le Dimanche 23 décembre
- Nou Camp
(Coup d'envoi à 19h00)
Invaincu au Nou Camp depuis deux ans, le FC Barcelone a subi la loi du Real Madrid de Bernd Schuster, monstre d'efficacité qui aligne sa 13e victoire en Liga de la saison. Privés de
Lionel Messi, les Catalans ont rarement semblé en mesure de déborder la rugueuse défense merengue et s'inclinent sur un une-deux entre
Ruud van Nistelrooy et
Julio Baptista conclu par une cartouche du brésilien (1-0, 36e). Avec désormais 7 points d'avance sur son rival et dauphin, le Real peut passer les fêtes tranquilles et laisser le Barça cogiter sur ses limites du moment et la transparence de son ex-phénomène,
Ronaldinho.
Un clasico au rabais
Pour un clasico programmé la veille du réveillon de Noël, on attendait un peu plus de spectacle de la part des acteurs de ce Barça – Real. La saison dernière, les deux grands rivaux du championnat d’Espagne s’étaient quittés sur un nul prolifique (3-3), avec un triplé mémorable de Messi. La cuvée 2007-2008 a elle été placée sous le signe du verrouillage, et les fautes tactiques ont supplantés les gestes techniques. Mais, surtout, les Madrilènes ont frappé un grand coup en démontrant leur supériorité sur leur principal concurrent dans la course au titre.
Rigoureux défensivement, le Real n’a pas laissé les individualités barcelonaises exister, à commencer par Ronaldinho, finalement titularisé par Rijkaard et éteint par
Sergio Ramos. Samuel Eto’o, de retour de blessure, et
Andres Iniesta ont été plus en vue sans pouvoir faire la différence et compenser les absences de Lionel Messi et Thierry Henry, aligné sur la feuille de match mais trop juste pour rentrer dans l’arène. Et Iker Casillas a comme toujours été impérial pour annihiler les occasions catalanes.
Real-iste
L’autre atout du Real de Schuster est sa capacité amener rapidement le danger sur le but adverse en profitant du jeu en remise de
Raul et van Nistelrooy. C’est ainsi une déviation du Néerlandais qui permit à Baptista de fusiller Valdes d’une frappe extérieur logée sous la barre (1-0, 36e), sur une action a priori anodine. Un coup dur pour le Barça qui venait de solliciter
Iker Casillas trois fois par Eto’o (30e), Xavi (33e) et Ronaldinho (34e).
En serrant les lignes et n’hésitant pas à interrompre les offensives adverses par des obstructions et petites fautes - pas toujours sifflées par M. Mejuto Gonzalez -, les Merengue n’eurent pas trop de mal à contenir la réaction de Barcelone, trop timide à l’image de cette frappe d’Iniesta dans les gants de Casillas (53e). Il fallut en fait attendre l’entrée de
Bojan Krkic (82e) pour que la fin de match s’enflamme, le jeune joueur formé au club obligeant Casillas à se déployer pour repousser sa frappe (83e) puis provoquant une faute de Ramos sur le côté de la surface (88e).
Hiver chaud en Catalogne
Certes handicapé par une cascade blessures depuis le début du championnat (Eto’o, Henry, Messi, Puyol, Edmilson…), le Barça ne peut que constater les dégâts et l’écart qui le sépare de son rival. "Sept points à ce stade de la saison, c’est beaucoup. Mais il faut continuer à travailler", a ainsi reconnu Xavi. "Je ne sais pas ce qu’il nous a manqué, nous avons tout essayé, mais la différence c’est que dans les derniers mètres, ils ont été meilleurs", analysait de son côté Iniesta, pointant le doigt avec justesse sur la force de ce Real impitoyable dans les deux surfaces.
Si le titre n’est pas encore joué, comme l’a rappelé Frank Rijkaard ("Il reste beaucoup de matchs, et même si Madrid a l’avantage, tout est possible"), la situation devient tout de même compliqué pour des Barcelonais qui semblent encore confrontés aux problèmes apparus la saison dernière et doivent maintenant gérer le cas Ronaldinho. L’hiver s’annonce chaud en Catalogne.