le Mardi 10 avril
- Old Trafford
(Coup d'envoi à 20h45)
Une gifle, une tôle, une correction, une fessée, appelez-ça comme vous voulez. Aucun mot n'est assez fort pour décrire la leçon infligée par Manchester United à l'AS Rome (7-1).
Tout ce qu'on avait pu dire ou écrire à propos de la Roma, son jeu flamboyant, sa maîtrise collective, les passements de jambe de Mancini ou le talent de son numéro 10
Francesco Totti, ne pèse plus grand chose aujourd'hui. Convaincante lors de la première manche au Stadio Olimpico, la Louve a littéralement explosée à Old Trafford. Une déroute retentissante mais à mettre en perspective avec la performance stratosphérique des hommes d'Alex Ferguson qui ont offert à leurs supporters un des plus beaux matchs de l'histoire du club.
Ronaldo, l'homme du match, et Evra, entré en cours de partie, sont au septième ciel
Carrick allume la mèche
Dès les premiers instants de la rencontre, Manchester étouffait son adversaire avec un pressing survitaminé qui enflammait d'entrée le Théâtre des Rêves. Totti se signalait par une frappe tendue de peu à côté (5e) mais les ennuis n'allaient pas tarder à commencer pour son équipe.
Cristiano Ronaldo, qui commençait tout juste son festival, lançait Michael Carrick dans l'axe. A 30 mètres des buts, le jeune milieu de terrain décochait une frappe enroulée qui lobait un Doni figé (1-0, 11e). Complètement désordonnée, la Roma concédait rapidement un second but sur une grossière erreur de Chivu qu'Alan Smith (2-0, 17e) ne manqua pas de convertir pour son premier match de C1 de la saison. Le signe que tout allait réussir à Man U ce soir.
Ronaldo show
La défense de la Roma, jusque là la moins perméable des quarts de finaliste, a pris l'eau de toute part, notamment sur son flanc gauche où Tonetto, absent, était remplacé par Panucci. Dans la lignée du match aller où il avait impulsé le retour de son équipe réduite à dix, Cristiano Ronaldo fut donc une nouvelle fois la grande attraction de la soirée. Insatiable, ce jeune homme à qui le Real Madrid fait la cour depuis des mois n'a pas laissé les Romains respirer et s'est battu pour inscrire les deux premiers buts de sa carrière en Ligue des champions et fut à l'origine du 3-0 inscrit par
Wayne Rooney (18e) avant d'ouvrir son compteur personnel.
Totti et ses hommes tirent la gueule. On les comprend.
De Rossi "sauve" l'honneur
Après en avoir pris quatre en première période, l'AS Rome allait encore plier trois fois après la pause,
Patrice Evra, entré en cours de match, se joignant lui aussi à la fête sur un tir au premier poteau qui concluait une soirée de prestige (7-1, 81e).
De Rossi avait joliment réduit le score entre temps en reprenant de volée un centre de Totti mais il en fallait plus pour sauver l'honneur de la ville éternelle, finalement étrillée sur un des scores les plus lourds de l'histoire de la compétition. Une déroute "difficile à expliquer", pour le coach romain Luciano Spalletti. "Ils ont marqué sur leur première offensive", a-t-il regretté. "Ensuite, on n'a pas su répondre à leur enthousiasme, et notre inexpérience à coûté cher sur leurs contre-attaques."
La danse de Ferguson
Les partenaires de
Philippe Mexès, qui a sombré comme ses partenaires devant les vagues rouges, pourront surtout s'arracher des cheveux en repensant à leurs occasions manquées du match aller dont ils auraient pu repartir avec une marge plus confortable. Après leur beau parcours, ils ne méritaient sans doute pas de quitter la compétition sur un tel résultat. Mais le football est ainsi fait. Au malheur des Italiens contraste bien sûr le bonheur des Anglais, qui retrouvent enfin les demi-finales après cinq d'absence à ce niveau. Si l'on croit Evra, Alex Ferguson y serait même allé de sa petite danse dans un vestiaire forcément en folie. Le Bayern et le Milan AC, qui se disputent ce soir le droit d'affronter les Mancuniens au prochain tour, peuvent commencer à trembler. Le grand Man U est de retour.