On ne l’a fait pas deux fois au grand Milan. Deux ans après le cauchemar d’Istanbul qui avait vu Liverpool revenir d’entre les morts et s’imposer aux tirs au but, les
Rossoneri ont pris leur revanche grâce à un doublé d’Inzaghi (45e, 82e) qui offre au club son septième titre dans la compétition. La réduction du score de Kuyt (89e) était trop tardive pour permettre aux Reds de renouveler leur exploit.
Le plan Benitez
En alignant un 4-5-1 avec
Dirk Kuyt seul en pointe, soutenu par
Steven Gerrard, Rafael Benitez avait pourtant trouvé le schéma qui allait faire douter Milan en première période. Face à ce milieu de terrain dense et ultra-discipliné tactiquement, les Italiens eurent un mal fou à développer leur jeu et, notamment, à trouver l’électron libre
Kakà, tombé sur un sacré client en la personne de
Javier Mascherano, et le renard Inzaghi.
Loin du bouillon pris en 2005, les
Reds se procuraient même la première occasion du match sur une frappe de Jermaine Pennant détourné par Dida (10e). Milan faisait le dos rond et voyait avec Bonheur deux tentatives lointaines de
Xabi Alonso (27e) et John Riise (31e) manquer le cadre. Mais à dominer sans concrétiser face à une équipe italienne, on sait à quelles genres de déconvenues on s’expose…
Un cadeau du ciel
Jusque-là bien muselé, en dehors d’une frappe timide capté sans soucis par Reina, Kakà réussissait une percée dans l’axe qui poussait Xabi Alonso à commettre la faute à 20 mètres de la surface. Le coup franc tiré par
Andrea Pirlo était détourné involontairement par le bras de
Filippo Inzaghi et prenait Reina à contre-pied. Un cadeau tombé du ciel à trente secondes de la pause pour la formation lombarde qui n’avait quasiment pas vu le jour de toute la mi-temps.
Avec un petit but à remonté, le challenge proposé à Liverpool paraissait cette fois plus abordable. D’autant que Milan reprenait son train de sénateur dès le retour des vestiaires. Mais l’apparente maîtrise des anglais allait encore tarder à se traduire en buts. Gerrard, qui avait initié le quart d’heure de folie d’Istanbul, n’avait pas la réussite des grands soir et manqua l’égalisation face à Dida suite à un contre-favorable sur
Alessandro Nesta (62e). La seule façon de franchir le défenseur italien hier soir.
Ce diable d’Inzaghi
Comme en première période, les Rossoneri ont donc fait payer aux Reds leur inefficacité. Et c’est encore ce diable d’Inzaghi qui fut leur bourreau, volontairement cette fois, sur une ouverture à la limite du hors-jeu de Kakà. "Super Pippo" crochetait Reina et plaçait le ballon sous le ventre du portier espagnol. Un grand classique.
Pour entretenir la légende, il fallait tout de même que les partenaires de Paolo Maldini se fasse une petite frayeur. Elle intervint sur un corner dévié par Agger et repris de la tête par Kuyt (89e). Un retour tardif et sans conséquences sur le triomphe du Milan qui offre au football italien, tout juste repus de son sacre mondial, une nouvelle coupe aux grandes oreilles. La septième du club lombard qui conclut là une saison riche en galère de la plus belle des manières. C’est la marque des grands.