le Mardi 19 février
- Stadio Olimpico (en direct sur Canal Plus)
(Coup d'envoi à 20h45)
Menée rapidement sur un but malicieux de Raul (9e) et dominés dans la possession de balle, l’AS Roma a sauvé les meubles en s’imposant face au Real dans ce huitième de finale aller de Ligue des champions. Les partenaires de
Francesco Totti ont fait parler leur réalisme et leur sens tactique pour revenir au score par Pizarro (25e) et reprendre l’avantage grâce à Mancini après la pause (58e). Un court succès qu’il faudra défendre ardemment dans quinze jours au Bernabeu.
Bourreau de Lyon l'an passé, Mancini a cette fois fait mal au Real en inscrivant le but victorieux de la Roma - crédit : Panoramic
Mystère romain
La Roma a joué avec le feu devant son public du Stadio Olimpico. Parti sur les chapeaux de roue avec un pressing énorme, elle s’est même brûlée plus vite que prévu. Une percée d’
Arjen Robben sur la gauche, un centre en retrait pour Guti à l’entrée de la surface, une frappe déviée par ce renard de Raul au point de penalty qui prend Doni à contre pied (9e). Le Real n’en demandait pas tant pour lancer son 8e de finale et se pourléchait déjà les babines en songeant aux contres meurtriers qu’il allait infliger aux Giallorossi. Bref, ça sentait mauvais pour la bande à Totti.
Vaccinée par le 7-1 reçue l’an dernier à Manchester, la Louve s’est alors souvenue qu’elle avait éliminé Lyon l’an passé en bétonnant à l’aller avant de tuer les Gones à Gerland au retour. Elle ne s’est donc pas affolée, a laissé le ballon au Real (60% de possession pour les Merengue), reculé devant les offensives adverses et, patiemment, attendu son heure pour gratter un but. Puis deux. Hold up chanceux ou leçon de tactique ? Chacun jugera. Mais il y avait quelque chose de maîtrisé dans cette remontée romaine. Quelque chose d’italien.
Le Real manque le break
Les hommes de Luciano auront pourtant souffert, et souvent paru au bord du gouffre devant les coups de boutoir de Robben, dont la conduite et les permutations incessantes ont posé beaucoup de problème à Cassetti et Panucci. Sur un centre en retrait du Néerlandais, Raul fut d’ailleurs à deux doigts de faire le break (21e). Mais la réussite basculait du côté de la Roma sur une reprise de Pizarro déviée par
Fernando Gago qui trompait Casillas (1-1, 25e). Une action initiée par le premier décrochage de la partie de Totti, qui avait lancé Mancini sur la gauche.
Déconcertants avec leur jeu long et leur positionnement reculé en phase défensive, les partenaires de
Ludovic Giuly, plutôt à l’aise sur le côté droit, ont fini par faire déjouer le Real. Raul trouvait bien
Ruud van Nistelrooy dans l’intervalle pour une frappe sans contrôle (30e). RVN s’offrait lui un coup de sombrero sur
Philippe Mexès dans la surface (53e). Mais la possession de balle des madrilènes se stérilisait au fil des minutes, et la capacité d’élimination d’un Robinho faisait cruellement défaut aux Blancos face au bloc italien.
L’éclair de Totti
Ce Real si efficace dans la Liga a donc été pris à son propre piège. Tapis dans l’ombre, la Roma l’a cueilli à l’heure de jeu, sur un long ballon pour Totti, dos au but, dont le contrôle mettait dans le vent
Gabriel Heinze, par ailleurs impeccable. Le capitaine n’avait plus qu’à lancer Mancini, qui crochetait
Iker Casillas et marquait dans le but vide (2-1, 58e). Un avantage qui allait s’avérer définitif malgré une frappe de Robben relâché par Doni et sauvé par Juan (66e) et une reprise sur le poteau de van Nistelrooy (80e).
Sur un dernier contre de Mancini, la Roma aurait même pu corser l’addition. Mais les Giallorossi ne pouvaient pas non plus marquer sur chacune de leur occasion. Tout reste donc à jouer lors du match retour, que manquera Sergio Ramos, sanctionné d’un carton jaune pour un tacle sur Juan (68e). Battus dans une rencontre qu’ils pensait pourtant dominer, les Madrilènes auront d’ici là eu le temps de gamberger sur les spécificités du jeu romain.
AS Rome : Doni – Panucci (Tonetto, 67e), Juan (Ferrari, 76e), Mexès, Cassetti - De Rossi, Pizarro (Aquilani, 62e) – Giuly, Perrotta, Mancini - Totti
Real Madrid : Casillas - Sergio Ramos, Cannavaro, Heinze, Miguel Torres - Guti, Diarra (Drenthe, 79e), Gago, Robben (Baptista, 79e) - Raul, van Nistelrooy