Allemagne - Suède
: 2 - 0
(Huitièmes de finale)
le Samedi 24 juin à Munich (Coup d'envoi à 17h00)
Présentation
Les deux nations s’étaient déjà rencontrées lors de la Coupe du Monde 1974 également disputée outre-Rhin, les locaux l’avaient emporté par 4 buts à 2. Brillante au premier tour, avec 8 buts marqués en trois matchs, la Mannschaft part favorite dans cette confrontation face à des Suédois peu convaincants qui ont notamment concédé un piètre match nul (0-0) face aux petits Trinidadiens. Doit-on s’attendre au réveil viking opposé à l’un des favoris au sacre mondial ? En revenant deux fois au score face à l’Angleterre dans le dernier match du groupe B, la formation de Lars Lägerback semble avoir retrouvée le caractère et l’envie qui lui faisait défaut jusque-là. Tout est donc envisageable.
Résumé du match
L’opposition est prometteuse entre ces deux équipes joueuses. Depuis 2 ans, Jürgen Klinsmann a résolument opté pour un système offensif, qui exclut tout calcul, et nécessite enthousiasme et énergie de la part de ces jeunes pousses. Moins portée vers l’attaque, la Suède ne ferme pas le jeu pour autant. Elle s’appuie sur ses talents des avant-postes qui évoluent dans les plus grands clubs (Arsenal, Juventus, Barcelone…). On attend donc du spectacle à Munich, dans un stade qui voit
Michael Ballack, le héros local, disputé son dernier match à l’Allianz Arena. Peu avant le coup de sifflet ouvrant le bal des matchs à élimination directe, le visage de Klinsmann est éclairé d’un sourire simple, juste heureux d’avoir la chance de vivre un tel moment. La pression, pour lui, paraît positive. Le football ne serait-il qu’un jeu ?
Pas de surprise dans la composition des équipes. On note les retours attendus de
Zlatan Ibrahimovic, absent contre l’Angleterre, et de
Christoph Metzelder, lui aussi remis de blessure. Quatre minutes suffissent pour voir l’Allemagne ouvrir le score !! A l’origine, une longue ouverture pour une tête remisée de
Miroslav Klose vers
Lukas Podolski, qui remet à
Michael Ballack, qui donne instantanément à
Miroslav Klose, qui fait la différence sur son contrôle orienté mais bute sur
Andreas Isaksson… qui envoie le ballon vers
Lukas Podolski. Il marque malgré la déviation désespérée d’une tête jaune (4e). Ouf ! L’action a été vive. Les Allemands ont bénéficié des contres, et d’un peu de réussite, mais l’engagement et la volonté affichés sont justement récompensés (1-0).
Dans la foulée,
Lukas Podolski allume un nouveau pétard, des 25 mètres, qui manque de peu la cible. La défense Suédoise se fait bouger en ce début de rencontre.
Henrik Larsson amorce un début de réaction en récupérant un bon ballon dans la surface allemande mais le retour de
Michael Ballack l’empêche d’ajuster sa frappe (8e). La rencontre est lancée à 200 à l’heure. Le jeu direct et franc de l’Allemagne fait merveille comme sur cette nouvelle frappe de
Michael Ballack (10e).
Miroslav Klose est intenable et s’amuse dans la défense. Il entraîne trois défenseurs dans son sillage et peut servir
Lukas PodolskiAndreas Isaksson (2-0). On ne joue que la 14e minute ! Les Suédois sont lents, ne jaillissent pas dans les pieds germaniques et font preuve d’une grande naïveté. Un arrêt d’
Andreas Isaksson, sur une nouvelle tentative de
Michael Ballack (17e), retarde une raclée annoncée. Au tour de
Bernd Schneider de frapper à droite des buts alors que les Allemands se présentaient en supériorité numérique.
