le Mercredi 12 décembre
- Ibrox Park
(Coup d'envoi à 20h45)
L'Olympique Lyonnais n'a pas manqué son grand rendez-vous européen en allant s'imposer 3-0 sur la pelouse des Glasgow Rangers, se qualifiant ainsi pour la cinquième fois consécutive pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Alors qu'aucune équipe européenne n'avait réussi à s'imposer dans l'enfer d'Ibrox Park depuis trois ans, les Lyonnais ont su allier classe et courage pour sortir vainqueurs d'un magnifique combat grâce notamment au talent phénoménal de leur jeune prodige
Karim Benzema. Non content d'être à l'origine de l'ouverture du score de
Sidney Govou qui avait mis son équipe sur les bons rails (16'), le No 10 gone s'est chargé lui-même de doucher les derniers espoirs écossais avec un doublé en fin de match (85' et 88'). Humiliés sur le même score lors du match aller à Gerland par ces mêmes Rangers, les hommes d'Alain Perrin ont ainsi pris une éclatante revanche. L'OM éliminé mardi, l'OL sera donc le seul représentant français parmi les seize meilleures équipes d'Europe. On a hâte d'y être.
La victoire ou rien
L'équation était simplissime pour l'OL puisque seule une victoire pouvait leur offrir dans le Top 16 continental. Un objectif largement réalisable sur le papier même si les Rangers avaient donné d ufil à retordre à tous leurs adversaires dans la compétition, notamment au Barça incapable de s'imposer à Ibrox Park malgré sa pléiade de stars (0-0).
A entendre les décibels dégringoler des tribunes de l'antre des Rangers à l'entrée des joueurs, on comprenait mieux pourquoi. Mais Lyon avait clairement décidé de ne pas mourir à Glasgow. Décidé aussi de se venger de la déroute de l'aller (3-0), celle qui avait déclenché un déluge de sarcasmes et de critiques, justifiées ou pas.
Alors les hommes d'Alain Perrin prenaient le match à bras le corps. Attachés à prouver sur le rectangle vert qu'ils étaient meilleurs que leurs adversaires, Govou le premier, servi par un caviar de
Juninho, rappelait aux Ecossais que le match de Gerland ne reflétait en rien l'écart entre les deux équipes.
Malheureusement pour l'OL, l'ailier droit ne trouvait que le petit filet de McGregor (4'). L'action démontrait en tout cas que les Lyonnais étaient parfaitement rentrés dans le match, à l'image d'unRémi Vercoutre impérial sur ses premières interventions aériennes.
Déjà magnifique quelques instants auparavant, Juninho, pour son 50ème match continental, sollicitait ensuite le portier écossais d'un coup-franc maison, mais McGregor restait vigilant (10').
Govou montre la voie
Cela ne suffisait pourtant pas à faire taire les chœurs écossais. Alors le trio offensif magique lyonnais se mit à l'œuvre.
Ben Arfa trouvait magnifiquement en profondeur, dans la surface, Benzema. Ce dernier centrait instantanément aux six mètres, Mc Gregor touchait le ballon mais Govou jaillissait pour propulser le ballon au fond et le public dans l'effroi (1-0, 16').
« Qui ne saute pas n'est pas lyonnais » se mit à rugir le carré de supporters lyonnais tout en déployant le drapeau tricolore. Assommés, les hommes de Walter Smith réagissaient pourtant rapidement et Vercoutre s'employait pour repousser deux missiles de Whittaker et Papac (21').
Affichant une maîtrise technique supérieure et une organisation défensive redoutable, les Lyonnais se mettaient toutefois en danger plusieurs fois sur des relances mal assurées. Parfois bousculés, ils s'en remettaient à l'immense talent de leur avant-centre, mais Benzema manquait par deux fois le cadre (30' et 36').
A la fin du premier acte, la moitié du chemin était accomplie mais on se doutait que le plus difficile était à venir. On avait raison d'avoir peur car l'entame de seconde période fut terrible pour les Gones.
Glasgow ne lâche rien
Les Rangers, poussés par un public redevenu bouillant, se mit à pilonner la surface de Vercoutre de longs ballons aériens, mettant ainsi à contribution l'axe central Squillaci-Cleber Anderson, bien aidé par un
Toulalan énorme. Pic de chaleur de cette période de pression écossaise, Squillaci devait sauver sur sa ligne un centre de Hutton de la droite mal négocié par Vercoutre (50').
En grandes difficultés pour ressortir le ballon, l'OL pliait mais ne rompait, dans un simili de match aller à l'envers. Pourtant, sur une de ses rares incursions dans le camp adverse, Juninho passait tout près de doubler la mise, mais son coup-franc se fracassait sur la barre d'un McGregor aux fraises sur le coup (57').
Quelques instants plus tard, Thompson ratait le cadre lyonnais de peu (70'), puis Whittaker trouvait à nouveau Vercoutre sur sa route (73') alors que l'atmosphère frisait l'irrespirable. Vint alors le tournant du match.
Benzema, le libérateur
Lancé en contre, Benzema dribblait parfaitement le gardien mais butait sur un Naysmith revenu du diable vauvert au moment de porter le coup de grâce. Le ballon lui revenait dans les pieds mais McGregor sauvait son équipe. Sur la relance, le fameuxBarry Ferguson enrhumait Cleber Anderson dans la surface lyonnaise avant de centrer devant le but. Darcheville, rentré en jeu depuis peu, accourait à pleine vitesse mais frappait la barre sur sa reprise (80'). La chance des Rangers était passée.
Cinq minutes plus tard, et alors que Smith venait de jouer son va-tout en lançant un nouvel attaquant dans la bataille (Boyd), Benzema profitait d'une erreur de Cuellar pour ajuster Mc Gregor d'un pointu entre les jambes assurant ainsi définitivement la qualification des siens (2-0, 85'). En véritable apothéose, le même Benzema parachevait la victoire lyonnaise d'une sublime frappe des 25 mètres dans le petit filet écossais (3-0, 88').
3-0 comme à l'aller, mais dans l'autre sens, la boucle était bouclée. Et n'en déplaise à nos chers amis écossais, des deux formations, c'est bien la meilleure qui aura gagné sa place en huitièmes.