le Mardi 21 novembre
- Santiago Bernabeu
(Coup d'envoi à 20h45)
Auteur jusque-là d’un parcours parfait, Lyon se présente au Real Madrid en leader après quatre vicoitres en autant de journées. D’ores et déjà qualifié pour la seconde phase de la Ligue des champions, les hommes de Gérard Houllier vont s’atteler à conserver une première place qui permet d’éviter les têtes de série en huitièmes de finale et de recevoir au match retour. Un simple match nul permettrait même aux Gones pour se qualifier avant d’accueillir le Steau Bucarest lors la dernière journée.
"Nous ne venons pas ici pour un match nul ou pour défendre", a toutefois déclaré Gérard Houllier. "Nous venons ici avec enthousiasme, confiance en nous et la volonté de gagner." Après l’avoir emporté à domicile et fait match nul à Bernabeu, lors de la double confrontation de la saison passée, l’OL aimerait placer la barre encore plus haut en allant s’imposer à Madrid. Même si Fred, Benzema, Govou et probablement Wilotrd seront indisponibles pour cette rencontre.
En Espagne, cette vague de forfait dans les rangs adverses n’empêche pas la presse madrilène de se méfier des Lyonnais. Le journal AS, qui rappelle que l’OL peut réaliser le double exploit de finir la pelouse avec 6 victoires et 0 buts encaissés, semble ainsi avoir peaufiner sa connaissance des quintuples champions de France : "malgré cela, Lyon compte dans son effectif d’autres footballeurs très dangereux comme Carew, Ben Arfa ou Remy, capables de pallier les absences qu’enregistre le club français", écrit le quotidien madrilène. Le rapport de force a changé.
Les équipes probables :
REAL MADRID : Iker Casillas - Míchel Salgado, Sergio Ramos, Helguera, Roberto Carlos - Emerson, Diarra - Raúl, Guti, Robinho - Van Nistelrooy.
LYON : Coupet - Reveillere, Cris, Squillaci, Abidal - Toulalan, Tiago, Juninho Pernambucano - Clerc, Carew, Malouda.
C'est avec un brin de curiosité sur la capacité de répondant des lyonnais que débute cette rencontre. Affaiblis par les absences, ils ont paru émoussé lors de leurs dernières sorties.
Les deux équipes commencent par faire étalage de maîtrise technique, avec une légère domination madrilène. Sans danger mais sans faute, la rencontre démarre joliment. Il faut attendre la 6e minute pour voir l’arbitre arrêter le jeu, ce qui a pour effet de lancer le match et le festival
John Carew.
Il pénètre d'abord sur la droite de la surface mais son centre en retrait est contré. Puis il se retourne aux 30 mètres et remporte son duel avec
Fabio Cannavaro grâce à un contre favorable. Son extérieur du droit, vite enchaîné, ne laisse aucune chance à
Iker Casillas (12e). Sur cette action,
Fabio Cannavaro perd du temps à signaler une position d'hors-jeu imaginaire ce qui laisse les centimètres suffisants à Carew pour se retourner.
Madrid se ressaisit et répond : une série de dribbles de Robhino qui n'ajuste pas son centre (10e), un coup franc vite joué que
Cris dégage in extremis, et une bonne tête de Raul, sortie par une claquette de
Grégory Coupet(15e). Mais un nouvel exploit de
John Carew, qui fixe son défenseur à la manière d’un pivot au basket-ball, avant de servir
Tiago, dans l’axe, fait frissonner Santiago Bernabeu (18e). Il multiplie les actions de classe et sa réussite, insolente, en devient troublante. C’est une bonne nouvelle pour les finances de Jean-Michel Aulas : le norvégien, énorme,…peut valoir cher au Mercato.
Guti, souffrant des adducteurs, est remplacé par
José Antonio Reyes, un joueur à vocation plus offensive. Plaisant, le match ne donne pas une impression de vitesse mais de grande qualité technique et de consignes appliquées avec méthode et sérieux, ce qui n'empêche pas de nombreuses situations chaudes. Ainsi, l'arbitre ne signale pas une main involontaire mais réelle d’
Eric Abidal (26e). Dans la foulée, le timide
François Clerctente sa chance et obtient un corner. Lyon étouffe Madrid. Sur un coup franc de
Juninho,
Florent Malouda(30e) bien seul aux 6 mètres, dévie d’une pichenette devant
Iker Casillas et fait le break (2-0). Lyon maîtrise.
Le Real Madrid accuse le coup. Sans vraiment déjoué, il se casse les dents sur la sérénité de Gones qui posent, en cette première mi-temps, une patte de prédateur gourmand sur la rencontre. Pourtant, on devine que tout peut très vite basculer. Ainsi,
Jérémy Toulalan, déjà averti, sévèrement, pour un tacle sur Guti (19e), frôle l'expulsion après un rude contact avec Diarra. Puis, un corner de Reyes, remisé au centre par
Ruud van Nistelrooy, transparent jusque-là, est repris d’une tête imparable par
Mahamadou Diarra. Il s’agit du premier but encaissé par Lyon en ligue des Champions cette saison (37e) (2-1).
L'équipe espagnnole se redresse mais Helguera boite. Même malmenée, elle paraît plus cohérente et donc plus dangereuse que ces dernières années. On assiste ce soir à un match adulte entre deux grandes équipes.
La seconde période reprend en douceur jusqu’à une faute de
Anthony Réveillère qui attrape
Robinho avant qu'il ne file au but (50e). Le coup-franc de
Roberto Carlos se transforme en centre dangereux qu'aucun Merengue ne parvient à contrôler.
Carew s'engouffre à nouveau dans la surface sans redresser suffisamment pour
Juninho absolument seul aux 6 mètres (52e). Dommage. On voit du Carew partout. Tout marche : les doubles contacts, les grands ponts, les contres...Sa capacité à conserver la balle et se débarrasser de
Fabio Cannavaro est sidérante. Le peut-être futur Ballon d’Or est au plus mal. Il a vu le loup-Carew et se fait croquer comme une grand-mère. Seul bémol pour Lyon,
Juninho, même s'il a donné une balle de but, n'est pas en réussite sur ses coups francs. Ses tentatives lointaines sont très loin du cadre.
Une grosse faute de
Roberto Carlosest sanctionnée d’un carton jaune (75e). La victime,
François Clerc, excellent de sobriété, multiplie les offensives depuis quelques minutes et agace le brésilien.
Cassano est rentré. Il n'a plus joué depuis le match aller. Capello n'a pas le choix. Son équipe ne se montre plus dangereuse, jusqu’à …l’égalisation de
Ruud van Nistelrooy, qui n'a plus qu'à pousser la déviation de Raul, consécutive à un centre de
Roberto Carlos (83e) (2-2).
Contre le cours du jeu, les espagnols reviennent dans la partie et obtiennent même un penalty, concédé par
Cris, qui coupe trop sèchement la trajectoire
Ruud van Nistelrooy.
Grégory Coupet n’a pas eu le loisir d’arrêter ceux de la finale de la Coupe du Monde mais se détend parfaitement sur sa gauche…et détourne la frappe appuyée du néerlandais (90e). Merci Greg.
Lyon conserve donc in extremis sa première place en ramenant un match nul mérité mais disputé jusqu’au bout. Le Real Madrid grandit doucement sous la houlette de Fabio Cappelo et décroche un résultat flatteur. Le match retour des huitièmes de finale aura lieu à Lyon, c’est une bonne nouvelle.