France - Espagne : 3 - 1 (Huitièmes de finale)

le Mardi 27 juin à Hanovre (Coup d'envoi à 21h00)

Présentation



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Voilà un choc européen qui doit rappeler de beaux souvenirs aux Bleus. De l’Euro 84, qui vit la génération Platini ouvrir le palmarès international de l’équipe France, à celui disputé en 2000 aux Pays-Bas, où Zidane & co écartèrent les Ibères en quart, l’Espagne a souvent réussi aux Tricolores. Pourtant, le bilan des confrontations donne un léger avantage à la Seleccion qui reste sur une victoire face aux Tricolores, le 28 mars 2001. A l’époque, l’entraîneur se nommait Roger Lemerre et la France faisait peur… Ce huitième de finale est cependant inédit, les deux équipes ne s’étant jamais rencontrées en phase finale de Coupe du monde.

La France en outsider
Cette fois l’étiquette de favori incombera aux Espagnols, auteurs d’un premier tour parfait. Après avoir passé quatre buts à l’Ukraine, puis trois aux Tunisiens, le sélectionneur Luis Aragones a largement fait tourner son effectif lors du troisième match, tout de même remporté 1-0 contre l’Arabie Saoudite, ce qui pourrait donner un avantage aux Espagnols sur le plan physique. D’autant qu’ils affichent une moyenne d’âge bien inférieure (24 ans contre 30 pour les Bleus).

Jeunes et ambitieux
Abonnée aux déceptions, la Furia Roja peut cette fois compter sur une des plus belles générations de footballeurs de son histoire. Avec Reyes, Fernando Torres ou David Villa en attaque, Xavi, Cesc Fabregas ou Xabi Alonso au milieu, le talent ne manque pas dans cette équipe techniquement au dessus de la moyenne. Seul la défense paraît un peu moins sûre, mais avec Iker Casillas, elle dispose d’un redoutable dernier rempart.

Des faux airs de Barça
Tactiquement, les Bleus savent à quoi ils auront à faire, un 4-4-3 très inspiré du système mis en place à Barcelone par Frank Rijkaard, Ronaldinho en moins. Les Espagnols tenteront d’étouffer les Français avec leur jeu de passe bien huilé et la vitesse de leurs attaquants. Il faudra savoir profiter de la suffisance qui en découle parfois. Zidane et Makelele, qui connaissent le football ibère sur le bout des doigts, auront sans doute quelques tuyaux.
A noter que cette rencontre marque aussi les retrouvailles entre Thierry Henry et le technicien espagnol Luis Aragones, qui s’était tristement illustré en octobre 2005 en traitant le Français de "noir de merde !". Des propos censés motiver Reyes à l’entraînement avant un match contre la Belgique lors des éliminatoires du Mondial…

Résumé du match

On les annonçait vieux, fatigués, démotivés, trop payés, mais mardi face à l’Espagne, les Bleus ont renoué avec leur glorieux passé en sortant une équipe impressionnante durant la phase de poule et qui se voyait bien aller au bout. A grand renfort de déclarations dans la presse, les Ibères assuraient qu’ils allaient mettre Zinedine Zidane à la retraite, que la France était en fin de cycle et que leur groupe était le meilleur que le pays ait jamais connu. C’était sans compter l’orgueil des champions français. La génération 98 a montré que si sa fin était proche, elle avait encore de beaux restes et les moyens de contrarier une équipe joueuse et technique. De bon augure avant d’aller affronter le Brésil en quart de finale, samedi à 21h.


Entre ces deux équipes qui se sont finalement présentés dans le schéma attendu, la partie fut tendue et la guerre tactique pris souvent le pas sur le jeu. L’Espagne n’a pas présenté le même visage qu’au cours des matchs de poule. Le système mis en place par Raymond Domenech bloquait la circulation de balle de la Furia Roja mais les Français avaient du mal à rentrer dans la partie. Le round d’observation se poursuivait jusqu’à un corner espagnol où Lilian Thuram commet un penalty qui aurait pu être évité. David Villa se charge de le transformer malgré le départ du bon côté de Fabien Barthez.
Coup dur pour la France ? Loin de là. Avec le recul, ce but encaissé a agit comme un électrochoc sur des Bleus jusque-là bien en place mais trop attentistes. Avec un Zidane athlétique qui distribuait le jeu et ne perdait quasiment pas un ballon, l’équipe de France appuyait enfin ses assauts. Ce qui allait payer aux alentours de la 40e. Patrick Vieira, monté d’un cran, se retrouvait en bonne position pour lancer Franck Ribéry dans l’axe. Le jeune international se présentait face à Iker Casillas qu’il effaçait d’une accélération avant d’envoyer le ballon dans les buts malgré le retour de deux défenseurs.

En seconde période, les Tricolores continuent à contenir les Espagnols. Fernando Torres tentait d’amener le danger mais, comme lors de la première mi-temps, Willy Sagnol multiplie les interventions décisives. Zidane offre une occasion de but à Florent Malouda sur une balle piquée mais le Lyonnais manque son lob et Casillas détourne en corner. Le sélectionneur espagnol Luis Aragones modifie alors ses plans en sortant Villa et Raul au profit de Joaquin et Luis Garcia, chargés de prendre les côtés. La France souffre pendant quelques minutes et on se demande ce qu’attend Raymond Domenech pour effectuer son premier changement alors qu’Aragones abat sa dernière carte en remplaçant Xavi par Senna.
Domenech sort finalement Malouda, auteur d’une prestation moyenne, et fait rentrer Sidney Govou, qui gâche sa première occasion sur un service de Ribéry. Mais à dix minutes de la fin, Thierry Henry se bat pour récupérer un ballon en duel avec Carles Puyol et provoque la faute du défenseur barcelonais. Zidane se charge de jouer le coup franc, décalé sur le côté droit. Son centre, dévié, profite à Patrick Vieira, encore lui, dont le coup de tête franchit la ligne malgré la cuisse de Sergio Ramos.

L’Espagne tente de pousser dans les dernières minutes mais Zizou dégage de la tête sur un corner Ibère. Le meneur de jeu français ne baisse pas physiquement, au contraire, il est présent sur une ultime action française pour placer la dernière banderille. Parti sur le côté gauche, il rentre dans la surface, crochète son défenseur vers l’intérieur et place une frappe croisée imparable. 3-1, le match est plié. Zidane et l’équipe de France ont fait taire les critiques le temps d’un match.
Le Brésil se présente désormais face à eux pour un quart de finale aux allures de France 98 qui va sûrement donner des ailes aux Tricolores. Face à l’épouvantail de ce Mondial, le pays aux cinq victoires en Coupe du monde, les Bleus n’ont rien à perdre. Quelque soit l’issue de la rencontre, qui se joue samedi à 21h, l’équipe de France sortira du Mondial la tête haute (qui leur reprochera de tomber face aux artistes brésiliens). Zidane n’est pas encore à la retraite. Putain, c’est bon.

Le duel à suivre

Thierry Henry
Thierry Henry
Fernando Torres
Fernando Torres

Notes du match

Notes de la rédaction
Qualité technique : 13/20
Dramaturgie : 14/20
Fair play : 12/20
Spectacle : 13/20
Notes des internautes
Qualité technique : 14/20
Dramaturgie : 12/20
Fair play : 13/20
Spectacle : 14/20
A vous de noter
Qualité technique : Dramaturgie :
Fair play : Spectacle :

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