République Tchèque - Italie : 0 - 2 (Groupe E)

le Jeudi 22 juin à Hambourg (Coup d'envoi à 16h00)

Présentation

Attention choc. Les favoris du groupe E vont livrer une dure bataille sur la pelouse du FIFA WM-Stadion d’Hambourg. Ces deux équipes qui peuvent prétendre à un beau parcours chercheront sans doute à prendre un avantage psychologique en se payant le scalp d’un gros morceau. Pensionnaire de la Série A, Pavel Nedved ne devrait pas manquer de motivation pour faire plier ses camarades de la Juve Cannavaro, Zambrotta, Camoranesi et Del Piero.

Résumé du match

Le groupe de la mort (le C, avec l’Argentine...etc.) n’est pas celui que l’on attendait. Ce serait plutôt le E, où toutes les équipes peuvent encore prétendre se qualifier. Les Italiens sont les mieux placés car un nul leur suffit, les Etats-Unis les plus mal lotis (victoire impérative, mais pas forcément suffisante). Les enjeux et incertitudes sont donc nombreux sur la plus mauvaise pelouse de cette Coupe du Monde (Hambourg).

Dans le onze de départ, on note le retour de Gennaro Gattuso, auteur d’une bonne entrée contre les Etats-Unis. En face, la surprise provient de la titularisation de Milan Baros, annoncé sur le banc, mais bel et bien présent dès le coup d’envoi. Le premier quart d’heure est à l’avantage des Tchèques. C’est d’abord Pavel Nedved qui alerte Milan Baros d’un magnifique extérieur. Son contrôle, un peu trop long, laisse le temps à Gianluici Buffon de s’interposer (8e). Puis Pavel Nedved lui-même voit sa frappe des 25 mètres bien bloquée par le portier transalpin (12e).

Les Tchèques semblent prendre la mesure de l’Italie en ce début de match. Quelques relances ratées et des hésitations trahissent une certaine fébrilité italienne. Ainsi, Gianluca Zambrotta (14e), dans sa surface, hésite à dégager et offre, dans la foulée, l’opportunité aux Tchèques de jouer à la passe à 10 pendant plus de 70 secondes. En conclusion, une bonne frappe de Pavel Nedved, qui aurait peut-être mieux fait de lancer Milan Baros dans la profondeur, oblige Petr Cech à un difficile arrêt. La situation se complique avec la sortie de Alessandro Nesta, l’un des meilleurs défenseurs du monde, qui se plaint des adducteurs. Il est remplacé par Materazzi (17e).

C’est pourtant à partir de cet instant que la rencontre s’équilibre. Les joueurs de Lippi reprennent des couleurs et s’approchent du but adverse. D’abord par un très intelligent coup de tête de Gennaro Gattuso (24e), bien servi par Franseco Totti à l’entrée de la surface de réparation, qui tente de lober Petr Cech (1,97m)…Puis, une offrande de Andrea Pirlo, pour Alberto Gilardino, débouche sur un corner, tiré par Fransesco Totti. Et c’est le remplaçant, Materazzi, d’une tête au ras du poteau droit (1-0), qui concrétise cette courte bonne période ! Les joueurs de Lippi ont montré le bout du nez pendant moins de trois minutes et cela leur a suffit pour prendre l’avantage. Ce pur réalisme « à l’italienne » rappelle la victoire de 1982, qui avait, en toile de fond, le même parfum de scandale émanant du Calcio.

Polak, qui commet une faute grossière à 60 mètres de ses buts, écope d’un carton jaune, qui symbolise bien l’impuissance de son équipe depuis l’ouverture du score (35e). Juste avant la pause (45e), Polack, toujours aussi loin de son but, récidive en taclant Totti par derrière. Il récolte un second carton jaune synonyme d’expulsion logique…et un brin stupide. Voilà qui ne va pas simplifier la tâche des Tchèques.

L’Italie évolue donc avec un avantage numérique en cette seconde période. Elle n’avait pas su en profiter face aux Etats-Unis. Mais, pour ce match, vivant, elle a su hausser son niveau de jeu. Depuis l’ouverture du score, elle gère avec intelligence, attend les Tchèques entre ces 35 et 50 derniers mètres. Cette défense haute lui évite de concéder trop d’occasions et offre des situations de contre intéressantes, telle que cette frappe de Franceso Totti, des 20 mètres, qui oblige Petr Cech a une jolie parade (52e). Pavel Nedved répond du tac au tac en s’infiltrant au cœur de la défense bleue, mais sa frappe, en force, est renvoyée par un Gianluca Buffon bien placé. A la 55e minute, une belle combinaison italienne sur un coup franc de Fransesco Totti, remisé par Andrea Pirlo, se conclut par une frappe un poil trop enlevée de Fabio Cannavaro.

Milan Baros, à court de compétition, est remplacé par Jarolim. C’est un triste paradoxe de sortir son dernier véritable attaquant pour une équipe qui doit absolument marquer... Conséquence directe ou hasard, un faux rythme s’installe et fait le jeu des italiens, qui gèrent en pères tranquilles un avantage qui leur permet d’éviter le Brésil au prochain tour. Il faut attendre la 77e minute pour voir un nouvel attaquant (Heinz à la place du défenseur Kovac) s’aventurer sur la pelouse dégradée du Aol Arena. Mais les Tchèques ne se créent plus guère d’occasions et l’on sattend plutôt à l’estocade finale des Transalpins. Andrea Pirlo slalome et fait tomber tous les défenseurs après une succession de feintes de frappe. La balle, contrée, aboutit sur la tête de Filippo Inzaghi qui surprend tout le monde…en ratant le cadre. L’Italie vient de rater une énorme balle de break. Mais « Pipo » se rattrape, seul comme un grand, en partant des 50 mètres, à la limite du hors-jeu, grâce à un crochet simple et efficace qui mystifie un Petr Cech (87e) abandonné par sa défense (2-0).

Les Tchèques ont donc souffert de leur pénurie d’attaquants. Lokvenc suspendu, Jan Koller souffrant d’une élongation, le coup de poker consistant à titulariser Milan Baros n’a pas suffi. Pavel Nedved, l’un des meilleurs cet après-midi, quitte donc la sélection sur une nouvelle déception. Les talents tchèques restent donc sur leur faim. Après un premier quart d’heure délicat, les Italiens ont affiché une grande maîtrise. Solide dans toutes les lignes, ils n’ont finalement concédé que très peu d’occasions. Réalistes dans un premier temps, bons gestionnaires, capables de tuer le match sans se mettre en danger, dans un second temps, ils se positionnent parmi les très sérieux outsiders de la compétition.

Leur futur adversaire (Croatie, Australie ou Japon) semble largement à leur portée, alors que Brésil-Ghana (mardi 27 juin à 17h) sera un inédit et très séduisant huitième de finale.

Le duel à suivre

Pavel Nedved
Pavel Nedved
Gennaro Gattuso
Gennaro Gattuso

Notes du match

Notes de la rédaction
Qualité technique : 12/20
Dramaturgie : 9/20
Fair play : 12/20
Spectacle : 11/20
Notes des internautes
Qualité technique : 13/20
Dramaturgie : 12/20
Fair play : 13/20
Spectacle : 14/20
A vous de noter
Qualité technique : Dramaturgie :
Fair play : Spectacle :

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