait son pied et... délivrait enfin la France face à l'oppresseur. Auteur de son premier but de sa carrière à Nantes lors de ses années Monégasques, Titi décrochait la timbale en laissant derrière lui un certain Platini et ses 41 réalisations. Mieux encore, Henry en profitait pour aggraver la marque trois minutes plus tard sur un contre mené par Toulalan. Benzema aurait pu alourdir le score mais un double arrêt du gardien lituanien vint stopper l'euphorie des Bleus.
Peu importe le score, la victoire est bien là, et c'est tout ce qui compte : un record a été battu, Henry est ému, la France a vaincu, de ses troupes Domenech est convaincu, l'Ecosse a perdu, et ce soir notre cœur en berne n'est plus.