Cauchemar à Vienne. Pour sa première sortie des éliminatoires du
Mondial 2010, l'
équipe de France s'est lamentablement empalée sur la pourtant limitée sélection autrichienne en encaissant trois buts sur coups de pieds arrêtés. Empruntés offensivement et fébriles défensivement, les Bleus n'auront pas eu la moindre maîtrise sur un match au résultat déjà capital pour la qualification. Le pire dans tout ça ? La victoire de la Wunderteam (3-1) ne tient même pas du hold up.
Le chantier de la défense
Trois mois après sa piteuse sortie de l'Euro 2008, où elle avait terminé dernière de son groupe, l'équipe de France a une nouvelle fois étalé d'incroyables carences. Sans patron ni plan de jeu, les hommes de
Raymond Domenech ont buté sur une formation autrichienne 101e au classement FIFA. Techniquement faible mais bien en place et solide physiquement, la Wunderteam désormais coachée par Karel Bruckner, l'ancien sélectionneur de la République Tchèque, n'aura pas eu de mal à profiter des faiblesses tricolores pour s'imposer devant son public. Inquiétant avant d'affronter la Serbie, le 10 septembre au Stade de France, et de se rendre en Roumanie, en octobre.
Alors qu'on a beaucoup débattu sur le manque d'allant offensif des Bleus, qui encore pêché sur ce point en dehors du mouvement amenant le but de Govou, cette défaite nous rappelle que le gros problème de l'EdF se situe donc du côté de la défense. Talon d'Achille identifié de longue date, les coups de pieds arrêtés ont encore coûté cher aux Français face aux athlétiques autrichiens. Les deux premiers buts sont venus sur des coup francs excentrés. Le troisième sur un penalty concédé suite à un corner. Des erreurs de marquage rédhibitoires quand on connaît l'importance de ses phases de jeu dans le football moderne.
Le naufrage de Mexès
Coupable sur le 1-0 et le 3-1,
Philippe Mexès a illustré ce constat cruel : la légendaire solidité de l'arrière garde française héritée de l'ère Aimé Jacquet n'est plus qu'un lointain souvenir. Sélectionné épisodiquement depuis la nomination de Domenech, en 2004, le stoppeur de la Roma s'était sans doute mis trop de pression pour son premier grand rendez-vous en Bleu. Mais s'il est complètement passé au travers, Mexès n'est pas le seul fautif (Mandanda a lui aussi reconnu sa part de responsabilité). Et on peut notamment se demander comment une équipe qui aligne quatre défenseurs et deux milieux récupérateurs peut se faire balader par une sélection tellement nulle que ses supporters réclamaient il y a quelques mois qu'elle se retire de son propre Euro.
Si la tentation de charger Domenech après une telle débâcle est grande, on a surtout envie de mettre le doigt sur une réalité dure à avaler : l'équipe de France n'est plus ce qu'elle était. Comme nous le soulignons dans la présentation du match, le rajeunissement pourtant réclamée par le public n'est pas aussi enthousiasmant que certains pouvaient le penser. Surtout parce qu'il n'a pas été planifié. Derrière
Thierry Henry, le dernier rescapé de France 98, les joueurs les plus expérimentés se nomment
William Gallas,
Sidney Govou ou
Lassana Diarra. Sans vouloir les blâmer, ils sont loin des
Thuram,
Zidane et
Vieira. L'EdF manque de tauliers. Et un taulier, c'est comme le bon fromage. Ça s'affine avec le temps.
Domenech dans la tourmenteDu temps, malheureusement, l'équipe de France n'en a pas beaucoup. La Serbie, c'est mercredi. Et si la victoire des ex-Yougoslaves devant les Féroé (2-0) n'était guère brillante, les Bleus ont intérêt à se ressaisir sous peine de se retrouver dans une position plus qu'inconfortable. Le supposé objectif de 5 points en 3 matchs établi par le président de la FFF Jean-Pierre Escalettes paraissait peu ambitieux. Il prend aujourd'hui des airs de montagne, puisqu'il faudra enchaîner deux victoires pour l'atteindre. Même si la Roumanie a elle aussi sombrée, à domicile face à la Lituanie (0-3).
La question du remplacement de Domenech va revenir au cœur du débat. Mais la décision qui s'imposait en juin dernier n'est plus aussi simple à prendre maintenant que la campagne de qualification pour la Coupe du Monde 2010 est lancée. Le calendrier impose effectivement d'attendre le déplacement en Roumanie, le 11 octobre, pour faire les comptes. Il y aura alors une pause de 5 mois avant de se rendre en Lituanie, en mars 2009. Reste à savoir si d'ici là il ne sera pas déjà trop tard.
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