Savant cocktail entre le CSKA Moscou 2005 et le Zenit St Petersburg 2008, tous deux vainqueurs de la Coupe de l'UEFA, drivé par le malin Guus Hiddink, la Russie pourrait bien être l'équipe surprise de l'Euro. Et croiser la route des Bleus en quarts de finale. Méfiance...
Le parcours en éliminatoires :
Si la Russie est aujourd'hui qualifiée, elle le doit à un authentique miracle. Après leur victoire face à l'Angleterre lors de l'avant-dernier match (2-1), les hommes d'Hiddink étaient idéalement placés dans un groupe E relevé (Russie, Croatie, Russie, Israël). Mais un vilain revers à Tel-Aviv lors de l'ultime rencontre (1-2) faillit remettre tout en cause. Heureusement pour Arshavin et Cie, la Croatie finit le travail en s'imposant à Wembley (3-2), éjectant l'Angleterre d'un Euro qui lui semblait promis. Les Russes terminèrent ainsi deuxième du Groupe E derrière la Croatie, un tout petit point devant Beckham et ses boys. Ouf!
Le style de jeu :
A l'image de son entraîneur, Hiddink, la formation russe est d'une fléxibilité exemplaire. 3-5-2, 4-4-2, 4-3-3, qu'importe, elle peut évoluer dans tous les systèmes. Reste une constante néanmmoins, les Russes jouent l'attaque. Depuis son arrivée, le coach batave a d'ailleurs ramené la sélection à ses anciennes bases. Oublié le béton et la contre-attaque, place à la possession de balle, à la technique et à la vivacité. La défense n'en a pas perdu sa solidité d'ailleurs. Articulé autour du trio moscovite Ignashevich-V. Berezutskiy-A. Berezutskiy, elle possède un excellent gardien, Akinfeev, jeune et très talentueux. Au milieu, le patron se nomme Zyryanov. Elu joueur de l'année en Russie, le capitaine du Zénit est la pierre angulaire du onze russe, à la manière d'un Makélélé. Ne pas oublier non plus le gaucher Zhirkov, capable d'évoluer à tous les postes sur le flanc, et redoutable attaquant. Devant enfin, la perle Arshavin est chargé d'animer l'attaque et d'approvisionner les attaquants, Pavlyuchenko et Sychev. Seule ombre au tableau: un manque de discipline qui peut coûter cher dans un tournoi.
Le joueur clé :Andreï Arshavin. Capitaine et meneur de jeu de l'équipe, il en est la quintessence. Ultra technique, d'une vivacité affolante (demandez donc à la défense de l'OM), il possède en plus une excellente vision du jeu. Etonnant d'ailleurs que ce génial joueur ne soit toujours pas parti à l'étranger. Car l'homme au visage de poupon a tout de même 27 ans. Expérimenté, il a gagné la coupe UEFA avec le Zénit cette année, il a tout de même eu la très mauvaise idée de se faire expulser lors du dernier match des qualifications face à Andorre. Résultat: deux matchs de suspension. Retour prévu face à la Suède le 18 juin.
Le sélectionneur :L'homme des miracles. La Corée du Sud 2002, le PSV 2005 ou l'Australie 2006, c'est lui. Ajoutez à cela une demi-finale de Coupe du Monde avec les Pays-Bas en 1998, et une Coupe des Champions en 1988, et vous aurez une (petite) idée du palmarès du bonhomme. Globe-trotter infatigable, Guus Hiddink a posé ses valises en Russie en 2006 avec pour mission d'emmener ses hommes à l'Euro. Payé grassement par un certain Roman Abramovitch, le Batavc se plaît à Moscou et envisage même de prolonger jusqu'au Mondial 2010. Il est incontestablement l'un des tous meilleurs techniciens du monde, et ce même si des soupçons de dopage ont souvent pesé sur ses équipes.
L'objectif :
Depuis la chute du mur, la Russie n'a jamais réussi à sortir des poules d'une grande compétition internationale. Cela doit donc forcément être son objectif numéro un. Surtout que le Groupe D (Espagne, Suède, Grèce) forme un ensemble assez homogène, et la Russie a plus que jamais sa chance. Deux inconnues cependant: quelle sera le poids de l'absence d'Arshavin et comment les Russes géreront la pression d'un premier match très difficile face à l'Espagne. De ce premier résultat dépendra sans doute la suite de la compétition. Attention tout de même aux conclusions hâtives, le Zénit a prouvé cette saison que tout était possible. Ce n'est pas le Bayern qui nous contredira.