le Mardi 04 mars
- Old Trafford
(Coup d'envoi à 20h45)
Handicapé par le nul concédé à Gerland à l’aller (1-1), Lyon n’a pas été en mesure de renverser la tendance à Old Trafford. Manchester était pourtant peu inspiré, et n’a fait la différence que sur un bref éclair de
Cristiano Ronaldo (1-0, 41e). Les Gones devront encore patienter pour réaliser l’exploit européen qui manque à leur tableau de chasse.
Toujours des regrets
L’OL tombeur d’une grosse écurie européenne en Ligue des champions, ce n’est pas encore pour cette fois. Stoppés par le Milan AC, en 2005 (1-1, 1-3), dans les dernières minutes du match retour, les sextuples champions de France pourront également nourrir des regrets de leur élimination face à Manchester United. Déjà remontés au score à l’aller sur un corner mal repoussé dont profitait
Carlos Tevez, les hommes d’Alain Perrin se sont à nouveau inclinés sur une action cafouillée et conclue par Cristiano Ronaldo, peu en vue mais décisif. De quoi ruminer sur ce maudit pallier que les Lyonnais n’arrivent pas à franchir en C1, peu importe l’entraîneur au commande.
Sur une deux entre
Karim Benzema et Kader Keita, entré en cours de jeu, Lyon fut pourtant à deux doigts de revenir dans le match. Mais le tir de l’Ivoirien heurtait le premier poteau de van der Sar (74e), comme la tête Fred à San Siro deux ans plus tôt. Dommage, car l’OL n’aura pas eu beaucoup d’occasions à se mettre sous la dent dans ce match bizarre, joué sur un faux rythme et dans un stade endormi. La faute à un jeu de passe pas toujours au top, notamment chez
Hatem Ben Arfa en première période, et des frappes lointaines et sans préparation que van der Sar voyait terminer en tribune.
Le mystère mancunien
Si on connaissait déjà les limites de l’OL 2007/2008, illustrées par l’alternatif
Fabio Grosso, encore coupable d’une belle erreur de placement sur le but de Ronaldo, le vrai mystère de cette rencontre nous vient donc de la prestation des
Red Devils et de leur morne public, surnommé la "brigade des sandwichs aux crevettes", d'après une citation de Roy Keane. Aligné en 4-3-3 comme à l’aller, avec Tevez sur le banc, les joueurs de Sir Alex Ferguson craignaient-ils à ce point Lyon et le duo Ben Arfa – Benzema pour se montrer aussi prudents ? Ou bien ont-ils géré à l’excès leur avantage, considérant que leur adversaire du jour ne valait pas la peine d’en faire plus ?
Une chose est sûre, le spectacle annoncé entre ces deux formations fournies en talents offensifs ne fut pas au rendez-vous du Théâtre des Rêves. Pas plus que le gros pressing attendu côté Man U. Tout sauf endiablés, les
Red Devils ont surtout fait parler leur discipline défensive, et pouvaient effectivement craindre Benzema, capables de résister à trois défenseurs pour faire remonter son équipe. Bien sûr, le but de la manœuvre était aussi de faire sortir les Lyonnais pour mieux les contrer. Mais ces derniers n’ayant pas plus envie de se livrer, le football champagne allait rester au frais.
Lyon trop frileux ?
L’OL était venu pour défendre, et l’a plutôt bien fait en restant de marbre devant les passements de jambe de Cristiano Ronaldo et Nani, ainsi qu’en étouffant Wayne Rooney avec une paire
Cris - Squillaci des grands soirs. Mais à trop vouloir préserver un avantage qui n’existait pas, la bande de
Juninho a oublié de mettre en danger son adversaire. Et le repli, certes précieux, de Ben Arfa et Govou sur les ailes a privé Benzema d’un appui nécessaire pour inquiéter l’arrière garde anglaise et offrir des coup francs intéressants à leur artilleur brésilien.
Au final, Lyon aura donc été loin de connaître l’enfer prédit depuis le tirage au sort de ses huitièmes de finale de Ligue des champions. Une maigre consolation face au constat qui se dessine un peu plus chaque année, celui d’une équipe souvent proche de franchir le cap qui lui tend les bras mais bute sur la dernière marche sans donner l’impression d’avoir tout tenté.
Man U : Van der Sar - W. Brown, Vidic, R. Ferdinand, Evra - C. Ronaldo (Hargreaves, 90e), Carrick, Fletcher, Anderson (Tevez, 70e), Nani - Rooney
Lyon : Coupet - Clerc, Squillaci, Cris, Grosso - Juninho, Toulalan, Källström (Fred, 79e) – Govou (Keita, 68e), Benzema, Ben Arfa