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Glossaire football

La touche longue




  • Envoyer une patate, un missile, un pétron
  • Faire le mur
  • Faire le pressing
  • L'arme absolue
  • La Papinade
  • La touche longue
  • Le grand pont
  • Le petit pont
  • Tirer une chandelle
  • Un Tacle assassin
  • Le dernier spécimen de touche longue intéressante que j'ai pu retrouver date du Lille-Auxerre du 1er avril dernier. « Sur une touche longue de Lichsteiner, la balle est prolongée et Mirallas, d'une superbe reprise de volée décroisée, trouve le cadre. Que le cadre..., la balle est renvoyée par la transversale. » Ce n'est pas étonnant finalement que la scène se soit passée un 1er avril tant cette histoire de touche longue aura été longtemps une vaste fumisterie. Il y a, en effet, touche longue et touche longue. D'un côté, les commentateurs vont désigner par ce mot une rentrée en jeu tout à fait traditionnelle mais où la balle est expédiée un peu plus loin que d'habitude, soit à sept ou dix mètres, au lieu des trois ou quatre moyens. Et puis il y a la « touche longue de chez touche longue » où l'on déplace, parfois de l'autre bout du terrain, un joueur « spécialiste » pour faire une remise en jeu posant au centre - tir ou/et à la passe décisive. La touche longue élève ainsi un geste anodin et peut rentable au rang de ce qu'il ne sera jamais : une situation de jeu intéressante. De là à dire, que la touche longue est une touche qui pète plus haut que son cul, il n'y a qu'un pas qu'ont franchi depuis longtemps les amateurs lesquels après l'avoir pratiquée à outrance (en amateur, les touches longues, par nature mal réalisées, sont en plus d'être inefficaces souvent sanctionnées par l'arbitre) l'ont abandonnée à l'histoire du jeu.

    La touche longue de chez touche longue se réalise à la force cumulée des bras, exercés spécifiquement par des séances de medicine ball (gros ballons rouges lestés à 5 ou 10 kilos, utilisés pour rééduquer les blessés ou handicapés), et du dos (musculation habituelle pour lui, puisque le dos fait le footballeur). Le joueur se balance ainsi vers l'arrière, le ballon tenu à ras la tête, s'arc-boute puis se détend comme une fronde d'un coup sec et souvent agrémenté d'un flip-flap ondulatoire des cheveux pour secouer le cuir jusqu'au but. La touche longue peut, sur trente mètres, aller gagner la tête en déviation d'un attaquant benêt, pivot autoproclamé du mouvement, lequel, dos au but, effleure le ballon propulsé à la vitesse des bras et le prolonge ou l'expédie en direction du but ou d'un éventuel renard des surfaces. Le joueur qui a effectué la remise en touche, si le coup marche, peut ou se précipiter sur ses camarades, ou plus sûrement attendre sur le bord du terrain que ses amis viennent le rejoindre et le couvrent de compliments. Car, il y a quelques années, est mort-né un art des touches longues, trop vite placées à l'égal d'un centre ou d'un tir par quelques entraîneurs en mal d'imagination et la presse, qui visaient à en faire une arme absolue. Cela n'est pas allé jusque là mais on eût droit à quelques scènes croquignolettes d'un Lizarazu, essayant de propulser avec ses bras courts (mais puissants) le ballon à un Trézeguet, pas plus inutile que d'habitude, fiché à l'entrée des 6 mètres. La France a ainsi payé, pas très longtemps heureusement, son obole à cette mode des touches longues qui ressurgit, pour notre plus grand plaisir, de temps à autre, et souvent lors des Coupes du Monde. Lorsque les défenses prennent le pas sur les attaques, lorsque les espaces manquent, la touche est le dernier recours ringard et cheap qu'ont les faibles et les impuissants pour se payer des faux coups francs et des actions dangereuses.