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le Vendredi 30 juin à Berlin (Coup d'envoi à 17h00)
Présentation
Le gros choc de ces quarts de finale entre deux sélections très en forme. La
Mannschaft à domicile saura-t-elle tirer bénéfice de l’appui de ses nombreux supporters pour battre une équipe Argentine très impressionnante sur le papier et ses nombreux joueurs offensifs de grand talent (
Juan Roman Riquelme,
Lionel Messi,
Hernan Crespo,
Carlos Tevez) ? Avec Michael Ballack et le buteur Miroslav Klose elle ne manque en tout cas pas d'arguments.
La dernière opposition entre les deux nations remonte à la Coupe du Monde 90, les Allemands avaient gagné sur le plus petit des scores : 1-0.
Résumé du match
Avec France-Brésil, ce quart de finale est, de loin, le plus prometteur. Chaque équipe a inscrit dix buts depuis le début de la compétition grâce à des qualités très différentes. D’un coté, la Mannschaft percute avec enthousiasme tout ce qui se présente sur sa route. A la tête du bulldozer, on trouve son duo d’attaque :
Lukas Podolski et
Miroslav Klose. De l’autre, la technique argentine, avec ses passes courtes, redoublées et précises qui cherchent à aller de l’avant, donne l’impression de pouvoir inventer en permanence des merveilles inconnues.
Le début de match est tendu. Les Argentins se méfient probablement des départs en fanfare allemands et ces derniers n’hésitent pas à s’affirmer gaiement dans les duels ! Ainsi, quatre fautes en trois minutes, dont une sanctionnée d’un carton jaune pour
Lukas Podolski, donnent une idée de la nervosité des 22 acteurs. Cette libération d’énergie négative était peut-être nécessaire pour évacuer un certain stress mais, heureusement, elle ne se confirme pas au-delà du premier quart d’heure. Si le jeu n’est plus heurté, il reste fermé. On hésite à se lâcher. C’est la première fois que les Allemands ne rentrent pas à 200 à l’heure dans leur match, probablement à cause de la valeur supposée de l’adversaire du jour.
Il faut attendre la 15e minute pour voir une belle balle piquée, au milieu de la surface, trouvée
Michael Ballack, lancé, dont la tête frôle la lucarne de Abbondanzieri. C’est la meilleure et unique occasion de la première période.
Carlos Tevez peut bien faire étalage de sa classe, il ne crée pas le danger. Après un round d’observation d’une vingtaine de minutes, les Argentins maîtrisent la balle et font valoir leur supériorité technique. Ils la récupèrent assez rapidement, sans que les Allemands aient le temps de se montrer dangereux. Au fur et à mesure que l’on progresse dans cette première période, cette tendance se confirme. Et le même schéma se répéte : l’Allemagne perd la balle beaucoup trop vite en jouant de longs ballons qui finissent immanquablement dans le maillage défensif adverse. Et leur milieu de terrain, qui évolue trop bas, est dominé dans le secteur de la récupération.
La seconde période commence sous de meilleurs auspices grâce à une belle tête de
Roberto Ayala (48e) qui ouvre le score (1-0) en reprenant un corner de
Juan Roman Riquelme. Bien que déséquilibré dans les airs, il parvient à placer la balle entre
Jens Lehmann, immobile, et
Philipp Lahm, placé au 1er poteau.
C’est la première fois que les Allemands sont menés dans cette Coupe du Monde ! Voilà qui peut débrider la partie et offre une configuration aussi nouvelle qu’intéressante. Un peu sonné, le public du stade Olympique se met à donner de la voix. Il doit maintenant jouer son rôle de 12e homme. Le match semble lancé vers l’heure de jeu. L’Allemagne pousse et l’Argentine se retrouve en situation de contre. Sans parvenir à enfoncer le clou. Klinsmann décide alors de dynamiser son couloir droit en replaçant
Bernd Schneider par Odonkor. Celui-ci s’était distingué en réalisant une très bonne entrée contre la Pologne, offrant le centre victorieux synonyme de qualification, à
Oliver Neuville.
