Victorieuse à la surprise générale en 2004, la Grèce se verrait bien accomplir un back-to-back inédit, histoire de prouver que son sacre portugais n'était pas un accident. Personne n'y croit, mais l'Europe du foot ferait bien de se méfier: les Hellènes n'ont jamais été aussi forts.
Le parcours en éliminatoires :
31 points sur 36 possibles: voilà le bilan de la Grèce en qualifications. Aucune équipe du Vieux continent n'a fait mieux. Pourtant, contrairement aux apparences, les Grecs n'avaient pas un groupe facile. Mais ni la Norvège et ni la Bosnie, relégués respectivement à 8 et 17 points, n'auront pu stopper la marche en avant des hommes d'
Otto Rehhagel. Même la Turquie, pourtant la seule équipe a l'avoir battue (4-1 en mars 2007), a fini à sept longueurs. Une qualification acquise haut la main donc pour des tenants du titre prêts à en découdre, comme en atteste leur victoire sur le Portugal en amical en mars dernier (2-1).
Le style de jeu :
Catenaccio, contre-attaque, condition physique de Golgoths, marquage individuel et sens du sacrifice: tel avait été la recette du succès grec en 2004. Quatre ans plus tard, les bases sont restées les mêmes: le même gardien (Nikopolidis, 37 ans!), un axe défensif solide avec la paire Dellas-Kyrgiakos et trois vieux briscards au milieu avec Basinas, Katsouranis et Karagounis. Le grand changement réside plutôt en attaque, ou contrairement à 2004, Charisteas n'est plus seul. D'ailleurs dans le 4-3-3 chéri de Rehhagel, il est plutôt relégué à droite, l'axe revenant à Theo Gekas, meilleur buteur de Bundesliga en 2007. Enfin, preuve que la Grèce est bien plus forte que jamais, son banc offre d'intéressantes solutions de rechange, que ce soit avec Samaras en attaque ou Giannakopoulos au milieu par exemple.
Le joueur clé :Il n'était pas là lors du sacre en 2004, mais à 28 ans, Theo Gekas a rattrapé le temps perdu. Le premier nom que couche Rehhagel sur la feuille de match. Après un titre de meilleur buteur en Grèce ne 2005, il a explosé en 2007, finissant top scoreur de la Bundesliga avec Bochum avant de rejoindre le Bayer Leverkusen. Doté d'un vrai instinct de tueur dans les seize mètres, c'est en grande partie sur sa capacité à convertir de rares occasions que repose les rêves de doublés des siens.
Le sélectionneur :
En Grèce, il est un héros national. Forcément. Alors qu'il vient de prolonger son bail jusqu'en 2010, l'ancien boss du Werder (1981-1995) rêve encore de faire la nique au plus grands cet été. Une habitude chez lui. Comme lorsqu'en 1998, il devint le premier entraîneur à gagner la Bundesliga avec un promu; Kaiserslautern en l'occurence. Ce sera différent cette fois-ci puisqu'il se sait attendu. Mais "Le Roi" y croit. Et sa recette est simple: de "
la discipline, une foi et un sens collectif qui vire au sens du sacrifice." On ne change pas une équipe qui gagne.
L'objectif :
Sortir du groupe. Telle doit être l'obsession d'Otto et ses hommes à l'heure d'aborder l'Euro. Accompagnés par l'Espagne, la Russie et la Suède dans le groupe D, trois nations à priori supérieures, les Grecs auront fort à faire. Pas impossible cependant vue leur brillante campagne de qualifications et la confiance qui les anime. Ensuite, ils le savent mieux que quiconque, tout est possible. Même un hallucinant doublé. "
Rehhagel a prouvé qu'il pouvait faire des miracles, Pourquoi ne devrions-nous pas croire qu'il peut refaire le coup de 2004 ? ", interroge Gekas. Ben oui, pourquoi?