le Lundi 19 juin à Stuttgart (Coup d'envoi à 21h00)
Présentation
Champions d’Afrique il y a deux ans, les Tunisiens, entraînés par notre Roger Lemerre national peuvent inquiéter des Espagnols souvent fébriles au cours des phases finales, d’autant qu’ils disposent de joueurs talentueux tels Santos ou Trabelsi.
Résumé du match
L’Espagne a étrillé l’Ukraine (4-0). L’Ukraine n’a fait qu’une bouchée de l’Arabie Saoudite (4-0). L’Arabie Saoudite et la Tunisie ont péniblement partagé les points au terme de l’une des plus pauvres rencontres de ce début de compétition (2-2). Par transitivité, les garçons de Roger Lemerre pouvaient donc craindre une bonne grosse raclée ce soir.
Mais cette forme de logique n’existe pas en football comme le prouve un début de match enlevé où les Aigles de Carthage déploient des ambitions inattendues qui les font planer dès la huitième minute. Jaziri élimine Puyol, s’arrache dans la surface de réparation et résiste au retour de nombreux maillots rouges. Il parvient à centrer pour Mnari, démarqué au point de penalty. En deux temps, celui-ci trompe Iker Cassillas, pourtant auteur d’une première parade superbe, mais impuissant sur la reprise, un brin chanceuse, qui lui passe au dessus…après un rebond !
La stupéfaction se lit sur les visages. Sur cette phase de jeu, la passivité de la défense est très suspecte et indigne d’un prétendant sérieux au titre suprême. Surpris et vexés, les ibères, pas fiers, dominent jusqu’à la mi-temps, sans réussir à concrétiser. Ils se heurtent surtout à une excellente formation tunisienne, bien positionnée, agressive sur le porteur du ballon et prête à jaillir comme un diable de sa boite si l’occasion se présente (Jaziri, 15e). Malgré ses nombreuses tentatives, l’Espagne confirme la difficulté d’enchaîner deux bons résultats et retourne, penaude, au vestiaire.
Au retour, Luis Aragones affiche la couleur. Deux changements majeurs sont effectués. L’expérimenté Gonzales Blanco Raul, que l’on devine vexé d’avoir été relégué sur le banc, prend la place de
Luis Garcia, et l’excellent gamin d’Arsenal,
Cesc Fabregas, remplace Senna. La domination des rouges reprend de plus belle. Le spectacle, plutôt agréable, nous aurait presque fait oublier notre ami Roger. Lemerre bien sûr. Le grand, l’inénarrable Roger. Il est en pleine forme. Il éructe, invective, frôle l’apoplexie. Ses grimaces font douter de sa santé mentale ceux qui ne le connaissent pas et prouvent aux autres qu’il est investi à 200 % dans sa tâche. Que se passe-t-il Roger ? Est-ce la possession de balle, très largement favorable aux Espagnols (65 %), qui t’inquiète ? La vingtaine de tirs (70e) dirigée vers
Ali Boumnijel qui te fait craindre le pire ? Ou l’entrée de l’ailier Joaquim (57e) qui déséquilibre ton système ?
Toujours est-il que les craintes du père Roger se concrétisent. Gonzales Blanco Raul bénéficie d’un bon travail de Joachim, qui adresse un petit centre aux 15 mètres. Un Espagnol le laisse passer entre ses jambes pour une frappe, peu appuyée mais bien placée, de
Cesc Fabregas. La manchette de
Ali Boumnijel revient sur Raul qui n’a plus qu’à pousser la balle dans le but. Vingt-cinq minutes après son entrée en jeu, il démontre son incroyable instinct de buteur !
Comme un barrage qui cède d’un seul coup sous les assauts répétés d’une vague trop puissante, les Tunisiens se noyent en quatre minutes Il laisse
Cesc Fabregas ouvrir pour
Fernando Torres qui mystifie le gardien d’un intelligent revers du pied droit. Les Espagnols ont recouvrés toute leur sérénité et réalisent, dans la foulée, une magnifique action (80e), à une touche de balle, qui n’est pas sans rappeler leur splendide but du match précédant. Roger Lemerre semble calmer.
Enfin, dans les arrêts de jeu, sur un centre de Gonzales Blanco Raul qui ne présentait pas de danger immédiat, Yahia commet une faute inutile sur
Fernando Torres. Ce dernier réalise le doublé en transformant lui-même le penalty (90e +1). L’Espagne se qualifie pour les huitièmes de finale.
Trois buts et six cartons jaunes reflètent la difficulté d’un match pourtant entamé par le bon bout par des Tunisiens volontaires. Leur organisation était bonne mais s’est lézardée sous la violence des assauts répétés. L’Espagne, dont les changements auront été fort judicieux, était simplement plus forte et, en tout logique, a fini par user une équipe limitée.
Quant à notre bon Roger, la bouche entrouverte, les traits figés, il n’exprime plus rien qu’une muette incompréhension. Impression de déjà-vue. A bientôt, Roger.
Le duel à suivre
Notes du match
Notes de la rédaction
Qualité technique : 12/20
Dramaturgie : 14/20
Fair play : 7/20
Spectacle : 13/20
Notes des internautes
Qualité technique : 13/20
Dramaturgie : 12/20
Fair play : 12/20
Spectacle : 14/20
A vous de noter
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