Les déferlantes blanches frappent sans relâche. Les jaunes sont dans un bateau, une galère plutôt, et ils coulent. Ils écopent sans relâche les nombreuses infiltrations qui menacent à tous moments de les faire sombrer. Les Allemands, eux, sont entrés à fond dans leur match. Ils mordent dans le ballon et remportent la plupart de leurs duels. Les Suédois sont-ils impressionnés ? Si c’est le cas, c’est un peu dommage, car leurs rares incursions, pas forcément bien menées, montrent que la défense n’est pas le point fort du pays hôte. A la demi-heure de jeu, il est difficile de dénombrer toutes les actions allemandes. La plupart du temps, ce sont des tirs à l’entrée de la surface de réparation qui créent le danger (31e, 32e), mais le collectif est aussi à la fête sur ce débordement de
Philipp Lahm, qui centre en retrait, pour
Miroslav Klose, dont le tir est détourné du bout des doigts (30e) par le gardien suédois.
D’abord difficile, la mission devient franchement impossible quand Lucic récolte son second carton jaune (35e). Cela met fin à son calvaire face à
Miroslav Klose, qui s’impose comme l’un des grands hommes de la compétition. Tous les voyants sont au vert et Klinsmann, dans ses rêves les plus fous, n’a jamais dû oser imaginer un tel scénario. L’expulsion nécessite un réajustement tactique :
Kim Källström sort au profit de Hansson. Peu en vue, le futur lyonnais n’a jamais vraiment commencé son match. Une petite poussée suédoise nous rappelle qu’il ne s’agit pas seulement d’un attaque-défense. D’abord par un contrôle, dos au but, de
Zlatan Ibrahimovic, qui se retourne et frappe en pivot. Vite suivie d’une tête dangereuse de l’entrant Hansson. Face à l’Angleterre, les Suédois avaient excellé dans l’art de créer le danger à partir de coups de pieds arrêtés. Leur salut viendra-t-il de là ? A moins qu’ils ne pensent déjà plus qu’à éviter une correction ?
Une mésentente entre
Philipp Lahm et
Jens Lehmann rappelle la fragilité des bases arrière. Mais les allemands repartent de plus belle, avec une nouvelle frappe puissante (44e). Il y a déjà eu près de vingt tirs au but, souvent dangereux. C’est un festival. A l’issue de ce premier acte, le football est bien un jeu. Un beau jeu. Même si celui-ci est à sens unique.
Les Scandinaves ont pourtant une chance de revenir dans le match quand l’arbitre accorde un penalty généreux (51e).
Henrik Larsson a bien joué le coup car la faute n’est pas évidente...mais
Jens Lehmann n’a pas besoin de bouger car celui-ci allume les nuages d’une balle perdue qui passe loin du cadre. Mauvaise journée pour les Suédois qui pouvaient faire douter les Allemands. Ces derniers gèrent leur avantage et montrent moins d’allant dans leur volonté offensive. Quoique !
Michael Ballack, omniprésent, frappe des 25 mètres et
Andreas Isaksson, au prix d’une belle détente, détourne sur le poteau (55e) !!
Les Allemands tirent toujours autant mais sont moins dangereux. Moins cadrés, leurs frappes sont souvent trop enlevées. La fatigue se fait peut-être sentir après plus d’une heure de jeu sous 30° C. Parmi les gros artilleurs
Michael Ballack est le plus assidu. Même si la seconde période est beaucoup moins intense, les occasions sont nombreuses, et surtout, les Allemands se mettent en position de tir avec une facilité déconcertante. Le poteau renvoie encore (84e) une énième tentative provenant d’un joli mouvement collectif.
Les Allemands ont donc dévoré, tout cru, des Suédois hors sujet. Asphyxiés, ceux-ci n’ont jamais pu évolué au niveau de leur précédente rencontre face aux Anglais. Le spectacle était bien au rendez-vous mais le manque de répondant scandinave est une grosse déception. On attend donc de voir l’Allemagne face à une équipe plus conséquente qui pourra la pousser dans ses derniers retranchements. Notamment pour évaluer une défense qui n’est pas aussi rassurante que l’efficace duo
Lukas Podolski Miroslav Klose sur le front de l’attaque. A ce titre, une confrontation face à l’Argentine serait particulièrement excitante.
Le duel à suivre
Notes du match
Notes de la rédaction
Qualité technique : 12/20
Dramaturgie : 7/20
Fair play : 13/20
Spectacle : 15/20
Notes des internautes
Qualité technique : 12/20
Dramaturgie : 12/20
Fair play : 13/20
Spectacle : 16/20
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