Suisse - Ukraine : 0 - 0 (Huitièmes de finale)

le Lundi 26 juin à Cologne (Coup d'envoi à 21h00)

Présentation

La Suisse, surprenant premier du Groupe G rencontre l’Ukraine, qui atteint les huitièmes de finale pour sa première participation à la Coupe du Monde. Une belle performance qui pourrait donner des ailes aux coéquipiers d’Andryi Shevchenko face aux solides Helvètes. Sans être une grosse affiche, ce match s’annonce intéressant entre deux équipes qui n’ont presque rien à perdre et donc tout à gagner.

Résumé du match

Voici la rencontre la moins attractive de ce début de phase finale…en théorie. En fait, on ignore tout du potentiel de l’Ukraine, qui a réalisée un bien étrange premier tour. Dépassée, brillante ou apathique, on est curieux de voir ce que les hommes du Général Blokhine nous réservent ce soir. La Suisse, elle, s’avance avec ses certitudes défensives. Unique équipe à ne pas avoir encaissé de but, elle n’a pas forcément convaincu malgré sa première place du groupe G.

Le match débute sur un rythme de sénateur. Les Suisses, fidèles à leurs habitudes, construisent calmement. Trop pour prendre à revers le bloc de l’Est. Il faut attendre la 12e minute pour voir une première frappe dangereuse de Wicky qui oblige Aleksandr Shovkovskiy à une très belle horizontale. C’est un début de match étrange où personne n’ose se dévoiler. Les Suisses exercent une légère domination territoriale, sans grand danger, alors que les Ukrainiens attendent l’ouverture sans se découvrir d’un fil.

Chacun récite ses gammes avec une application de bon élève qui connaît sa partition mais n’ose pas la moindre improvisation. Il n’y guère de soliste, ce soir, sur la pelouse de Cologne. Seul Andriy Shevchenko mérite ce titre, mais il tarde à imposer son tempo. C’est pourtant lui qui est tout proche de conclure la première incursion ukrainienne. Sur un coup franc excentré, il smashe le ballon, d’une superbe tête plongeante, sur la barre transversale (20e). Sur cette action, Djourou semble faire faute mais l’arbitre siffle dans l’autre sens. Déjà contraint à une intervention limite sur Andriy Voronin, l’inexpérimenté joueur d’origine ivoirienne connaît des débuts délicats. Trois minutes plus tard, un coup franc, aux 20 mètres, permet à Alexander Frei de toucher du bois à sont tour (23e).

On espère alors que la rencontre va prendre une autre dimension. Pendant quelques minutes, les offensives sont plus appuyées et volontaires. A ce jeu, c’est l’Ukraine qui paraît la mieux armée. En quelques passes rapides, ils sont capables d’atteindre la surface helvète et de s’y montrer dangereux. D’abord sur un centre de Gusev 25e qui oblige Zuberbühler à plonger dans les pieds de Andriy Shevchenko, puis sur des tirs de Andriy Voronin (27e) et Shelayev (28e).

Hélas, l’embellie espérée ne dure guère et le spectacle n’est pas au rendez-vous. La qualité technique n’est pas renversante. Les spectateurs restent sur leur faim devant ce jeu hermétique pas folichon. Le jeune Djourou, peu à son aise devant la vivacité adverse, est déjà remplacé par l’auxerrois Gritchting (32e). C’est un peu dur pour le jeune homme mais peut-être plus sûr si les Helvètes veulent garder leur but inviolé, ou finir à onze.

Dès le retour des vestiaires, une belle tête décroisée de Andriy Voronin (46e) passe à droite du portier Suisse. Puis Andriy Shevchenko réussit à se mettre en position de tir et envoie un missile à ras du poteau suisse qui a plus tremblé que Zuberbuhler n’a bougé (67e). Il y a maintenant un peu plus de vitesse et d’allant mais presque aucune occasion franche. Quelques situations s’ébauchent, laissent espérées… mais sont invariablement anéanties avant le petit frisson qui pourrait nous réveiller. Les Helvètes respectent leur plan de jeu. A la lettre. Ils récitent en élèves appliqués mais peu audacieux. Mais l’Ukraine, si elle a bénéficié des plus nettes opportunités, n’est guère brillante.

Sur son coté droit, Magnin essaye de détourner l’attention en haranguant la foule « à la Waddle » (OM- Milan AC, en 1991) mais ça ne suffit pas à masquer la pauvreté du spectacle. Zuberbhüler ne rate pas assez ses sorties aériennes pour décanter la situation. Ce que tout le monde craignait survient alors : un rabais de 30 minutes !

Si ce n’est un surcroît de tension à l’approche du verdict, la physionomie reste globalement la même durant ces prolongations. Peut-être, quelques entraîneurs diplômés éprouvent-ils un certain plaisir à observer des schémas tactiques respectés, des plans de jeu appliqués ou des joueurs obéissants. Du football d’école peut-être, mais hélas, bien loin du plaisir des cours d’école. On lève un sourcil malgré tout sur ce fauchage dont est victime Streller au moment d’armer sa frappe. M. Archundia ne bronche pas. Le penalty semblait mérité mais, dans ce domaine, les Suisses ont dû épuiser toute leur chance au premier tour.

Ces derniers auront mieux maîtrisé cette prolongation, comme l’ensemble de la rencontre. Mais leur main mise n’a pas suffi pour trouver la faille. Limitée dans leur qualité technique à l’approche des derniers mètres, ils n’ont pas su se créer d’occasions nettes. Par contre, les flèches d’Ukraine, qu’on a senti prêtes à jaillir, seront finalement restées dans leur carquois et n’auront jamais inquiété le coffre fort suisse.

On a donc recours aux tirs au but pour choisir le moins mauvais. Et là, les Suisses craquent, s’écroulent, se désagrègent. Ils connaissaient tout par cœur jusque là mais ont dû faire l’impasse sur cette dernière épreuve. Zéro pointé ! Aucun ne parvient à tromper Aleksandr Shovkovsky. Recalés, donc. Ainsi, l’échec initial de Andriy Shevchenko est resté sans conséquence. Et il faut saluer l’audace du jeune Milevsky, qui a fêté sa première sélection en transformant sa tentative… grâce à une audacieuse « Panenka ». Seul éclair d’une triste soirée.

Le duel à suivre

Alexander Frei
Alexander Frei
Andriy Shevchenko
Andriy Shevchenko

Notes du match

Notes de la rédaction
Qualité technique : 9/20
Dramaturgie : 11/20
Fair play : 12/20
Spectacle : 6/20
Notes des internautes
Qualité technique : 11/20
Dramaturgie : 8/20
Fair play : 12/20
Spectacle : 9/20
A vous de noter
Qualité technique : Dramaturgie :
Fair play : Spectacle :

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