Puis survient un incident un peu étrange. Sur un corner,
Michael Ballack écrase sa demi-volée, contrée par la poitrine d’un défenseur. On croit d’abord qu’Abbondanzieri a raté sa sortie mais le gardien s’est fait secoué par un Allemand (coup de genou dans la hanche) et il tarde à se relever. Les 74 000 spectateurs pensent qu’il cherche à gagner du temps…Erreur ! A la 69e minute, Leonardo Franco, à froid, doit le remplacer sur un coup franc situé à 40 mètres. Mais Bastian Shweinstegger, peu lucide, rate totalement sa frappe au lieu de centrer pour profiter de son manque d’échauffement.
Le match est beaucoup plus vivant sans atteindre les sommets espérés. Maxi Rodriguez, sur une passe en retrait raté de
Philipp Lahm (72e), voit sa frappe toucher le petit filet. Les Allemands ont eu chaud. Pekermann choisit résolument de défendre son maigre avantage en sortant
Hernan Crespo (79e) et Juan Ramon Riquelme (72e) au profit de joueurs plus défensifs, Cambiasso et Cruz. Les Argentins tentent de gagner du temps et exagèrent d’éventuelles fautes subies. Mais les Allemands n’ont rien à apprendre dans ce domaine comme le prouve ce coup-franc bien placé obtenu par Odonkor (75e)… après une fort belle simulation.
L’égalisation survient, presque par surprise, par la tête de
Miroslav Klose (80e), consécutive à une déviation de Tim Borowski, sur un centre de
Michael Ballack. Même si son nom n’apparaît pas dans les acteurs de ce but, la rentrée hyperactive de Odonkor n’est pas étrangère à la nette amélioration de la force de percussion germanique.
Les changements de Pekermann retournent contre lui. Voulant défendre son maigre avantage, il a sacrifié son potentiel offensif et, surtout, s’est privé de la possibilité de faire rentrer
Lionel Messi ou
Javier Saviola.
La fin du temps réglementaire montre que les Argentins en avaient gardés sous la semelle. Ils ont choisis de défendre, l’ont payé, et repartent maintenant à l’assaut. Mais dans une configuration tactique très différente et pas forcément idéale.
Les prolongations sont à l’image du match : décevantes, peu riches en occasions de but …ou de s’émerveiller.
Michael Ballack et
Roberto Ayala se caressent dans la surface comme un vieux couple. Les deux semblent aussi coupables l’un que l’autre (99e). Un tir de Gonzalez (104e), trop enlevé, est la seule, petite, occasion notable. La deuxième mi-temps de la prolongation voit une frappe de
Carlos Tevez (105e) captée sans problème par
Jens Lehmann. Puis Coloccini frappe deux fois au but (113e et 115e). Lehmann, bien placé, juge bien les trajectoires et laisse même la seconde… rebondir sur la transversale afin de ne pas concéder de corner. Tranquille, Jens !
Ce sont donc les tirs au but qui décident du vainqueur de ce duel décevant. L’occasion de faire de belles images. Ainsi, peut-on voir
Oliver Kahn encourager et soutenir son meilleur ennemi et concurrent. Est-ce le fluide du plus vieux des vieux gardiens allemands ? En tout cas,
Jens Lehmann profite de l’occasion pour devenir un héros national en stoppant trois tirs, pourtant pas si mal tirés. Les joueurs Allemands, eux, dans la plus pure tradition de légèreté qui les caractérise, trouent les filets du malheureux gardien remplaçant qui n’aura donc guère touché le ballon (4 tirs au but à 2). L’Allemagne, sérieuse mais limitée, accède donc à une demi-finale contre le vainqueur de Italie-Ukraine. L’Argentine peut s’en vouloir, son manque d’audace lui a été fatale alors qu’elle avait largement les moyens de porter l’estocade finale. Dommage.
Le duel à suivre
Notes du match
Notes de la rédaction
Qualité technique : 11/20
Dramaturgie : 12/20
Fair play : 9/20
Spectacle : 10/20
Notes des internautes
Qualité technique : 12/20
Dramaturgie : 10/20
Fair play : 9/20
Spectacle : 11/20
A vous de noter
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