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FAQ football

Cissé est-il un avatar ?




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  • J'ai appris la vérité sur Djibril Cissé la semaine dernière alors qu'il ouvrait une convention promotionnelle internationale pour la XBox. Cissé fait de la pub pour la console, dont il a avoué être un fervent pratiquant. On l'imagine assez bien avec Henry et probablement des tas d'autres s'éclater comme un fou autour de son écran, en jouant peut-être, et pourquoi pas à des simulations de football telle que la série des FIFA et FIFA Street. Si vous regardez le joueur de plus près, on se rend compte assez facilement que le jeu de Cissé est directement inspiré de la transposition du football réel par les créateurs de jeux vidéos, ce qui fait de lui le premier joueur à être devenu son propre avatar.

    Les journalistes et la France du foot avaient beaucoup glosé, il y a quelques années, sur le personnage de Nicolas Anelka, lequel était vivement moqué pour son mutisme et sa propension à passer des journées entières à bastonner sur son écran. Mais Anelka, à la différence de Cissé, a toujours gardé les pieds en dehors du virtuel au moment de passer son short. Son jeu, s'il comporte des caractères hautement perfectibles, n'est pas dénué d'une subtilité qui a longtemps manqué aux jeux vidéos et que seules les dernières livraisons ont permis de rendre. Anelka remise. Anelka est capable de sortir de sa zone de référence. Anelka surprend. Anelka s'insinue dans une texture et une densité de jeu auxquelles il est capable de s'adapter sur la durée d'un match. Cissé, en revanche, ressemble trait pour trait à un avatar vidéo ancienne génération. Ses caractères ont été définis par son créateur : il court plus vite que les autres, il saute plus loin, il a une puissance de tir qui, si l'on maintient le bouton A du joystick enfoncé, est phénoménale, mais est dénué de capacité d'adaptation et d'intelligence tactique. Cette manière de décrypter le jeu de Djibril Cissé ne doit pas prêter à confusion.

    L'avatar Cissé, comme tous les joueurs à potentiel, peut se révéler une arme absolue si le joueur (ici le sélectionneur Domenech) trouve la combinaison de touches magique, pensée par les créateurs et qui fera de Cissé un grand buteur. En attendant, et les joueurs de jeux vidéo le savent, tant qu'on a pas découvert le maniement d'un joueur virtuel, il fait chier, se traîne et ne sert pas à grand-chose dans le contexte équipe. A quoi sert une force de frappe extraordinaire si on n'arrive pas à la contrôler ? Lorsque Cissé tente un tir ces derniers mois, on se dit qu'on aurait dû relâcher la pression de l'index avant et réajuster l'angle du joystick. A chaque fois, le ballon part dans la nature, à plus de trente mètres de la cible. Pareil lorsqu'il court, depuis que les jeux vidéos ont intégré la règle du hors-jeu, sa vitesse de jambes plombe l'équipe plus qu'elle ne la sert. Sa barre ressources « intelligence tactique » est désespérément plate. Espérons que Domenech trouvera le manuel d'utilisation du joueur avant le 13 juin et que Cissé pourra enfin devenir dans la réalité d'une Coupe du Monde, soit le plus bel écran de jeux qui soit, ce splendide tigre-joueur tiré du bondissant anime Olive et Tom qu'il est le premier à in-carner.

    Benjamin Berton